Elsa la Rose – d’Agnès Varda – 1965

« Mon univers, Elsa, ma vie »… c’est avec ces mots signés Aragon et dits par Aragon lui-même que s’achève ce film, magnifique portrait d’un amour qui a inspiré quelques-uns des plus beaux vers du XXe siècle. Elsa Triolet et Louis Aragon, devant la caméra d’Agnès Varda. Ou plutôt : Elsa Triolet vue par Louis Aragon, et filmés par Agnès Varda.
La jeune réalisatrice filme longuement les deux grands écrivains. Et devant sa caméra, on tente de percer le mystère qui se cache derrière les yeux les plus célèbres de la poésie française. Elsa et Aragon se livrent, racontent et rejouent leur rencontre dans ce café parisien dont Elsa, trente ans après, repasse à plusieurs reprises les portes battantes, rejouant l’instant qui a scellé leur destin.
C’est d’une beauté assez renversante, souligné par les interventions des deux écrivains, par les poèmes d’Aragon (parfois chantés par Ferrat), par les confessions d’Elsa, qui reconnaît se sentir coupable de ne plus avoir la beauté de ses 20 ans, telle que se l’imaginent les lecteurs des poèmes de celui qu’elle inspire et qui l’aime. Vingt minutes de pure beauté, très émouvantes.