Play it again, Sam

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Archive pour janvier, 2020

Sur la piste des Apaches (Apache uprising) – de R.G. Springsteen – 1965

Posté : 11 janvier, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, SPRINGSTEEN R.G., WESTERNS | Pas de commentaires »

Sur la piste des Apaches

La légèreté avec laquelle les Indiens sont dégommés à la chaîne dans les premières minutes sont assez trompeuses. Oui, les Indiens ont, plutôt, le mauvais rôle, mais un dialogue, tout simple, entre deux blancs remet quand même les choses à leur place :

« Comment se débrouillaient-ils, ces Indiens, avant qu’on arrive ?
- Sans doute mieux que maintenant. »

Sur la piste des Apaches est un petit western sans grande ambition, série B avec des gueules qu’on aime bien (Rory Calhoun, Arthur Hunnicutt, Lon Chaney Jr…), des méchants caricaturaux (John Russell, Deforest Kelly), et une Corinne Calvet pas mal du tout. Une petite chose sans conséquence basée sur un scénario assez convenu : un voyage en diligence, des bandits qui prennent les voyageurs en otages, des Indiens sur le chemin de la guerre…

Mais tout ça est mené sans temps mort, et sans génie apparent. Cela dit, le film a été taillé à la serpe pour la diffusion télé d’autrefois, et il ne reste plus qu’une version pan&scannée qui ne rend sans doute pas justice à la mise en scène, qui semble par moments assez inspirée : des mouvements de caméra, du cadrage dynamique, qu’on ne peut que deviner, le Techniscope original étant réduit de moitié.

Tourné en 1965, le film est à la fois classique et sous influence de Sergio Leone (pour l’utilisation de la musique et quelques gros plans) et d’Anthony Mann (pour les décors naturels, en particulier dans la dernière séquence). Mais R.G. Springsteen évite les comparaisons qui seraient trop peu flatteuses, en prenant un parti-pris étonnant : la violence est, le plus souvent, hors champs. Elle n’en est que plus frappante.

Pékin Express (Pekin Express) – de William Dieterle – 1951

Posté : 10 janvier, 2020 @ 8:00 dans 1950-1959, DIETERLE William | Pas de commentaires »

Pékin Express

L’amour, la foi et la bonté, contre la haine, l’intolérance et la violence… Ou les valeurs belles et humanistes de la grande Amérique, contre le chaos qu’amène le communisme dans une Chine dirigée depuis peu par le Parti… Ce pseudo-remake du chef d’œuvre de Sternberg Shanghai Express ne fait pas vraiment dans la dentelle, dans sa manière de délivrer un message si souvent asséné par le Hollywood de ces années-là.

Un médecin pour qui toute vie est précieuse (Joseph Cotten, un peu absent par moments), la femme qu’il aime et qui est prête à se sacrifier pour lui (Corinne Calvet, belle mais jamais ni crédible, ni émouvante), et un prêtre bon et compréhensif et dépit de tout (le toujours sympa Edmund Gwen) d’un côté. De l’autre, un seigneur de la guerre sanguinaire derrière des abords suaves et un pilier du Parti obtus et colérique…

On peut comme ça multiplier les manières de résumer l’opposition binaire et caricaturale qui est au cœur du film, on en arrive toujours à la même conclusion : c’est binaire et caricatural. Manichéen au possible, simpliste, bref : douteux.

Seul le personnage de l’épouse du seigneur de guerre parvient à surprendre, et à séduire, en apportant une vraie humanité. C’est quand même un peu court pour faire oublier Marlene et la beauté sidérante du film de 1932. Même si William Dieterle s’en tire plutôt avec les honnête : sans transcender un scénario trop démonstratif et décidément trop simpliste, il signe un film de genre plutôt efficace, visiblement très inspiré par le film de Sternberg.

La filiation entre les deux films reste d’ailleurs l’aspect le plus intéressant de cette version 1951, en ce qu’elle montre comment l’image de la Chine a évolué à Hollywood. Quant à la présence centrale de ce train qui traverse un pays plein de dangers, elle permet à Dieterle de réussir quelques scènes d’atmosphère, les plus belles du film.

Vaindre ou mourir (Old Ironsides) – de James Cruze – 1926

Posté : 9 janvier, 2020 @ 8:00 dans 1920-1929, CRUZE James, FARRELL Charles, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Vaincre ou mourir

Réalisateur important de la fin du muet, James Cruze fait ici au film de pirates ce qu’il avait fait au western avec The Covered Wagon : il signe une grande fresque spectaculaire et ambitieuse, superproduction qui marquera durablement le genre.

Curtiz, Walsh et les autres devront beaucoup à ce Old Ironsides, aux scènes de batailles marines particulièrement impressionnantes. C’est qu’on est en 1926, et que ces années-là, le cinéma (muet, donc) atteint une première apogée. Le langage cinématographique touche à une sorte de perfection, et Hollywood n’hésite pas à mettre des moyens gigantesques dans ses films majeurs.

C’est clairement le cas ici, avec l’utilisation de vrais bateaux, de centaines de figurants (parmi lesquels Boris Karloff, dans le furtif rôle d’un pirate), et de trucages pyrotechniques qui en mettent plein la vue. Le film raconte la guerre menée par les jeunes Etats Unis aux pirates de Tripoli, en 1792, et c’est une plongée étourdissante au cœur de cette période que filme Cruze.

