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Archive pour le 5 février, 2020

La Ballade de Buster Scruggs (The Ballad of Buster Scruggs) – de Joel et Ethan Coen – 2018

Posté : 5 février, 2020 @ 8:00 dans 2010-2019, COEN Ethan, COEN Joel, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Ballade de Buster Scruggs 1

Retour au western pour les frères Coen. Après le magistral True Grit, les frangins les plus enthousiasmants du 7e art signent leur premier film à sketch. Un genre auquel ils ont déjà participé à deux reprises (Paris je t’aime et Chacun son cinéma). Cette fois, et pour la première fois, ils ont l’occasion de varier les tons et les styles, en livrant leur(s) vision(s) de l’Ouest sauvage. Et c’est ébouriffant.

1. La Ballade de Buster Scruggs (The Ballad of Buster Scruggs)

Un cowboy tout de blanc vêtu qui chante et joue de la guitare sur son cheval… Un saloon perdu au milieu de nulle part… Dès ce premier segment, on voit bient que le retour au western des frères Coen n’a rien d’une redite.

Cette anthologie, qui aurait pu être déclinée en série télé, s’ouvre sur une ballade aussi décalée que visuellement somptueuse. Dans l’esprit, ce pourrait presque être du Lucky Luke, si les morts ne s’amoncelaient pas dans des détails volontiers gores.
Mais visuellement, quelle maîtrise. Si le ton très décalé a quelque chose de trop artificiel, les Coen nous régalent d’emblée avec un esthétisme somptueux. Un exemple : Tim Blake Nelson qui entre dans le saloon et s’époussette. Et c’est comme s’il laissait une partie de lui-même derrière lui…

2. Près d’Algodones (Near Algodones)

Après le saloon coupé de tout, la banque au milieu de nulle part, pour un braquage qui ne ressemble à aucun autre.
James Franco campe un voleur pendu deux fois, mais qui réchappe en passant à une tuerie de Comanches venus d’on ne sait où.

Moins ouvertement clownesque que le premier segment, celui-ci joue pourtant la carte de l’absurde. S’en dégage pourtant une étrange nostalgie, sans qu’on sache vraiment pourquoi. Déroutant !

3. Ticket repas (Meal ticket)

Le conte suivant lorgne du côté du Freaks de Tod Browning, avec Liam Neeson en artiste ambulant qui balade de bled en bled un comédien sans jambe et sans bras, dont les prestations attirent de moins en moins de monde.

Quasi-muet, si ce n’est, toujours, les mêmes tirades sorties inlassablement par l’artiste-tronc, ce segment hivernal est d’une cruauté bouleversante. Entre un Liam Neeson marmoréen (qu’on est heureux de revoir dans un vrai rôle, même aussi bref que celui-ci), et le lunaire Harry Melling, cette histoire absurde flirte constamment avec le comique, pour mieux faire ressortir le pathétique et la cruauté. Oui, comme Browning.

La Ballade de Buster Scruggs 2

4. Gorge dorée (All Gold Canyon)

Suit le soliloque intense d’un vieux chercheur d’or, dans une nature absolument splendide. Tom Waits est superbe dans ce rôle intense, seul à l’écran la plupart du temps. Un personnage qui a tous les aspects de la folie, mais qui révèle au final une humanité qui a à peine sa place dans ces décors encore vierges.

Au fil des segments, et malgré les ruptures de ton, les différences de rythme et les approches esthétiques parfois opposées, des thèmes commencent à surgir, à commencer par la solitude, le rapport à la nature et la présence constante de la mort.

5. La Fille qui fut sonnée (The Gal who got rattled)

Le segment suivant, le plus long de tous, est aussi peut-être le plus beau, le plus terrible. Parce qu’il concentre tout l’espoir du monde, et l’absurdité à la Coen.

C’est aussi le plus ancré dans un certain réalisme : l’histoire tragique d’une jeune femme ballottée par la vie, et par les chaos d’une caravane qui s’enfonce vers l’Ouest.

Zoe Kazan est bouleversante dans le rôle de cette jeune femme à qui la vie s’ouvre soudain, mais qui se heurte, encore, à la violence et aux menaces d’une nature pas encore domptée par l’homme.

6. Les Restes mortels (The Mortal Remains)

Après les grands espaces, place à un huis-clos étouffant, celui d’une diligence avançant dans une nuit noire. On retrouve là tous les thèmes du film : le théâtre, la mort, le destin…

Mieux, on y retrouve comme concentrés tous les thèmes qui hantent le cinéma des Coen depuis leur premier film. La Ballade de Buster Scruggs n’est pas seulement une anthologie westernienne, c’est aussi une promenade étonnante et assez fascinante dans l’univers des Coen, de O’Brother à Barton Fink

Alors que, pour la première fois, l’un s’apprête à signer un film sans l’autre (Macbeth, de Joel Coen tout seul), La Ballade de Buster Scruggs aurait-il quelque chose d’une œuvre-bilan ? Si c’est le cas, le résumé est facile à trouver : les frères Coen, quel que soit le genre et le ton, c’est du pur et du grand cinéma.

 

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