Les dites Cariatides – d’Agnès Varda – 1984
« Le nu, dans la rue, est plus souvent en bronze qu’en peau humaine, plus souvent en pierre qu’en chair… » C’est la voix d’Agnès Varda qui ouvre ainsi ce petit film, alors qu’un jeune homme totalement nu sort d’un immeuble parisien.
Incongru, voire scandaleux, et c’est pourtant dans des rues pleines de nus que nous emmène la caméra d’Agnès. Et même, des femmes nues dans des poses souvent lascives. Et c’est une déclaration d’amour à sa manière que signe la cinéaste, aux « cariatides » donc, ce qui nous permet au passage d’apprendre qu’une cariatide est une statue, le plus souvent de femme, qui sert de colonne dans l’architecture urbaine.
Varda filme essentiellement ces statues/colonnes au plus près, mais en captant quelques scènes de rues qu’elle met en parallèle : une statue d’homme tout en muscle surplombe des porteurs de caisses, deux gardiennes de pierre entourant une gardienne d’immeuble à sa fenêtre.
Tout en filmant ses trésors sculptés, que personne ne regarde jamais vraiment au fond, Varda digresse, évoque Athènes et Baudelaire, errance poétique et curieuse, la tête levée.

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