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L’Odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of St. Louis) – de Billy Wilder – 1957

Classé dans : 1950-1959,STEWART James,WILDER Billy — 21 mai, 2020 @ 8:00

L'Odyssée de Charles Lindbergh

On n’attendait pas Wilder dans un tel projet, relativement hagiographique : l’histoire de la mythique traversée de l’Atlantique par Charles Lindbergh, d’après les mémoires de ce dernier. Le film occulte complètement tout ce qui n’a pas trait à l’aviation, tous les aspects détestables du personnage. Le choix est radical, et payant : qu’importe finalement la personnalité de Lindbergh, ce n’est pas l’homme qui intéresse Wilder, mais la grandeur de l’épopée.

On n’attendait pas Wilder sur ce terrain. Pourtant, le film est une grande réussite, et un film qui porte très clairement la patte de son auteur. Dans les quelques moments de comédie bien sûr, en particulier une irrésistible et courte séquence sur un aérodrome militaire, avec Carleton Young en officier exaspéré. Mais aussi dans quelques détails typiquement wilderiens, qui rattachent Lindbergh, seul dans son cockpit, à l’humanité qu’il a quittée en décollant: ce miroir si important, ou cette mouche avec laquelle se noue un dialogue inattendu.

Wilder est un auteur complet. Son film est aussi remarquable pour l’intelligence de son scénario que pour la précision de sa mise en scène, y compris dans les longs passages où Lindbergh est seul dans son avion, où l’intérêt est constamment relancé par un incident, un sourire, un plan inattendu.

James Stewart fait aisément oublier qu’il a vingt-cinq ans de trop pour son rôle. Les cheveux peroxydés, l’œil toujours aux aguets, cette moue qui passe si aisément du sourire à l’inquiétude… Il est (forcément) formidable dans ce rôle iconique, dont il ne retient justement que cet aspect d’icône, avec une humanité magnifique. Et un beau mélange de gravité et de légèreté, comme lorsqu’il lance aux pêcheurs qu’il survole : « Which way to Ireland ? » et se demande pourquoi ils ne lui répondent pas…

On connaît la fin. Sans vouloir spoiler outre-mesure : il va le traverser, cet océan atlantique. Pourtant, on vit l’incertitude, les angoisses, les rêveries de ce personnage confronté à lui-même, qui se remémore les événements qui l’ont amené à traverser cette immensité d’eau enfermé dans un espace si petit. On tremble avec lui, on piquerait presque du nez avec lui, et on ressent une émotion immense lorsqu’on découvre les paysages (si caricaturaux) d’Irlande, où qu’on survole enfin Paris (si caricaturale).

Cette année-là, Wilder touche à tous les genres : la comédie (Ariane), le drame judiciaire (Témoin à charge) et l’odyssée humaine. Avec la même intelligence, la même intensité, et la même réussite. Un grand, définitivement.

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