Tenet (id.) – de Christopher Nolan – 2020
2h30, ça peut être long. Très long. Surtout quand au bout de 28 minutes (j’ai regardé), un double sentiment s’impose : je n’ai aucune idée de ce que racontent les personnages, et je m’en fous. La tentation d’arrêter le film est forte, mais il était sur ma liste depuis si longtemps, ce Tenet, et l’idée de recommencer un jour à zéro est si déplaisante, que je m’enquille les deux heures suivantes.
Ce qui n’était pas une si mauvaise idée, puisque la dernière demi-heure est brillante, bluffante, et assez plaisante. Mais n’éclaire qu’à moitié mon esprit fatigué. Au final, un autre double sentiment s’imposer : je ne suis pas sûr d’avoir compris grand-chose, et je m’en fous toujours autant.
Christopher Nolan, donc, au sommet de son obsession sur la perception du temps. Tourné après le très ambitieux (et très prétentieux) Interstellar, et le gonflé (et vain) Dunkerque, Tenet synthétise tous les tics et tout ce que le cinéma de Nolan a de plus boursouflé et agaçant. Et comme pour ses deux précédents films, celui-ci donne furieusement le sentiment de ne fonctionner que sur une idée liée au temps et à sa perception, qui ne cessent de le travailler.
Qu’on ne se méprenne pas : Nolan est l’un des grands formalistes du cinéma américain, et il y a dans Tenet un paquet de séquences vraiment très impressionnantes, très immersives, et qui plus est inédites. Bref, beaucoup plus de vrai cinéma que dans 99 % de la production hollywoodienne actuelle. Mais pourquoi si long ? Pourquoi si abscons ? Et à quoi bon ? A vrai dire, ce n’est pas la complexité du truc qui gêne, mais le sentiment qu’il ne s’agit que d’un artifice gratuit et tape-à-l’œil.
Nolan a au moins le mérite de ne pas prendre les spectateurs pour des idiots. Mais cette espèce de variation James-Bondienne sur fond de distorsion du temps, avec le monde à sauver et de grosses explosions manque cruellement de chaleur. Le spectacle, brillant par intermittence, laisse de marbre et paraît constamment trop long, tellement trop long. Trop, en tout cas, pour une simple idée de scénario.

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