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Archive pour mai, 2020

Sept ans de réflexion (The Seven Year Itch) – de Billy Wilder – 1955

Posté : 6 mai, 2020 @ 8:00 dans 1950-1959, WILDER Billy | Pas de commentaires »

Sept ans de réflexion

C’est sans doute l’image la plus célèbre de Marylin Monroe, le symbole du glamour : l’actrice dont la spectaculaire robe blanche vole sur ses jambes largement dénudées, en passant au-dessus d’une grille de métro… Une image sexy en diable, autour de laquelle toute la promotion du film était (et est toujours) axée…

Sexy ? Glamour ? Innocente, surtout… Cette scène, mieux peut-être que toute autre, illustre le personnage purement innocent de Marylin, inconsciente de l’effet que provoque sa beauté et son corps si plein sur les hommes.

Véritable fantasme malgré elle… Le contraste entre l’innocence de la dame et l’image qu’elle dégage donne, comme souvent dans sa carrière, les plus beaux moments de 7 ans de réflexion. La manière dont elle évoque ses sous-vêtements gardés au frigo, ou sa mésaventure dans la baignoire, et le visage de Tom Ewell qui se décompose au fur et à mesure que des images mentales se forment…

Tom Ewell, homme marié dont la femme et le fils sont partis passer l’été à la campagne (belle scène d’au-revoir, avec ces baisers contrariés), le laissant seul dans un New York surchauffé, seul avec ses fantasmes masculins. Le film est tiré d’une pièce triomphale dont Ewell fut la star. D’où, sans doute, l’aspect très bavard du film, Ewell passant l’essentiel de ses scènes solo à parler seul, comme une voix off, mais pas off. C’est assez drôle, souvent, mais le procédé est aussi un peu lourd, et rappelle bien plus l’origine théâtrale que l’unité de lieu, presque respectée.

Assez magique quand Marylin Monroe est à l’écran, le film manque un peu d’allant quand Tom Ewell est seul. Pas grand-chose à lui reprocher, mais sans doute n’a-t-il simplement pas l’aura d’un grand acteur de cinéma…

Le film est en tout cas un bon exemple qui prouve que Wilder est aussi un grand cinéaste, et pas juste un grand scénariste. Il y a dans son film une vivacité, une richesse formelle remarquable, avec quelques trucages (simples) et surimpressions plutôt rares dans sa filmographie, qui donnent réellement forme aux fantasmes d’Ewell. Irrésistibles fantasmes…

Mauvaise graine – de Billy Wilder (et Alexander Esway) – 1934

Posté : 5 mai, 2020 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1930-1939, DARRIEUX Danielle, ESWAY Alexander, WILDER Billy | Pas de commentaires »

Mauvaise graine

Comme Lang, Wilder est passé par la France en fuyant le nazisme. C’est même là qu’il réalise son premier film, avant de partir pour Hollywood, où ses talents de scénaristes ont déjà été remarqués. Il mettra en revanche huit ans avant de repasser derrière la caméra…

Ce coup d’essai est pourtant, déjà, l’œuvre d’un grand cinéaste, un film plein de vivacité, à la maîtrise formelle impressionnante. Qu’il utilise les surimpressions pour souligner le trouble de son héros marchants dans les rues de Paris, ou le montage alterné pour faire monter le suspense lors d’une belle séquence de poursuite automobile… Wilder maîtrise parfaitement son sujet.

On peut même déjà parler d’une vraie signature. Pas encore celle de ses grands chefs d’œuvre : l’influence de Lubitsch n’est pas encore passée par là. Mais dans sa manière d’utiliser le montage et les ellipses courtes, Wilder donne un ton singulier à son film, l’art de ne pas filmer cet instant précis où les décisions sont prises… Des choix de mise en scène qui rythment constamment l’action.

Beau scénario, aussi, qui flirte à la fois avec la comédie et le film d’action, avec cette histoire d’un jeune homme trop gâté que son père veut remettre dans le droit chemin, mais qui se perd avec une bande de voleurs de voitures. Il y rencontre une toute jeune femme, dont le visage accroche déjà la caméra : Danielle Darrieux, 16 ans à peine, le visage encore un peu poupin.

Wilder a donc commencé sa carrière de réalisateur en dirigeant Darrieux, en France. Et dire que ce film reste une curiosité largement oubliée…

Maman de mon cœur (Mother Machree) – de John Ford – 1928

Posté : 4 mai, 2020 @ 8:00 dans 1920-1929, FILMS MUETS, FORD John, WAYNE John | Pas de commentaires »

Mother Machree

Ford est immense. Cela se mesure au bonheur que l’on a de voir cette rareté. Cela se mesure aussi à la frustration que l’on a de ne pouvoir en voir qu’une petite partie. Une petite demi-heure, soit quatre séquences, les seules à avoir survécu.

