Jours d’automne (Dias de Otono) – de Roberto Gavaldon – 1963
Le cinéma mexicain n’a pas souvent eu les honneurs de ce blog. Celui de Roberto Gavaldon encore moins. Jusqu’à présent, ce pionnier du cinéma de là-bas m’était resté totalement inconnu. Sa découverte, grâce à une petite collection d’Arte.TV, est donc précieuse.
Ce mélo tourné en noir et blanc (un peu terne, le noir et blanc, mais passons) marque avant tout par son sujet, original et fort : la mythomanie, dans laquelle s’enferme le personnage principal, une jeune femme sans famille, incapable de nouer des liens intimes avec qui que ce soit, qui commence par un simple bobard pour échapper aux conventions sociales, pour s’enfoncer de plus en plus profondément dans une spirale de mensonges auxquels tout le monde croit… y compris elle.
Dans le rôle de cette femme qui s’invente l’amour qu’elle est incapable de s’accorder, Pina Pellicer trouve sans doute le rôle de sa vie, elle qu’on reverra peu après dans le One Eyed Jack de Brando, avant de disparaître très prématurément l’année suivante. Bouleversante et pathétique.
Le sujet est fort. Et le film aborde si frontalement le thème de la mythomanie (annonçant des affaires célèbres comme celle de Romand) qu’il aurait pu sombrer dans le grand-guignol larmoyant. Ce n’est pas le cas : de la jeune innocente qui débarque à la femme paumée et enfermée dans ses mensonges, c’est un lent cheminement, imperceptible et irrépressible que filme Gavaldon. Son film est beau, désespéré, et portant d’une grande tendresse.

Laisser un commentaire
Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.