Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Da 5 Bloods : Frères de sang (Da 5 Bloods) – de Spike Lee – 2020

Classé dans : 2020-2029,LEE Spike — 7 février, 2026 @ 8:00

Da 5 Bloods : Frères de sang (Da 5 Bloods) – de Spike Lee – 2020 dans 2020-2029 55053832936_72d959502e_z

Aussi ambitieux que personnel, ce film de guerre d’après-guerre prend le risque de brouiller constamment les pistes, comme souvent chez Spike Lee, qui oscille entre le premier degré et l’ironie macabre, pour ce qui ressemble fort à une fable à sa manière. Où, bien au-delà de la guerre du Vietnam, c’est la place des noirs dans la société américaine qui est le sujet central.

Le récit est contemporain. Quatre vétérans noirs américains sont de retour au Vietnam pour honorer une promesse faite bien des années auparavant : retrouver et ramener au pays la dépouille de leur ami tombé au combat, et dont le fantôme ne cesse de hanter l’un d’eux. Du moins est-ce la raison qu’ils présentent. Parce que ce qu’ils recherchent aussi, c’est la cargaison d’or qu’ils avaient enfouie durant la guerre avec l’espoir de revenir la récupérer après le conflit.

Il s’est passé bien plus de temps que prévu avant qu’ils honorent leur promesse d’alors. Suffisamment de temps pour que l’amertume se soit imposée, pour que tous se retrouvent sans grande illusion, et à l’heure du bilan, face à leur certitude de s’être battu pour un pays qui ne les a jamais totalement intégré.

Le récit est émaillé de flash-backs qui révèlent peu à peu le mystère de ce qui s’est vraiment passé lors de la guerre. Flash-backs pour lesquels Spike Lee prend le même parti-pris que John Ford avec le personnage de James Stewart dans L’Homme qui tua Liberty Valance : les comédiens septuagénaires incarnent sans maquillage les jeunes soldats qu’ils furent. Seul celui qu’ils ont laissé là-bas a les traits d’un jeune homme (ceux de Chadwick Boseman, tristement et ironiquement mort peu après le tournage).

Entrecoupé, aussi, d’images d’actualités évoquant la mort de Martin Luther King ou le combat des Black Panthers, le récit dépasse de loin la simple chasse au trésor, pour devenir une grande fresque sur la condition des noirs américains, tiraillés entre leur « négritude », leur attachement aux Etats-Unis, le sentiment d’être les laissés pour compte, et beaucoup d’autres zones d’intérêt (y compris le Trumpisme pour le personnage le plus fracassé qu’incarne Delroy Lindo).

C’est très sombre au fond, d’autant plus que le récit tourne peu à peu au macabre, et même à l’hécatombe. Mais plus le film s’enfonce dans la noirceur et la violence, plus Spike Lee y glisse une ironie, mordante et extrême, frôlant même la farce, particulièrement lorsque apparaissent deux personnages français : un homme d’affaires cynique (et caricatural) qu’incarne un Jean Reno monolithique, et une jeune bourgeoise engagée dans l’humanitaire que joue une Mélanie Thierry extrêmement souriante.

Spike Lee déconcerte par moments. Pourtant, même lorsqu’il pousse loin le curseur de l’excès (et même surtout là), l’émotion est présente, puissante. Et ce sentiment de révolte qui va si bien au réalisateur, qui signe son film in fine par l’un de ces plans « glissés » qui habitent tout son cinéma, face caméra, comme un clin d’œil ironique.

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr