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Archive pour octobre, 2020

Willie Boy (Tell them Willie Boy is here) – d’Abraham Polonsky – 1969

Posté : 21 octobre, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, POLONSKY Abraham, WESTERNS | Pas de commentaires »

Willie Boy

Si on se résume au pitch, c’est presque une caricature de western : un shérif traque un homme accusé de meurtre dans un paysage désertique. Rien de plus, sauf que l’homme traqué est un Indien, que le shérif est le fils d’un tueur d’Indiens, et que le film est écrit et réalisé par Abraham Polonsky, grand scénariste, grand réalisateur (Ah ! L’Enfer de la corruption !…), et grand humaniste.

Cette traque se transforme dont en un portrait en creux d’une Amérique dévorée par ses vieux fantômes. L’action se déroule en 1909, dans un Ouest rattrapé par la modernité (une voiture par ici, un téléphone par là, et une visite présidentielle comme le symbole annoncé d’un pays qui se civilise), mais le poids des guerres indiennes est toujours présent, et le racisme est quasi-institutionnalisé.

Willy Boy (Robert Blake), le fameux tueur, n’est pas un homme très sympathique. Mais comment le serait-il, rejeté par tous, mauvaise graine de la réserve où sont parqués les siens. Mais il a une sorte de pureté qu’aucun autre personnage n’a, dans sa manière parfois brutale de tout sacrifier à son amour (pour Katharine Ross).

Un racisme institutionnalisé, donc, dont Robert Redford, en shérif, serait le garant. Mais un garant dont on ne peut que deviner les affres. Dominé par la figure d’un père (mort depuis longtemps) aux antipodes de ses aspirations, enfermé dans un quasi-mutisme qu’on devine plein de rage, on sent bien que ceux qui l’entourent, par leur comportement, le dégoûtent autant que lui-même.

Fatigué, hanté par ce passé (celui de son père, et de son pays) dont il a hérité sans le vouloir, il semble incapable d’exister vraiment, incapable d’avoir le moindre geste de tendresse envers sa maîtresse (Susan Clark).

Une scène d’amour, que Polonsky amène avec une série de regards et une attente très explicites, se transforme en un moment terrible lorsque la belle se dévêt devant le regard de Redford, glacial. Il ne la touche pas, mais la froideur de ce regard, si dénué de sentiment, a sur elle l’effet d’un viol. Terrible.

Terrible, comme cette conclusion, superbe, où Redford choisit son camps, celui de l’humain. Magnifique fin pleine de rage et de dégoût enfin libérés, pour un grand western humain.

Le Ciel est à vous – de Jean Grémillon – 1944

Posté : 20 octobre, 2020 @ 8:00 dans 1940-1949, GRÉMILLON Jean | Pas de commentaires »

Le Ciel est à vous

Que de vie dans ce Grémillon ! Une histoire d’aviation, de défi, de passion dévorante, mais surtout une histoire de couple : Madeleine Renaud et Charles Vanel, tous deux immenses, un mécanicien et sa femme expropriés parce qu’un aérodrome doit être aménagé sur le terrain de leur maison, et dont la vie se trouvera chamboulée par ces avions qui les ont délogés.

Il y a de la vie, avec toute la complexité et tous les accidents que cela implique : des engueulades, des petites joies et des peines quotidiennes, des signes d’amour et des mesquineries, des inquiétudes, des envies… Il y a bien un fil conducteur : cette passion dévorante pour l’aviation qui bouscule cette famille bien installée. Mais Charles Spaak, Albert Valentin (au scénario) et Jean Grémillon (derrière la caméra) racontent moins une histoire qu’un amour.

Ils le font avec un sens parfait de la narration, émaillant le film de signes dramatiques : ces orphelins qui reviennent régulièrement dans le cadre, ces traces d’huile sur le sol, quelques dialogues évocateurs… Derrière la légèreté apparente, les drames et les tragédies pointent déjà leur nez…

Beaucoup de mesquinerie aussi, autour de ce couple décidé à vivre leur amour librement. « Quelle est la plus belle marque d’amour ? s’interroge Vanel. Te laisser partir ou te retenir ? » Il est merveilleux (comme toujours, oui), elle est merveilleuse. Ils forment l’un des grands couples de cinéma, aussi beaux et unis que Louis Jouvet et Renée Devillers dans Les Amoureux sont seuls au monde. C’est dire…

Le Relais de l’or maudit (Hangman’s Knot) – de Roy Huggins – 1952

Posté : 19 octobre, 2020 @ 8:00 dans 1950-1959, HUGGINS Roy, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Relais de l'or maudit

Roy Huggins, producteur et scénariste (de l’excellent Du plomb pour l’inspecteur notamment), n’a réalisé qu’un film, et c’est bien dommage. Ce petit western de série est un condensé de jolies trouvailles, tant narratives que visuelles. D’une originalité et d’une efficacité redoutables.

Dès les premières images, l’envie de surprendre est aussi flagrante que l’extrême efficacité. Dans des décors westerniens bien connus (les mêmes que The Tall T ? sans doute…), Randoph Scott apparaît en bandit préparant l’attaque d’une diligence avec ses hommes (dont Lee Marvin).

Scott en méchant ? Étonnant… La réalité l’est encore plus : ces hommes sont des soldats sudistes, qui découvrent après avoir mis la main sur une cargaison d’or et tué une dizaine de soldats nordistes que la guerre est finie depuis plus d’un mois… Les voilà fuyards malgré eux, une patrouille pas si légale à leurs trousses, obligés de se réfugier dans un relais de diligence, avec quelques otages parmi lesquels la belle Donna Reed.

Beaucoup d’attente, beaucoup de tension entre les personnages, un Randolph Scott impérial, Donna Reed somptueuse dans un rôle pourtant taiseux… Et une intensité qui ne retombe à aucun moment, tant les passages en creux que dans les accès de violence, brefs et percutants : extraordinaire scène où Scott sauve son ami de la pendaison à coups de dynamite ! Et qu’importe si les doublures sont très visibles dans les bagarres, l’action est extraordinaire.

Le film est superbement cadré (ce plan des chevaux amenant la diligence au relais est magnifique), et d’une beauté plastique souvent impressionnante. Les scènes de nuit, surtout, bénéficient d’une photo particulièrement belle, signée Charles Lawton Jr (comme The Tall T, tiens), qui fait de la dernière partie, pluvieuse et nocturne, un sommet du genre. Petite production, mais grande réussite pour grand réalisateur éphémère.

Temps sans pitié (Time without pity) – de Joseph Losey – 1957

Posté : 18 octobre, 2020 @ 8:00 dans * Polars européens, 1950-1959, LOSEY Joseph | Pas de commentaires »

Temps sans pitié

Un père ivrogne découvre à 24 heures de l’exécution que son fils a été condamné à mort. La séquence d’ouverture nous montrant clairement que le fils est innocent du meurtre pour lequel il a été condamné, mais aussi l’identité du vrai coupable, l’attention est entièrement tournée sur la course contre la montre désespérée d’un homme, écrivain et père raté, et alcoolique pathétique.

Avec ce personnage foncièrement détestable, Losey bouscule mine de rien ce qui sera pas loin d’un film de genre assez classique. Il adopte le point de vue de son antihéros, nous fait partager ses visions éthyliques, sa fatigue et son désespoir. Et c’est un exercice de style assez brillant et d’une redoutable efficacité.

Dès cette scène d’ouverture d’ailleurs, avec cette caméra qui semble cadrer à côté, ces ombres profondes, cette violence silencieuse, et cette musique qui nous plonge en plein malaise. Pur film noir sur le papier, dont Losey tire un film très européen dans son esthétique.

Quelques flottements, une poignée de plans inutilement virtuoses (les visages qui se reflètent dans le miroir de la voiture), un jeu d’acteur un rien théâtral par moments… Des petites réserves qui n’enlèvent pas grand-chose à la puissance dramatique du film, et à la prestation habitée de Michael Redgrave, qui se livre à 100 % dans ce rôle de père minable qui se rachète sur le fil. Le rythme du film adopte sa propre urgence, ses temps morts.

