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Elephant Man (The Elephan Man) – de David Lynch 1980

Classé dans : 1980-1989,LYNCH David — 27 juillet, 2020 @ 8:00

Elephant Man

OK… Celui qui sort d’Elephant Man les yeux secs est un monstre. En larmes, bouleversé par le destin de cet homme difforme, mais tellement plus humain que tous ceux qu’il croise. Jamais, sans doute, dans toute l’histoire du cinéma, la vision d’un homme préparant son lit pour la nuit n’a été si déchirante…

Avec Elephant Man, David Lynch signe un film très à part dans son œuvre, sans doute très personnel pour ce cinéaste si à la marge. L’histoire vraie de John Merrick, ce jeune Anglais aux malformations si monstrueuses qu’elles font de lui une bête de foire, est pour lui la matière à un film magistral sur la place des êtres différents dans la société.

Bien sûr, les monstres ne sont pas ceux qu’on croit. Ce n’est en tout cas pas John Merrick, « freak » traité comment un animal dont ont fait référence en utilisant « it » plutôt que « he », et qu’un brillant chirurgien vient tirer de sa terrible condition. Mais pourquoi le fait-il ? C’est aussi pour Lynch l’occasion de creuser ce thème de la monstruosité. En introduisant Merrick dans la bonne société, le Dr Travers ne continue-t-il pas à en faire une bête de foire ? Même si Merrick découvre le bonheur, la démarche est-elle juste ? Le seul fait de poser la question fait du film (comme du personnage) une œuvre profondément humaine.

John Hurt est bouleversant malgré les tonnes de latex. Anthony Hopkins est intense en scientifique plein de doutes… Autour d’eux, beaucoup de seconds rôles qui révèlent ce qu’il y a de meilleur et de pire dans l’être humain. Le meilleur, c’est peut-être la femme de Travers, bienveillance incarnée, dont les larmes de compassion sonnent comme un feu vert pour notre propre système lacrymal.

Lynch signe l’un de ses films les plus directs, les plus simples d’un point de vue narratif. Il le fait par une succession de séquences visuellement superbes (le noir et blanc est somptueux, magnifique travail du chef opérateur Freddie Francis) qui s’achèvent le plus souvent par un fondu au noir qui, loin d’être artificiel, semble fixer une émotion brute. Et nous vrille le cœur.

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