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Archive pour novembre, 2025

L’Antre de la folie (Behind locked doors) – d’Oscar Budd Boetticher – 1948

Posté : 30 novembre, 2025 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, BOETTICHER Budd | Pas de commentaires »

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C’est fou ce qu’une ombre portée dans un beau noir et blanc peut dynamiser une scène. Et comme les ombres portées, dans un beau noir et blanc, sont omniprésentes dans ce Behind locked doors, on peut affirmer que le chef opérateur Guy Roe (première fois que ce nom apparaît sur ce blog) doit être considéré comme un auteur majeur de ce film par ailleurs très inégal.

Budd Boetticher signait encore Oscar Boetticher, et il n’était pas encore le très grand réalisateur de formidables petites productions westerniennes si admirablement tendues. Il est encore un cinéaste en formation, qui enchaîne ces années là quantité de petits films pas tout à fait aussi tenus.

C’est le cas de celui-ci, qui commence plutôt très bien par une séquence de filature nocturne du plus bel effet. L’urgence qui s’ensuit (le film dure à peine plus d’une heure, il ne faut pas trop traîner) laisse présager du meilleur. Ce n’est pas tout à fait le cas.

Précurseur, en quelque sorte, de Shock Corridor ou de Vol au-dessus d’un nid de coucou, ce faux film noir est surtout l’occasion de nous plonger dans le quotidien d’un asile, peuplé d’hommes fragiles que l’institution renvoie constamment au statut de fous dangereux. Un univers déshumanisé dans lequel s’enferme volontairement un détective sur les traces d’un criminel en fuite.

Qu’importe l’histoire d’ailleurs : Boetticher lui-même ne semble pas y prêter une grande attention. Sans doute s’intéresse-t-il davantage à la peinture de ce monde à l’écart du monde. Mais dans ce domaine, les films de Samuel Fuller et de Milos Forman seront autrement plus convaincants, et autrement plus traumatisants.

L’intensité et le rythme, ici, ne sont pas vraiment à la hauteur des attentes. Et la légèreté de l’interprétation de Richard Carlson ne laisse guère de doute : on est plus près de la bluette rigolarde que du drame étouffant. Mais il y a ces ombres, ce beau noir et blanc qui suffit à créer une atmosphère d’inquiétude, et l’intérêt du film. Comme quoi, une bonne ombre portée dans un beau noir et blanc…

Le Calvaire de Julia Ross (My name is Julia Ross) – de Joseph H. Lewis – 1945

Posté : 29 novembre, 2025 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, LEWIS Joseph H. | Pas de commentaires »

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Le succès de Rebecca a engendré un paquet de films noirs dont l’action se déroule dans une grande maison pleine de secrets, à la Manderley. Celui-ci n’est clairement pas le plus connu, ni le plus vu en France, où il ne semble pas avoir eu droit à une sortie en salles à l’époque. Tourné par un petit maître du genre (on lui doit Gun Crazy, quand même), avec un tout petit budget et sans grande vedette, c’est pourtant un film assez formidable.

Nina Foch (que Joseph H. Lewis retrouvera pour Le Maître du gang) incarne Julia Ross, une jeune femme seule et sans travail, qui est embauchée par une riche veuve en tant que secrétaire… et qui se réveille deux jours plus tard dans une grande maison qu’elle ne connaît pas, où tout le monde lui dit qu’elle ne s’appelle pas Julia Ross, mais qu’elle est la belle-fille de la riche veuve (Dame May Whitty, qu’on ne connaissait que pour ses rôles de grand-mère idéale comme dans Une femme disparaît), mariée donc à son fils (l’excellent George Macready), et habituée aux crises psychologiques.

D’une telle histoire, on imagine bien ce qu’un réalisateur peut tirer de trouble : Julia Ross est-elle vraiment Julia Ross ? Son personnage n’est-il pas vraiment schizophrène? Eh bien non. Le film prend un tout autre parti pris : on sait d’emblée, et sans jamais le moindre doute, que Julia est victime d’une machination, que la si douce Dame May Whitty est une vieille femme prête à toutes les horreurs et à tous les crimes pour protéger son taré de fils. La grande inconnue étant : pourquoi ? Et aussi : Julia va-t-elle échapper à la machination dans laquelle elle est enfermée ?