Avec l’omniprésente de montres, horloges et autres cadrans aussi pesants et insupportables que leur absence. Tendu, et puissant…

L’Homme de l’Arizona (The Tall T) – de Budd Boetticher – 1957

Posté : 17 octobre, 2020 @ 8:00 dans 1950-1959, BOETTICHER Budd, WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Homme de l'Arizona

Le sens de l’épure de Boetticher atteint des sommets avec ce formidable western, l’un des meilleurs de sa riche collaboration avec Randolph Scott. Peu de personnages, un décor unique pendant les deux tiers du film, et quasiment pas d’action avec la toute dernière partie, dans ce qui est en grande partie un western de l’attente.

Boetticher prend le temps, même avec un film de moins d’1h20. Il prend le temps d’installer son drame et de faire grimper la tension. On sait qu’il va se passer quelque chose, et que ce quelque chose va être violent. Il le sera effectivement, d’une manière aussi simple que radicale.

Tout semble simple et naturel dans The Tall T. L’engrenage qui se met en place, la salle journée de Randolph Scott, ou le personnage si touchant de Maureen O’Sullivan, femme entre deux âges mal mariée, et effrayée à l’idée de vieillir seule. Aux antipodes des personnages de femmes que le western met le plus souvent en scène, elle est filmée comme une femme terne et sans charme. Terriblement vraie.

Beaucoup de détails font de The Tall T un western très original, ancré dans une réalité peu commune. Cette longue scène où Scott découpe des tranches de viande, celle où il peine longuement à remettre une botte… Et cette manière, aussi simple que radicale, dont Boetticher fait basculer son récit dans le drame le plus sombre, après une première partie plutôt légère, voire rigolarde.

Cette longue introduction elle aussi atypique (surtout pour un film aussi court), faite de petits épisodes quotidiens, à peu près sans lien avec le drame à venir… La rupture soudaine, basée sur un horrible éclat de violence dont on ne verra rien d’autre que le regard épouvanté de Scott, est terriblement glaçante.

L’histoire est pourtant assez classique : des bandits prennent en otage les passagers d’une diligence. Mais d’emblée, les relations entre les personnages semblent comme décalées, inattendues : la manière dont le cocher envoie promener son riche passager, le blues du responsable du relais isolé, la curieuse attirance entre Scott et le grand méchant surtout, formidable Richard Boone, à la fois cruel et étrangement pathétique.

Entre eux deux, avec une grande économie de mots, passe une sorte de camaraderie, l’ombre d’une amitié qui aurait pu exister dans d’autres circonstances. Et c’est très beau.

WUSA (id.) – de Stuart Rosenberg – 1970

Posté : 16 octobre, 2020 @ 8:00 dans 1970-1979, NEWMAN Paul, ROSENBERG Stuart | Pas de commentaires »

WUSA

« What we’ve got here is failure to communicate »… Cette phrase inoubliable caractérisait Luke la main froide dans la précédente collaboration de Newman et Rosenberg. Trois ans plus tard, le personnage de Newman dans WUSA se présente lui-même comme un « communicator », autant dire l’antithèse revendiquée de Luke, une sorte de double négatif qui, lui, joue le jeu que la société attend de lui. Quitte à perdre son âme.

A la brader, même… Newman, producteur, s’offre un rôle particulièrement antipathique : celui d’un paumé dans le sou qui se fait embaucher par une radio d’extrême droite au service de suprématistes blancs. Et qui accepte de véhiculer des messages aux antipodes de ses convictions. Jusqu’à oublier ces convictions, noyées dans les hectolitres d’alcool qu’il ingurgite.

Tellement imbibé et cynique qu’il humilie à répétition l’idéaliste et fragile Anthony Perkins, et snobe la sérénité que la pauvre Joanne Woodward pourrait lui apporter. Elle est formidable, dans ce rôle de femme abîmée par la vie, vivotant de ses charmes.

Le plus réussi dans ce film, c’est la relation entre ces deux-là, les regards qu’ils se portent, la tendresse qu’ils retrouvent. Mais aussi la distance que lui garde entre eux. Rosenberg réussit parfaitement à rendre perceptible le poids de leurs passés respectifs, et leurs difficultés à trouver leur place dans ce monde.

Il échoue en revanche à donner corps à cet engrenage qui va mener au chaos. Le portrait croisé de ces deux paumés est passionnant. La charge sociale et politique, critique d’une société radicalisée, est nettement moins convaincante. Reste de beaux moments intimes, et le sentiment déchirant du gâchis que laisse planer le mot Fin.

Le Président – d’Henri Verneuil – 1961

Posté : 15 octobre, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, GABIN Jean, VERNEUIL Henri | Pas de commentaires »

Le Président

Un ancien président du Conseil vit sa retraite dans sa demeure reculée de l’Eure. Alors qu’il écrit ses mémoires, il se souvient de son dernier combat de président, de ses rêves prématurés d’Europe, de ses ambitions, et des trahisons…

Le Président est adapté d’un Simenon atypique. Pas de petites gens pour une fois, mais un homme qui fut tout puissant et que le cynisme a fini par vaincre… ou presque. Verneuil en tire un film un peu sage souvent, mais dont la langueur finit par créer un sentiment bien agréable, sur le fil.

Michel Audiard lui-même met plutôt la pédale douce. Quelques répliques sont mémorables (« Il y a des patrons de gauche, je vous l’apprends – Oui, comme il y a des poissons volants, mais ils ne dominent pas l’espèce ! »), mais les bons mots ne dominent jamais le sens.

Cette langueur de la retraite du président est émaillée de flash-backs plus tendus, plus passionnés : ce baroud d’honneur d’un Gabin fabuleux en chef d’état amoureux de son pays, qui affronte tout un parterre de politiciens intéressés lors de ce qui reste l’un des plus beaux discours politiques du cinéma.

Le film manque sans doute d’intensité, et la mise en scène de fièvre. Mais cette séquence de Gabin pointant du doigt les intérêts personnels et les connivences des députés, tout en vantant les mérites d’une Europe à construire, reste un superbe fantasme démocratique. De ces moments qui donnent envie de se lever et d’applaudir.

A l’inverse, Blier est formidable (lui aussi) en symbole de cette politique tournée vers l’ambition personnelle. Sa déroute, in fine, renforce la tendresse que l’on ressent pour ce vieux président, ravi d’en avoir encore sous le pied, malgré tout.

La Deuxième Femme (The Second Woman) – de James V. Kern – 1950

Posté : 14 octobre, 2020 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, KERN James V. | Pas de commentaires »

La Deuxième Femme

« J’ai rêvé l’autre nuit que je revenais à Manderley », dit la voix off féminine qui ouvre… un autre film que celui-ci, autrement plus célèbre et mille fois copié. Mort Briskin et Robert Smith ont vu Rebecca, on doit pouvoir l’affirmer sans risque de se tromper, tant leur scénario s’inscrit dans la droite lignée du classique d’Hitchcock.

Même voix off donc, même importance d’une spectaculaire habitation réduite en cendres, même poids d’une femme disparue qu’on ne verra jamais (ou si peu). La Deuxième Femme n’est pas pour autant un plagiat, non. Plutôt un hommage appuyé au cinéma d’Hitchcock, que le réalisateur James V. Kern maîtrise lui aussi parfaitement : la psychanalyse du … Docteur Edwardes ou les doutes de Soupçons sont dans l’air, au point de se demander où donc Robert Young a posé son verre de lait quand il gravit l’escalier de la maison vers la chambre de celle qu’il aime.

Très référence, donc, surtout que le film flirte aussi du côté du Fritz Lang de ces années là (Le Secret derrière la porte). Mais pas désagréable pour autant. Kern n’est ni Hitchcock, ni Lang, c’est un fait. Et son film n’a pas la fluidité ni l’intensité de ses références. Mais ce petit noir malin réussit à surprendre, et séduit souvent. Robert Young n’y est pas pour rien. En antihéros faussement insouciant et vraiment névrosé, il est parfait.

