I care a lot (id.) – de J. Blakeson – 2020

Enthousiasmant, sur le papier : Rosamund Pike, six ans après Gone Girl, met de nouveau sa blonde froideur au service d’un personnage détestable, une tutrice de personnes âgées qui fait vivre son business en convainquant la justice que de riches vieillards fortunés n’ont plus toute leur tête, pour se voir confier la gestion de leur fortune.
Cynique en diable, et d’une cruauté redoutable, le film tient ses promesses un temps, un temps seulement. Parce que très vite, la belle cruelle s’attaque à la mauvaise représentante du troisième âge : une vieille femme très digne jouée par Dianne Wiest, dont elle parvient à confisquer tous les biens (considérables) et toute la vie, avant de comprendre qu’un mystérieux tueur la protège.
Que ce dernier soit incarné par Peter Dinklage (Game of Thrones) n’y fait rien : le portrait noir et cynique d’une arriviste sans état d’âme se transforme en un jeu du chat et de la souris plaisant mais très anodin, dans lequel on a bien du mal à s’attacher à qui que ce soit. On assiste à ce bras de fer entre méchants à distance, en prenant un plaisir intermittent, et en se disant que J (pour Jonathan) Blakeson, scénariste et réalisateur est passé à côté d’une comédie joyeusement noire et grinçante.