A partir de là, c’est du pur plaisir de film de genre, une manière de faire surgir des ombres et d’étirer les moments terrifiants (l’escalier trafiqué, ou la fuite en voiture par exemple), d’isoler un regard effrayé dans un cadre étouffant… Lewis est l’homme de la situation. Sans autre enjeu que la pure efficacité, il signe un film remarquablement tendu, sans le moindre gras (il ne dure que 65 minutes, parfaitement utilisées), et haletant. C’est beau la série B, quand ça a cette tenue.

La Disparition de Josef Mengele (Das Verschwinden des Josef Mengele) – de Kirill Serebrennikov – 2025

Posté : 28 novembre, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, SEREBRENNIKOV Kirill | Pas de commentaires »

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Sujet fascinant, que cette disparition de Josef Mengele, la fuite en Amérique du Sud de l’un des grands criminels nazis, qui a tant inspiré le cinéma. De Marathon Man au Médecin de famille, la figure de « l’ange de la mort », ce médecin qui fit figure de démiurge maléfique et pratiqua des expériences sur les prisonniers à Auschwitz inspire les cinéastes autant par les horreurs de ses actes que par le mystère qui entoure sa vie après la guerre.

En adaptant le (formidable) roman d’Olivier Guez, Kirill Serebrennikov fait un choix radical. Du livre, il garde la structure générale et le côté hyper documenté. Mais le film prend le parti, forcément très dérangeant, de l’intime. Le point de vue est donc celui de Mengele, ce monstre qui ne se voit évidemment pas comme tel, et qui passe les années d’après-guerre (les décennies) à ressasser son paradis perdu, et l’injustice de son sort, condamné à s’enfoncer dans une vie de plus en plus reculée pour fuir les menaces qui l’entourent.

Le film passe d’une époque à l’autre (toutes après 1945), en d’incessants allers-retours qui soulignent la paranoïa grandissante de cet homme qui fut si puissant et si respecté à l’époque du Reich, et dont les différentes étapes de la vie en Amérique du Sud illustrent l’enfermement grandissant : d’abord figure centrale de la communauté qu’y ont créé les nazis en fuite, puis propriétaire vivant en autarcie, puis vieil homme ruminant dans un quartier miséreux, convaincu qu’il est que le sort d’Eichman (rattrapé par le Mossad en Amérique du Sud, exfiltré, condamné et exécuté en Israël) l’attend.

En collant au plus près de Mengele, Serebrennikov prend le risque d’humaniser le personnage. Un risque assumé jusqu’au bout, jusqu’à cette séquence flash-back nostalgique, la seule en couleur, le seul passage qui renvoie à l’époque des camps, où dans une esthétique de film de vacances tourné en Super 8, Mengele revit ses années de bonheur et d’insouciance. Une scène qui en a fait tiquer plus d’un, mais qui se révèle absolument glaçante, tant elle dévoile l’inhumanité d’un homme totalement tourné vers lui-même, et insensible aux horreurs dont il a été l’un des acteurs majeurs.

Tout le film, à vrai dire, tourne autour de ce flash-back central. Et tout dans la mise en scène superbe du cinéaste dit l’horreur de ce personnage pathétique et monstrueux, qui s’érige en victime et ne voit dans sa déchéance qu’une forme d’injustice. Serebrennikov est certes constamment sur le fil, et son film est pour le moins inconfortable. Mais si l’histoire fascine, c’est pour le mystère autour de cette question : comment un homme si recherché et si en vue a-t-il pu échapper si longtemps à la justice des hommes…

Meurtre au port (Nobody lives forever) – de Jean Negulesco – 1946

Posté : 27 novembre, 2025 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, GARFIELD John, NEGULESCO Jean | Pas de commentaires »

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Jean Negulesco est un réalisateur fort appliqué, qui aime raconter de belles et grandes histoires. C’est fort exactement le sentiment qui ressort de ce film noir qui aurait sans doute mérité plus d’aspérité, un côté plus sauvage et inquiétant. Un réalisateur comme Anthony Mann donc, ou comme John Berry, qui saura cinq ans plus tard tirer une douleur autrement plus vive à John Garfield dans son merveilleux Menace dans la nuit.