Batman v. Superman : l’aube de la justice (Batman v Superman : Dawn of Justice) – de Zack Snyder – 2016

Posté : 13 octobre, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, COSTNER Kevin, FANTASTIQUE/SF, SNYDER Zack | Pas de commentaires »

Batman v Superman

Dès l’ouverture du film, Zack Snyder marque des points par rapport à son précédent blockbuster. Le côté désincarné de Man of Steel ? Il en fait le sujet de cette suite qui décale le point de vue. Superman est un héros inhumain, trop romantique et spontané pour appréhender toute l’ampleur de ses actes. Batman est tout le contraire.

Voilà pour le contexte, dont la scène d’ouverture trouve les racines dans la dernière séquence du film précédent. En faisant glisser le point de vue, Snyder lui donne une dimension nettement plus humaine, plus dramatique, plus sombre.

La suite a les défauts de Zack Snyder : un esthétisme jusqu’au-boutiste qui repose trop sur les effets numériques pour ne pas être un peu froid ; une incapacité à créer un mouvement réellement fluide entre deux séquences fortes… Mais Batman v. Superman prend nettement plus le temps de suivre ses personnages. Comme si, au fond, Bruce Wayne intéressait plus Snyder que Clark Kent. On le comprend.

A vrai dire, le personnage de Wayne/Batman cristallise tout le mal que l’on pensait du premier film, comme si, au choix : Zack Snyder se rachetait avec ce personnage du nanar qu’il avait commis ; ou Man of Steel n’était en fait qu’une ébauche, ou plutôt une base nauséabonde destinée à donner du sens à l’affrontement à venir entre les deux super-héros.

L’affrontement lui-même tient plutôt ses promesses. Du point de vue de Batman en tout cas, toujours de son point de vue. L’animosité qui l’habite à l’égard de l’homme de Krypton est assez bien vue. La réciproque, en revanche, est difficile à comprendre.

Comme est difficile à comprendre la présence de Wonder Woman, dont on se demande bien ce qu’elle fout là. En fait non, on le comprend trop bien : du teasing pour un Justice League à venir. Une fois l’affrontement promis par le titre tué dans l’œuf, reste trois bons quarts d’heure pour préparer la réponse de DC à Marvel : trois quarts d’heure de grand guignol explosif et kitsch, avec un monstre grotesque et les travers retrouvés du précédent film.

Trois quarts d’heure interminables qui feraient presque oublier les bons points du début : le temps que Snyder se permettait de prendre, et la présence assez intense et convaincante de Ben Affleck, qui rend Batman humain. Et on notera que je n’ai pas dit un mot sur la prestation de Jesse Eisenberg en Lex Luthor. Pas si mal, donc, mais la Justice League, ce sera sans moi…

La Doublure (The Stunt Double) – de Damien Chazelle – 2020

Posté : 12 octobre, 2020 @ 8:00 dans 2020-2029, CHAZELLE Damien, COURTS MÉTRAGES | Pas de commentaires »

La Doublure

Une petite chose pas si anecdotique. Damien Chazelle signe son film sur iPhone, participant ainsi à la campagne de com d’Apple. Soit. Mais le résultat est assez enthousiasmant. Filmé sur iPhone, donc. Et surtout, destiné à l’iPhone, ou aux smartphones en général. La Doublure illustre en creux l’absurdité de regarder un film sur un écran de poche…

La taille et la dimension de l’écran ne sont pas des détails, pas plus que la posture du spectateur. Chazelle cadre et pense son film pour un petit écran vertical, et pour un spectateur pas captif. Le rythme est donc rapide, saccadé, les scènes s’enchaînent comme si on passait d’un site à l’autre, et tout est construit avec ce long cadre vertical.

C’est l’histoire d’un cascadeur, une doublure, qui réalise en sautant du toit d’un immeuble que son parachute est cassé. Durant la chute, aussi verticale que le sont les gratte-ciels, il repense au passé, à ce que furent les doublures depuis le temps du muet, jusqu’à l’ère des blockbusters…

Et c’est un joli hommage au cinéma que signe Chazelle, qui passe par tous les genres (américains), sans oublier bien sûr la comédie musicale, SON morceau de bravoure. C’est plus qu’une curiosité : un petit plaisir aussi fugace que gourmand.

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