C’est déjà plus que la majorité des films muets de Ford bien sûr, mais c’est bien peu au vu de la beauté et de la puissance visuelle de ce qui reste. La première scène, surtout, qui trouve sa place dans le panthéon des grands moments fordiens.

Dans une Irlande telle que la rêve Ford, une femme de pêcheurs et son fils attendent le retour du père. La tempête éclate, le drame survient… Ce drame, Ford ne le filme qu’à travers le regard de cette jeune femme dont on pressent le destin tragique. La pluie qui martèle les carreaux, des éclairs comme des coups de poignards, et l’annonce du drame, qui se limite à l’apparition des tenants de l’ordre, prêtre et gendarmes…

Après une première séquence aussi forte, Ford réussit à garder une belle intensité. La veuve et son fils partent vers l’Amérique et croisent en route un ogre de cirque, le grand Victor McLaglen, qui tombe amoureux de la belle et la suivra de l’autre côté de l’océan. Leur relation donne quelques passages plus légers, plein d’humour et de tendresse. Mais, une fois sur le sol américain, c’est surtout le manque de l’Irlande qui se dégage de ces deux-là.

En Amérique, où la mère courage ne retrouve pas l’humanité de la Verte Érin. Pas de grandes scènes dramatiques ou lyriques pour illustrer ce manque : juste un escalier interminable que notre héroïne, fatiguée, ne gravit que pour trouver porte close.

Dommage, quand même, qu’une grande partie du film ait disparu. La dernière séquence nous retrouver notre héroïne des années plus tard, dans une grande demeure dont on ne comprend pas trop si elle en est la propriétaire ou si elle y est gouvernante, ni de quoi parlent les jeunes gens qui s’y retrouvent.

Ce qu’on comprend en voyant le film, en revanche, c’est que son fils est devenu un jeune homme à la belle prestance, et qu’il chante (bien) une jolie chanson à la gloire des mères courages, un chant (seul passage vraiment sonore dans ce film muet) qui émeut la maman aux larmes. Rideau…

Les Chevaliers de la Table ronde (Knights of the Round Table) – de Richard Thorpe – 1953

Posté : 3 mai, 2020 @ 8:00 dans 1950-1959, THORPE Richard | Pas de commentaires »

Les Chevaliers de la Table ronde

Ah ! ces épées qui s’enfoncent entre le corps et le bras, et ressortent immaculées… Ah ! ces soldats qui meurent après avoir reçu un simple coup sur le casque… Ah ! ces mêmes décors que l’on recycle pour filmer deux châteaux différents… Ah ! ces grandes productions prestigieuses des années 50, ce Technicolor flamboyant, ce Cinemascope qui n’en finit pas de s’étirer. Et ce charme, ce rythme…

Malgré tous les défauts qui sautent aux yeux aujourd’hui, ces Chevaliers de la Table ronde ont quand même bien belle allure. Y compris les scènes de batailles, qui compensent une mollesse de l’action indéniable par une intelligence de la mise en scène, et un rythme impeccable. A peu près l’inverse des grandes scènes foutraques et hyper-violentes à la Ridley Scott, souvent impressionnantes mais totalement illisibles.

Réalisateur pas toujours enthousiasmant, Richard Thorpe s’empare avec passion et gourmandise du mythe de Camelot, d’Excalibur et de la table ronde. Tous les personnages sont présents, certains au premier plan, d’autres un peu sacrifiés. Mais l’essentiel est bien là, concentré autour de l’amitié tragique entre Arthur (Mel Ferrer) et Lancelot (Robert Taylor), et de leur amour pour la belle Guenièvre (c’est Ava Gardner, alors forcément).

Ferrer et Taylor qui donnent une belle grandeur à leurs personnages, pourtant engoncés dans des costumes très colorés et des armures scintillantes du plus bel effet ! Bref, qui évitent on ne sait trop comment à éviter le kitsch assumé du film. Beau miracle, comme seule la machine hollywoodienne sait en créer.

Spéciale Première (The Front Page) – de Billy Wilder – 1974

Posté : 2 mai, 2020 @ 8:00 dans 1970-1979, WILDER Billy | Pas de commentaires »

Spéciale Première

Un succès facile, le film le moins ambitieux de son auteur… The Front Page n’a pas vraiment bonne réputation. Tournée par Wilder après deux échecs (injustes : ceux de The Private life of Sherlock Holmes et de Avanti !, deux réussites), cette comédie n’apparaît, c’est vrai, pas comme un risque énorme, nouvelle adaptation d’une pièce très populaire qui a déjà donné un classique, La Dame du Vendredi.

Facile ou pas facile, le film a toutes les qualités de la veine comique de Wilder : un sens du rythme extraordinaire, une manière de filmer des répliques qui fusent, digne de son maître Lubitsch, tout comme cette capacité qu’il a de mêler le rire et l’émotion, ou de faire émerger une gravité inattendue des pures situations comiques.