Les premières minutes sont pourtant loin d’être emballantes : on sent le cinéaste soucieux de ne pas trahir l’Histoire qu’il filme. Ces premières scènes ont quelque chose de la simple illustration, manquant de flamme. Cette flamme, elle vient finalement moins de l’action elle-même que des personnages, constamment au cœur du film. Avec, surtout, deux face-à-face tendus chacun à leur manière, qui donnent les plus beaux moments.

Celui entre Wallace Beery et George Bancroft d’abord, marins mal dégrossis dont l’affrontement rigolard et viril apporte une caution humoristique bienvenue. Et celui entre Charles Farrell et Esther Ralston, romantique et sensuel. Oui, sensuel.

Il y a une scène superbe au cœur du film. Farrell, à la barre du bateau, dévore des yeux la belle Esther Ralston, à qui le vent colle sa robe légère contre son corps, dévoilant ses formes. La tension sexuelle entre ces deux-là est alors extrême, dans une scène d’une sensualité folle.

Pour Cruze, tout est dans les détails. Avant la grande bataille finale, il montre un mousse étaler du sable sur le pont « pour éviter de glisser sur le sang », et les médecins préparant leur équipement pour opérer les futurs blessés. La bataille elle-même a beau être hyper spectaculaire, ce sont ces détails qui frappent le plus, et qui disent le mieux la violence à venir.

Paria de la vie (The Good Bad Man / Passing’ through) – d’Allan Dwan – 1916

Posté : 8 janvier, 2020 @ 8:00 dans 1895-1919, DWAN Allan, FILMS MUETS, WESTERNS | Pas de commentaires »

Paria de la vie

400 films au bas mot, 10 pour cette seule année 1916 (dont 8 longs ou moyens métrages)… Allan Dwan est un cas à part dans l’histoire du cinéma : un réalisateur qui tourne à une vitesse folle, et dont la filmographie recèle un nombre incroyable de pépites, souvent méconnues.

Ce Good Bad Man en est un parfait exemple. Sur le papier : un petit western de série sans grande originalité, l’histoire d’un voleur au grand cœur qui cherche à venger son père, tué il y a des années par un homme dont il ignore l’identité. A l’écran : un film visuellement impressionnant, d’une fluidité remarquable, et dont la maturité est celle d’un film des années 20, pas du milieu des années 10…

Pour être précis, la version que l’on connaît est sortie sur les écrans en 1923, après le triomphe de Robin des Bois du même tandem Dwan/Douglas Fairbanks. Une ressortie de circonstance, dans une version semble-t-il revue. Qu’importe : ce qui frappe avant tout, c’est l’utilisation des décors naturels, immenses et spectaculaires, dont la beauté est constamment renforcée par d’impressionnantes profondeurs de champs.

Dwan, qui a visiblement les moyens pour ce film, filme des mouvements de foule avec un rythme fou, et un soucis du détail assez rare pour l’époque : l’action, d’ailleurs, se déroule aussi bien à l’arrière-plan qu’au premier plan.

Belles ambiances, aussi, dans quelques rares scènes nocturnes, en particulier celle autour du feu de camps, au début du film, qui permet de planter le décor grâce à une série de flash-backs vifs et inspirés.

Douglas Fairbanks, son éternel sourire, ses dents immaculés… sont sans doute ce qu’il y a de plus daté dans ce film. Mais Dwan est l’un de ceux qui ont tiré le meilleur de la star, dévoilant par petites touches une fragilité cachée derrière la façade bravache.

Le Rideau de fer (The Iron Curtain) – de William A. Wellman – 1948

Posté : 7 janvier, 2020 @ 8:00 dans * Espionnage, 1940-1949, TIERNEY Gene, WELLMAN William A. | Pas de commentaires »

Le Rideau de fer

Juste un détail pour vous éviter un petit moment de flottement : non, le personnage interprété par Dana Andrews n’est pas une taupe infiltrée au sein des services secrets soviétiques, mais un vrai Russe. Cette petite précision méritait d’être faite, tant l’acteur (comme Gene Tierney d’ailleurs, à qui il est une nouvelle fois associé après Laura, et avant Mark Dixon détective) « fait Américain ».

C’est effectivement un problème, qui a son poids dans cette histoire (de pure propagande anti-soviétique, ou anti-communiste) dont les personnages sont quasiment tous des Russes envoyés au Canada à la fin de la deuxième guerre mondiale : le couple est tellement associé à l’histoire du film noir, genre si typiquement américain, et Andrews a des manières si virilement américaines, qu’on a du mal à les imaginer dans la peau d’un couple russe.

Quand cette idée commence malgré tout à l’installer, quand même, ce qui frappe alors dans cette histoire estampillée « authentique, tirée d’archives secrètes, et tournée dans les lieux même de l’action », c’est la mise en scène, intense et très stylisée de l’ami Wellman.
Un grand, définitivement, sorte de chaînon manquant entre Ford, Walsh et Hawks… Wellman transforme de simples face-à-face en moments de bravoure, par de superbes jeux d’ombres profondes.

Il les utilise avec jubilation, ces jeux d’ombre, qui soulignent le malaise grandissant dans l’esprit de ce pur produit de la grande union soviétique, qui découvre les joies du capitalisme et du confort de l’Ouest, au Canada où il arrive plein de préjugés.

Le message est clair, et pas très délicat, mais la manière est superbe. En temps que film politique, Le Rideau de fer est une œuvre très discutable qui n’évite aucun cliché, aucune facilité. En tant que film de genre, c’est une merveille de plus à l’actif de Wellman. Et avec un choix plutôt original : constituer la bande son de musiques écrites par des compositeurs russes.

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