A côté de ce chef d’œuvre, qui sera l’ultime film de l’acteur cinq ans plus tard, Nobody lives forever fait figure d’aimable bluette, très agréable mais très anodine. C’est vrai que la tension dramatique est assez… distendue, et que le film aurait gagné à être allégrement taillé, pour évacuer tout le gras, toutes ces séquences qui, au fond, motivent visiblement Negulesco : ces séquences qui tirent le film du côté du mélodrame.

Mais le mélodrame est faible et convenu. Pour faire simple, c’est l’histoire d’un escroc fraîchement libéré de l’armée, qui approche une riche veuve pour soutirer une partie de sa fortune mais en tombe amoureux. Au choix : une belle histoire de rédemption, ou une sombre histoire de rédemption impossible. Negulesco est tenté par la première option, mais c’est la seconde qui donne au film tous ses meilleurs moments.

L’histoire d’amour est faiblarde, surtout que Geraldine Fitzgerald est une actrice assez peu emballante. Mais le personnage de l’escroc joué par John Garfield est passionnant, flambeur à qui tout réussit, mais entouré d’hommes plus âgés qui ont eux aussi connu leur heure de gloire avant de déchoir et de devoir se contenter d’une vie misérable faite d’échecs successifs… comme une série de miroirs de ce qui attend le héros.

Cet aspect là est le plus passionnant : le reflet du futur lui-même que découvre Garfield à travers les personnages du bon Walter Brennan et du perfide George Coulouris. Et puis, le destin en marche est un poids qui convient parfaitement à John Garfield, superbe incarnation tragique, jamais aussi bon que quand il est aux portes du désespoir. Il n’en est pas loin ici. Mais la noirceur pure n’est peut-être pas la couleur préférée de Negulesco.

Menace dans la nuit (He ran all the way) – de John Berry – 1951

Posté : 26 novembre, 2025 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, BERRY John, GARFIELD John | Pas de commentaires »

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Alors là, on est dans le sommet du film noir, du côté des purs chefs d’œuvre, des films qui ont fait la gloire d’Hollywood. Un film, aussi, qui a de solides échos de fin d’époque : Menace dans la nuit est à la fois le tout dernier film de John Garfield, qu’une crise cardiaque emportera quelques mois plus tard à 39 ans, et le dernier film américain de John Berry avant que la Chasse aux Sorcières ne le contraigne à l’exil.

Son grand œuvre, aussi. Est-ce cet aspect crépusculaire ? Berry sous pression des maccarthystes, Garfield usé par l’atmosphère de cet Hollywood là… Toujours est-il qu’il se dégage de ce film et de l’interprétation de l’acteur une intensité et une inquiétude rarement vus à l’écran. Garfield, odieux et inquiétant, est en tout cas absolument formidable, merveilleux d’ambiguïté et de fragilité tragique.

Il est de toutes les scènes, omniprésent ou presque à l’écran en homme traqué, rongé par la peur, la culpabilité, la chaleur qui pèse sur New York, et ce manque d’amour si flagrant qui l’entoure. Un minable, devenu presque malgré lui (presque) un tueur de flic, qui trouve refuge dans une famille aimante qu’il prend en otage.

Tombe-t-il réellement amoureux de la fille, jouée par la grande Shelley Winters ? Se sert-il simplement d’elle, de sa naïveté et de sa soif d’aventure ? Ou se rêve-t-il plus sûrement dans le rôle du gendre de cette famille dont il ne pourrait pas même rêver ? Sans doute un peu de tout ça à la fois. Le film semble réinventer et transcender le genre, le propos, pour tirer de ces personnages une humanité folle, et désespérée.

Le film est une merveille de chaque instant, de chaque plan. Berry donne corps à la chaleur moite qui pèse sur ce quartier populaire de New York, et souligne l’inquiétude et la menace. Le noir et blanc profond de James Wong Howe et la musique dramatique de Franz Waxman renforcent encore l’intensité du film, sorte d’apothéose du film noir. Chef d’œuvre d’un réalisateur dont on ne peut qu’imaginer avec regret ce qu’aurait été la suite de sa carrière à Hollywood.

