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Archive pour le 19 juin, 2024

L’Attente des femmes (Kvinnors väntan) – d’Ingmar Bergman – 1952

Posté : 19 juin, 2024 @ 8:00 dans 1950-1959, BERGMAN Ingmar | Pas de commentaires »

L'Attente des femmes

Bergman peut être léger. La preuve avec ce film, le premier dont on puisse dire qu’il se rapproche de la comédie, même s’il y a un fond assez cruel, finalement, derrière le récit que font trois épouses alors qu’elles attendent le retour de leurs maris.

La toute première scène donne le ton. Dans une grande propriété en bordure de fjord, au cœur d’une nature grandiose et désertique, ces femmes s’inquiètent de l’absence de leurs enfants, et évoquent leurs retrouvailles prochaines avec leurs maris, avec une sorte d’ironie désabusée.

Derrière la comédie, derrière la narration pleine de vie, Bergman nous confronte à la réalité de ces femmes, dont la société a fait des faire-valoir de leurs hommes, les condamnant à vivre intensément à leurs côtés (pour les plus veinardes)… et à attendre en leur absence.

Dans ces visages que Bergman filme au plus près se lisent tous les rêves envolés, l’amertume, la solitude… Cette solitude que ces quelques femmes ont rompue tardivement en se racontant les plus intimes de leurs souvenirs.

Trois récits se succèdent ainsi, aux rythmes et aux styles visuels très différents, épousant les points de vue des trois femmes. D’abord Rakel (Anita Björk), qui raconte son infidélité passagère avec son amour de jeunesse, et la peur panique de son ami quand il découvre la vérité, drame tragi-comique à l’ironie mordante.

Puis Marta (Maj-Britt Nilsson), qui se souvient de son histoire d’amour avec le jeune Martin à Paris, et de son départ alors qu’elle venait de découvrir qu’elle était enceinte… Superbe segment fait d’allers-retours temporels et tout en jeux de lumière : cette main qui sort de la nuit, ces ombres chinoises qui nous entraînent au cœur d’un cabaret un brin vulgaire…

Enfin, Karin (Eva Dahlbeck), lumineuse et insolente, qui profite d’une panne d’ascenseur pour raviver la flamme avec son austère mari (Gunnar Björnstrand), dans la partie la plus légère et la plus drôle du film.

Féministe et délicat, Bergman filme du point de vue de ces femmes amoureuses, mais sacrifiées, et conclut son film par un bel appel à l’émancipation. Sans toutefois se faire trop d’illusions : ces jeunes avides de s’échapper des conventions… ils finiront bien par revenir.

 

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