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Archive pour le 19 mai, 2020

Bonjour (Ohayō) – de Yasujiro Ozu – 1959

Posté : 19 mai, 2020 @ 8:00 dans 1950-1959, OZU Yasujiro | Pas de commentaires »

Bonjour

Parce que leurs parents refusent de leur acheter une télévision, deux enfants décident de faire la grève de la parole. Le thème était déjà présent dans Gosses de Tokyo, film muet qu’Ozu a tourné en 1932, et dont Bonjour est, sinon un remake, au moins un prolongement. Une vraie comédie, où le rire prend des voies parfois inattendues, faites de postures de gamins et de pets sonores et foireux…

Comme dans Gosses de Tokyo, Ozu s’amuse à dresser le parallèle entre adultes et enfants. D’une manière sans doute moins évidente ici, mais quand même : ce silence que s’imposent les enfants ressemble fort à une réponse aux phrases vides de sens des adultes.

Ces phrases vides de sens pour lesquelles Ozu a visiblement beaucoup d’affection : quand il y a du sens, c’est souvent à mots cachés, et à mots cinglants. Les échanges entre ces femmes qui vivent dans un quartier japonais traditionnel se font de grands sourires, mais pour mieux sortir des horreurs. Les phrases « pour ne rien dire », elles, sont chargées d’émotion, de bienveillance et d’amour.

Comme souvent chez Ozu, il y a l’irruption de la modernité dans un Japon traditionnel. Si cette opposition est nuancée, Ozu affiche quand même une certaine attirance pour les modes occidentales (la télévision ici, mais aussi l’immeuble en béton, filmé comme un havre de sérénité loin des ragots), tout en ayant une certaine tendresse pour la tradition.

Ce décor de maisons japonaises que surplombe un immense talus, relié à la ville par des câbles électriques, on l’a vu plus d’une fois dans le cinéma d’Ozu. C’est aussi ce qui est beau chez lui : cette capacité à nous emmener dans son univers, de nous y mettre à l’aise, en terrain connu, mais pour mieux nous y bousculer, à petites touches.

En l’occurrence, il le fait avec beaucoup d’humour. C’est très drôle, mais c’est aussi plus que ça. C’est la vie, avec ses faux-semblants, ses moments d’angoisse, ses accès de bien-être. C’est la vie de ce quartier que narre Ozu à sa manière si simple en apparence, mais si pleine de vie justement, avec ses personnages qui se croisent constamment. C’est visuellement somptueux avec ses lignes verticales omniprésentes. Du grand art.

 

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