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Archive pour le 5 mars, 2020

Sous les toits de Paris – de René Clair – 1930

Posté : 5 mars, 2020 @ 8:00 dans 1930-1939, CLAIR René | Pas de commentaires »

Sous les toits de Paris

Trois hommes se disputent les faveurs d’une jeune paumée dans un quartier populaire de Paris… Pour son premier film parlant, René Clair fait le choix de la simplicité et de la sobriété côté histoire : pas de grande intrigue, pas non plus de grands enjeux, juste des rencontres, des attirances, des affrontements…

On est en 1930, année où le cinéma français hésite souvent entre muet tardif et parlant trop parlant. Clair, lui, fait le pari d’éviter soigneusement tous les pièges de cette nouvelle technologie encore bafouillante. Loin du théâtre filmé, il privilégie au contraire les grands mouvements de caméra qui mettent en valeur de spectaculaires décors, et la verticalité des lieux.

Dès le premier plan, et jusqu’au tout dernier, Clair s’attache à filmer la ville aussi bien horizontalement, avec les dédales des ruelles, que verticalement, avec ces façades et ces escaliers qui, toujours, témoignent d’une vie sur plusieurs étages. Des mouvements de caméra qui tranchent radicalement avec la simplicité du propos.

Clair choisit aussi de privilégier la musique aux dialogues. Ce sont les chansons que l’on chante dans les rues, ou les musiques que l’on passe sur des tourne-disques dans les appartements, qui font avancer l’histoire. Le personnage principal, joué par Albert Préjean, est d’ailleurs un chanteur de rues que l’on découvre chantant « Sous les toits de Paris » au cœur de ce quartier qui sera le lieu principal de l’histoire.

Clair filme longuement ces chansons, alors qu’il expédie les dialogues, la plupart étant même muets (sans cartons). Choix audacieux qui concentre toute l’attention sur l’aspect visuel du film. Une réussite.

Dans ce film qui oscille constamment entre gravité et légèreté, il y a notamment une scène de bagarre nocturne particulièrement saisissante, où la brutalité du moment est soulignée par la présence d’un train dont on ne perçoit que le bruit assourdissant et la lumière aveuglante, mais qu’on ne voit jamais vraiment. Une belle démonstration de la manière dont René Clair maîtrise le langage cinématographique. Toute la réussite du film réside dans cette maîtrise.

 

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