Tout feu tout flamme – de Jean-Paul Rappeneau -1982

Jean-Paul Rappeneau est un réalisateur qui s’y connaît en matière de rythme. C’est indéniable, et c’est une nouvelle fois flagrant avec ce Tout feu tout flamme, comédie plus touchante que drôle mais très trépidante qui lui permet de retrouve un acteur dont le dynamisme naturel était déjà au cœur de son précédent film, Le Sauvage.
Yves Montand, donc, choix idéal pour ce personnage de père flamboyant et très absent qui revient après des années d’absence auprès des filles et de la mère qu’il a laissées derrière lui pour aller vivre l’aventure aux quatre coins du monde. Un personnage bondissant et excessif, dont les sourires dissimulent mal un égoïsme assez radical. Ou comment Rappeneau joue des excès dans lesquels Montand peut trop facilement tomber.
Face à lui, Isabelle Adjani est une autre incarnation de la fougue, jeune fille confrontée trop tôt aux responsabilités de l’âge adulte. Là encore, c’est l’image un peu froide qu’a pu véhiculer l’actrice qui sert de moteur à Rappeneau, qui confronte ici les images respectives de ses deux stars, a priori aux antipodes.
Le fait est que le rythme de ses acteurs sied parfaitement au cinéma de Rappeneau, qui signe l’une de ces comédies enlevées et pétillantes dont il a le secret. Mais au-delà du pur rythme, imparable, le cinéaste ne fait qu’effleurer les thèmes qu’il met en place. L’amertume passe vite à l’as, tandis qu’une intrigue pseudo-criminelle prend le dessus, jusqu’à un final de film d’aventure qui ne convainc guère.
Je fais la fine bouche : Tout feu tout flamme est une comédie plutôt emballante, au moins dans sa première partie, et un savoureux numéro de duettistes pour ses deux stars. Mais il y a quand même un côté un peu vain dans cette aventure, qui hésite constamment entre la pure comédie de situation et le film d’aventure, et se perd totalement par moments (la « folie » d’Adjani, la fusillade finale…).
Comme si lui-même s’était rendu compte de la vacuité de son entreprise, Rappeneau attendra huit ans avant de repasser derrière la caméra. Ce sera pour un film autrement plus ambitieux : Cyrano de Bergerac, son triomphe.