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Un carnet de bal – de Julien Duvivier – 1937

Classé dans : 1930-1939,DUVIVIER Julien — 23 février, 2020 @ 8:00

Un carnet de bal

A la mort de son mari, auprès duquel elle a vécu quinze ans de luxe mais de solitude, une jeune veuve retrouve le carnet de son premier bal, celui de ses 16 ans. Elle décide de partir à la recherche de ses anciens aspirants, renouant avec les promesses de son passé pour tenter de se construire un avenir.

La démarche de Christine, jouée par Marie Bell, est inattendue : cette jeune veuve qui se raccroche tardivement à son pouvoir de séduction d’autrefois. Celle de Julien Duvivier est passionnante. Avec ce voyage sur les traces de son passé, le cinéaste s’offre une sorte de film à sketchs (une première dans le cinéma français), qui n’en est pas tout à fait un, mais dont les différents épisodes lui permettent de fascinantes ruptures de ton.

Il y a Raimu, truculent, et Fernandel, son éternel sourire sur les lèvres… Mais c’est Duvivier, et la légèreté cache toujours un fond plus grave. Quand il y a de la légèreté, ce qui est loin d’être toujours le cas. On s’en rend compte dès la première « escale » de Christine, avec cette mère (Françoise Rosay) qui vit dans le déni de la mort de son fils, rencontre terrible et bouleversante…

Il y a aussi l’ancien amoureux éconduit devenu homme d’église autant par dépit que par conviction (Harry Baur, superbe), cet ancien étudiant trop honnête devenu escroc à la petite semaine (Louis Jouvet, formidable), ou encore ce séducteur devenu guide de haute montagne (Pierre Richard-Willm)…

Chacune de ces rencontres égratigne un peu plus l’image que Christine avait gardé de son premier bal. Quel est le moment le plus dur ? Cette rencontre avec l’ancien médecin devenu faiseur d’anges, et véritable épave (Pierre Blanchar), que Duvivier filme avec d’étranges plans de travers ? Ou ce retour dans la salle de bal où Christine réalise à quel point ses souvenirs étaient idéalisés ?

Malgré la construction très séquencée, Duvivier donne à son film un mouvement d’une cohérence parfaite, comme un défilé de fantômes qu’il annonce dès les premières scènes, par une série d’images envoûtantes, d’une grande poésie : les ombres des danseurs qui se dessinent sur les murs, puis ces couples qui se lancent dans une valse intemporelle, avec un ralenti qui crée le trouble.

Un carnet de bal est une merveille, un film inoubliable qui est bien plus d’une suite de moments inoubliables. Ce qu’il est aussi.

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