Strange Impersonation (id.) – d’Anthony Mann – 1946

Posté : 25 novembre, 2025 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, MANN Anthony | Pas de commentaires »

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Film noir ? Mélodrame ? Anthony Mann se balade sur une cime entre ces deux genres, avec ce film méconnu, qui précède de peu le début de sa grande période « noire ». Une petite production sur laquelle il n’est encore visiblement qu’un exécutant, se contentant de filmer le scénario qu’on lui confie. Ce qui est d’ailleurs la limite du film, qui révèle par ailleurs la déjà très grande maîtrise du jeune Mann.

L’histoire, donc, est hautement improbable : une scientifique teste sur elle-même un anesthésiant révolutionnaire, mais est victime sans le savoir de la machination d’une amie qui veut se débarrasser d’elle pour lui piquer son fiancé. Défigurée, laissée pour morte, elle change de visage et cherche à refaire sa vie, mais la réalité finit par la rattraper.

Encore que le résumé soit un peu imparfait. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que le scénario multiplie les pistes plus ou moins importantes, et qu’il ne choisit pas le chemin de la simplicité, ou de la crédibilité. Mais il y a peut-être une bonne raison à ça, et je n’irais pas plus loin sur ce point, au risque de divulgacher la conclusion, d’ailleurs très attendue et un peu facile.

Qu’importe : ce qu’on retient de Strange Impersonation, ce qui frappe surtout, c’est le rythme et l’intensité parfaits qu’installe Mann, qui réussit à nous tenir en haleine dès les premières images pourtant guère palpitantes a priori, dans le laboratoire. Et même avec des acteurs de seconds plans (Brenda Marshall, William Gargan, Hillary Brooke), le jeune réalisateur signe un drame profondément humain, intense et poignant.

A House of Dynamite (id.) – de Kathryn Bigelow – 2025

Posté : 24 novembre, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, BIGELOW Kathryn | Pas de commentaires »

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Une attaque nucléaire ? Une possible apocalypse ? Oui, bon, le cinéma américain nous a déjà fait le coup cinquante fois, alors quoi de neuf ? Eh bien le neuf, bien sûr, c’est Kathryn Bigelow aux commandes. Le résultat est, forcément, très loin de tout ce qu’on a déjà pu voir sur le sujet. Fidèle à la veine engagée qu’elle poursuit depuis quinze ans, la réalisatrice de Zero Dark Thirty fait un choix radical : à peu près rien d’autres que des parlottes. Pour un résultat tout aussi radical : un film flippant et glaçant, dont on ressort (difficilement) sous le choc.

Choix radical, donc… Tout le récit se concentre sur une vingtaine de minutes, qui séparent la détection d’un missile nucléaire tiré d’une région du Pacifique qui n’a pas pu être déterminé, et le moment où il doit sur une ville américaine qui pourrait bien être Chicago. Pas de grande scène de foule, pas d’explosion pas plus que de missions à hauts risques d’agents infiltrés : toute l’action se déroule dans des salles de crise américaines, notamment celle de la Maison Blanche.

Ou comment une journée sans histoire bascule en quelques minutes vers un cataclysme sans doute inévitable. Une vingtaine de minutes, qui s’étendent à l’écran sur à peu près deux fois plus long, jusqu’à l’instant qui précède le probable impact. Et puis rewind… Bigelow revient vingt minutes plus tôt, et recommence avec de nouveaux points de vue : ceux des officiers et autres responsables, guère préparés à un tel scénario. « Il n’y a pas de plan B », résume un officier, synthèse d’une simplicité aberrante du propos alarmiste de Bigelow.

Heureusement, lorsqu’on arrive une nouvelle fois à l’instant précédant l’apocalypse annoncé, Bigelow rewinde une seconde fois, montant encore d’un cran dans les points de vue adoptés. Cette fois, c’est le chef du Pentagone et le Président des Etats-Unis lui-même que l’on suit. En arrivant au sommet de la pyramide, la scénariste-réalisatrice touche à ce que la sécurité du monde a… de plus humain, et de plus fragile, de simples hommes à qui revient une décision impossible.

Dans le rôle du président, Idris Elba est parfait, colosse aux genoux fragiles, incapable de prononcer les mots que tout le monde attend de lui. Comme souvent chez Kathryn Bigelow, c’est du côté des femmes que pourrait se trouver la vraie force. Celle d’une obscure responsable du centre de crise, formidable Rebecca Ferguson, tenue à l’écart des vraies décisions au profit d’un supérieur bien moins clairvoyant.

