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Archive pour août, 2025

Cigalon – de Marcel Pagnol – 1935

Posté : 18 août, 2025 @ 8:00 dans 1930-1939, PAGNOL Marcel | Pas de commentaires »

Cigalon

Marcel Pagnol a fait quelques films qui permettent d’affirmer qu’il est un grand cinéaste (La Femme du boulanger par exemple, miraculeux exercice de funambulisme entre légèreté et gravité). Cigalon permet d’affirmer qu’il est un grand cinéaste qui s’est construit peu à peu, au gré d’expérimentations plus ou moins abouties.

Cette comédie est bien sympathique, pleine de vivacité, et surtout portée par une joie de tourner très communicative. Elle est aussi très anodine, et très mineure dans l’œuvre du cinéaste Pagnol, qui semble vraiment faire ses gammes, essayer des choses, puis d’autres. Le résultat est film très oubliable sur le fond, et très inégal dans la forme.

Le temps de quelques plans, le grand cinéaste prend le dessus : des images souvent fugaces, qui se limitent parfois à la fumée d’un plat qui mijote qui s’élève au milieu de l’écran, et qui suffisent à assurer le plaisir. D’autres moments, en revanche, sont étonnamment dénués de toute ambition stylistique ou narrative : l’introduction du « griveleur », sur un banc filmé très platement en plan large, dans une scène qui rappelle le cinéma primitif des années 10. Etrange.

Ce qui domine quand même, c’est le rythme, qui repose avant tout sur le bagout des acteurs, à commencer par celui d’Arnaudy, acteur cabot qui en fait constamment des tonnes, allant jusqu’à rouler des yeux dans les très rares moments où il n’a rien à dire (si si), qui sera l’année suivante un Topaze nettement moins célèbre que Jouvet ou Fernandel. Autour de lui, les seconds rôles ne peuvent que jouer les contrepoints, condamnés à en faire trop pour tenter d’exister.

Un Pagnol très mineur, donc, qui s’ouvre quand même sur une séquence réjouissante : l’arrivée dans un petit restaurant du sud de la France d’une famille qui se retrouve confrontée au cuisinier, fier de son savoir-faire, et bien décidé à ne pas s’emmerder à servir à manger à des clients qui, forcément, ne le méritent pas. Le plaisir qu’on prend malgré tout devant cette comédie bien légère est proportionnel à l’absurdité des situations.

LIVRE : Ma vie et mes films – de Jean Renoir – 1974

Posté : 17 août, 2025 @ 8:00 dans LIVRES, RENOIR Jean | Pas de commentaires »

LIVRE Ma vie et mes films

Jean Renoir écrit comme il parle, et cela fait beaucoup pour le plaisir que la lecture de ses livres procure. C’était déjà le cas avec la belle biographie très personnelle qu’il a consacrée à son père. C’est le cas avec cette autobiographie tout aussi personnelle : au fil des pages, on a vraiment le sentiment d’entendre la voix et le début si particuliers de son auteur.

Le terme « autobiographie » est, d’ailleurs, un peu discutable. Certes, Renoir raconte son parcours, d’une manière à peu près chronologique, de son enfance au côté d’un père pas comme les autres, jusqu’à ses derniers films et la conscience qu’il a que sa carrière est derrière lui, conscience affirmée sans amertume qui donne au livre un ton joliment nostalgique.

Malgré la construction (à peu près) chronologique, le livre est divisé en chapitres thématiques qui permettent à Renoir d’évoquer ses grandes amitiés, ses grands souvenirs de tournage, ses belles rencontres professionnelles, son rapport à son père et aux grands peintres qui l’entouraient, et surtout sa vision de la vie, du monde et des rapports humains.

Cette vision du monde, on la connaît par cœur depuis La Grande Illusion : les affinités ne se font pas en fonction des frontières (ce qu’il appelle la division verticale), mais en fonction des intérêts communs (la division horizontale). En résumé : un banquier et un ouvrier français n’auront pas forcément grand-chose à se dire, mais deux artisans de pays et de cultures différents auront toujours des sujets de discussion.

On peut trouver ça beau, ou un peu naïf. A vrai dire, on se dit en lisant ce livre que Renoir lui-même sait que la réalité n’est sans doute pas si simple, et que l’homme est, au fond, profondément complexe. Pour preuve : son rapport à la France, qu’il quitte en 1940, au moins autant par dépit après l’échec cruel de La Règle du jeu que pour fuir l’occupation nazie. Et son rapport à Hollywood, où il n’a au fond jamais trouvé vraiment sa place, mais qu’il n’a quitté que parce que les studios ne voulaient plus de lui…

L’homme est complexe, mais profondément attachant. Son parcours est sinueux, mais fascinant. Et sa vision du cinéma est passionnée et passionnante. Avec les mots simples de l’artisan qu’il n’a cessé d’être depuis ses débuts de céramiste dans l’ombre de son peintre de père, Jean Renoir livre mine de rien une sorte de manifeste de l’art et du plaisir de filmer, un plaisir basé sur la vie qu’il n’a cessé de chercher à capter avec sa caméra.

 

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