La Fin d’un tueur (The Dark Past) – de Rudolph Maté – 1948

Deuxième long métrage de Rudoph Maté, après l’obscur L’homme de mes rêves coréalisé avec Don Hartman, ce film noir adapté d’une pièce de théâtre n’évite pas complètement le piège du théâtre filmé (l’essentiel de l’action se déroulant dans une seule pièce), mais révèle déjà le savoir-faire du futur réalisateur de D.O.A., une grande efficacité dans la mise en scène, qui vise la rapidité et l’intensité.
Le film raconte le face-à-face sous haute tension d’un tueur recherché par toutes les polices et de ses complices, et de leurs otages, la famille et les amis d’un psychologue. De ce thème cher au film noir (la prise d’otage), le film fait une variation autour d’un cabinet de psy… Original et ambitieux, mais pas tout à fait convainquant sur le plan psychologique, sans doute, mais ce n’est clairement pas le plus important
Dans le rôle de l’otage, Lee J. Cobb est sobre et très bien. Dans celui du preneur d’otage psychopathe, William Holden est moyennement sobre et très bien. On ne croit pas une seconde aux talents psy du premier, pas plus qu’en la possible rédemption du deuxième. Mais la tension est palpable, et c’est bien ça qui compte.
Les à-côtés, d’ailleurs, n’apportent pas grand-chose : l’omniprésence du jeu sous toutes ses formes (fléchettes, échecs, jeu de rôles à chaque visite, et jeu de dupes entre le psy et son patient). La réussite du film repose sur quelque chose de nettement plus basique et classique : le pur suspense, et la tension qui grandit dans ce huis clos inquiétant.
Dès ses quasi-débuts, Maté montre que c’est le noir qui lui sied le mieux. La suite de sa carrière, qui abordera la plupart des grands genres hollywoodiens, le prouvera. Ce sera notamment le cas deux ans plus tard, lorsqu’il retrouvera William Holden pour le très bon Midi, gare centrale.