Au-delà de la pure efficacité du film, tourné comme tous ses précédents en caméra porté (pour un résultat censé renforcer le côté réaliste du truc, mais qui a ses limites, donnant parfois une impression de facilité), Bigelow signe un film coup de poing qui souligne avec beaucoup de poids la fragilité d’un monde bâti depuis 80 ans sur la dissuasion nucléaire. Une maison remplie de dynamite, que la moindre étincelle suffirait à souffler. Et non : « il n’y a pas de plan B ».

Une minute pour une image – mini-série d’Agnès Varda – 1983

Posté : 23 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Agnès Varda a sélectionné des photos (170, dont 14 qu’elle commente elle-même) qui apparaissent à l’écran, laissant au spectateur le temps de les observer avant qu’elle ne dise en voix off ce que ces clichés lui inspirent. Cela peut être un détail de l’image, une histoire qu’elle lui rappelle, ou des interrogations, qu’importe.

Le propos est aussi varié que les photos retenues. Le regard rude d’une Algérienne forcée de posée dévoilée, et c’est à l’humanité de la femme que Varda pense, mais aussi celle du photographe de l’armée. Cinq mains qui en opèrent une sixième lui inspirent des références religieuses. Une autre main, sur une autre photo, qui tente de serrer une « main-poisson », et Varda qui tente de décrypter cette image

D’un épisode à l’autre, le ton peut être radicalement différent. Après un portrait de famille qui rappelle les compositions de l’école hollandaise, un charnier inspire des pensées contradictoires, alliant beauté et laideur… Une image surréaliste ou une photo ancienne, poétique ou historique. En quelques secondes, Varda a toujours ce petit commentaire personnel et pertinent qu’on ne voit pas venir. A montrer dans les écoles, pour réapprendre à regarder les images…

Les 3 boutons – d’Agnès Varda – 2015

Posté : 22 novembre, 2025 @ 8:00 dans 2010-2019, COURTS MÉTRAGES, FANTASTIQUE/SF, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Les 3 boutons – d’Agnès Varda – 2015 dans 2010-2019 54914889155_f03bbc9533_z

A 85 ans passés, Agnès Varda fait preuve d’une fraîcheur et, même, d’une espièglerie étonnante avec ce court film, commande de la marque de vêtements Miu Miu dans le cadre de sa série « Women’s Tales », des courts métrages confiés à une réalisatrice différente deux fois par an depuis 2011, pour promouvoir l’arrivée des nouvelles collections.

De cette commande, Varda fait… ce qu’elle veut, en l’occurrence une fable joyeuse et pleine de vie mettant en scène une adolescente de 14 ans toute en sourires (Justine Thirée), et sans grand rapport avec le prêt-à-porter si ce n’est le court plan d’une vitrine avec une robe qui émerveille la jeune héroïne.

Ah si : l’apparition magique d’une robe rouge planant sur la cour d’une ferme, par laquelle s’ouvre le film. On retrouve la légèreté et la liberté d’Agnès Varda, dont les idées en entraînent toujours d’autres dans un grand mouvement perpétuel, constamment tourné vers l’avenir et l’espoir. Vivant, décidément.

T’as de beaux escaliers, tu sais… – d’Agnès Varda – 1986

Posté : 21 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

T’as de beaux escaliers, tu sais… - d’Agnès Varda – 1986 dans 1980-1989 54914836514_cb9c054b2f_z

Pour les 50 ans de la Cinémathèque Française, Agnès Varda signe un hommage à sa manière : un très court métrage (3 minutes) autour des fameux escaliers de l’institution, alors à Chaillot, où elle filme les spectateurs entrant ou sortant, souvent mis en scène pour répondre à des images mythiques du cinéma, tous mettant en scène des escaliers.

Pépé le Moko, Juve contre Fantômas, Le Cuirassé Potemkine, Citizen Kane, Le Mépris et quelques-autres défilent ainsi, dans un montage qui témoigne d’un amour immodéré pour le cinéma, et donne une furieuse envie d’aller en salles. Et pas uniquement pour voir des classiques : l’apparition d’Isabelle Adjani sur les marches, après un extrait de L’Histoire d’Adèle H, sonne comme un rappel que le cinéma n’appartient pas à l’histoire, mais qu’il est un art bien actuel.

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