Une manière aussi de suspendre le rire sur une gêne soudaine, qui se transforme bientôt en sentiment de révolte, puis en dégoût… C’est le cas dans la salle de presse de la prison, où se déroule l’essentiel de l’intrigue, et où d’un coup, le personnage de la brave pute à deux dollars (pour reprendre sa propre expression) prend une gravité déchirante…

La pièce, co-écrite par Ben Hecht (à qui un dialogue rend un hommage grinçant) raconte l’histoire d’un journaliste décidé à raccrocher pour se marier (avec la jeune Susan Sarandon) mais que son rédacteur en chef a bien l’intention de retenir en utilisant les stratagèmes les plus retors. Deux rôles en or pour Jack Lemmon (le journaliste) et Walter Matthau (le rédac chef), grand duo comique que Wilder avait créé avec La Grande Combine, et qu’il retrouvera pour son ultime film, Buddy Buddy.

L’enthousiasme de l’un, le cynisme de l’autre… Deux facettes exacerbées du journalisme. Le métier en prend un sacré coup devant la caméra de Wilder. Comme toujours, pourrait-on dire : Kirk Douglas dans Le Gouffre aux chimères était déjà une vision franchement détestable du journalisme. Au moins ici sont-ils sympathiques, malgré tout. Parce que Wilder les filme avec un regard amusé. Cynique, oui, terriblement même. Mais amusé malgré tout, quelles que soient les horreurs qu’ils débitent (et Matthau n’est pas avare en horreurs).

Le film est en tout cas une merveille de comédie, portée par de grands acteurs, au rythme impeccable, sorte de bilan de l’œuvre wilderienne. Succès facile ? Pas tant que ça. La preuve : le film a été un bide.

Avanti ! (id.) – de Billy Wilder – 1972

Posté : 1 mai, 2020 @ 8:00 dans 1970-1979, WILDER Billy | Pas de commentaires »

Avanti

Après l’échec public de The Private life of Sherlock Holmes, Wilder et son comparse I.A.L. Diamond retrouvent une veine, et un acteur, qui leur ont réussi : la comédie de mœurs, et Jack Lemmon donc, pour une plongée amoureuse dans l’Italie la plus séduisante qui soit.

Il y a aussi un peu de One, two, three dans cette histoire d’un riche héritier pressé qui ne quitte les Etats-Unis que pour récupérer le corps de son père, mort lors de ses vacances à Ischia, une petite ville côtière pleine de charmes.

Sauf que, très vite, Wilder glisse quelques détails décalés qui annoncent la dérive à venir. Dès la première séquence, dans l’avion, muette et brillante, la « Wilder touch » est éclatante : ce pull rouge affreux sur un fauteuil orange, l’homme d’église terrorisé à l’idée de s’écraser, ou cet autre passager aux verres de lunettes énormes… Des petits riens, mais qui donnent un ton, un décalage, irrésistibles.

Il y aura donc une dérive… Celle d’un homme dont la vie bien rangée va lui sauter au visage, non comme une claque, mais comme une bouffée d’air frais. Cet homme si pressé qui découvre que ce père si droit vivait depuis dix ans une histoire d’amour avec une femme rencontrée en Italie. Chaque année, après onze mois offerts à la société (et à la famille), les deux amoureux s’accordaient un mois de bonheur…

Déstabilisant, forcément, pour un homme qui ne laisse pas la moindre place pour la surprise ou l’imprévu. Surtout qu’il l’apprend en compagnie d’une jeune femme… qui s’avère être la fille de celle qui est morte au côté de son père. Et qui en sait plus que lui sur ce dernier. Une femme bien loin de son idéal, qu’il appelle « fat ass » dans un élan d’autoritarisme…

« Je ne sais pas si vous avez remarqué : j’ai un problème de poids.
- Oh oui, j’ai remarqué ! »

C’est qu’il est odieux, Lemmon, balançant mine de rien quelques horreurs (« All the time that we thought he was getting cured, he was getting laid… »). Odieux, et pourtant attachant. Wilder n’en fait pas un monstre. A petites touches, il laisse entrevoir une humanité dont on sait bien qu’elle va finir par prendre le dessus, le confrontant à un douanier trop zélé, ou à un coroner mécanique.

C’est un film très wilderien, dans son rythme et dans sa manière d’invoquer le passé des personnages (des morts, en l’occurrence). C’est aussi l’une de ces romances improbables, comme Sabrina, entre un homme très riche et une femme très pétillante (Julia Mills, irrésistible, et physiquement aux antipodes d’Audrey Hepburn). C’est enfin un film très beau, où la comédie la plus cartoonesque flirte souvent avec l’émotion. Enthousiasmant…

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