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Danse Avec les Loups (Dances With Wolves) – de Kevin Costner – 1990

Classé dans : 1990-1999,COSTNER Kevin,COSTNER Kevin (réal.),WESTERNS — 17 janvier, 2020 @ 8:00

Danse Avec Les Loups

Il faut voir Danse Avec Les Loups dans sa version longue. Pas parce qu’elle est foncièrement meilleure que la version de trois heures sortie en salles, ni même parce que les scènes rajoutées ou rallongées apportent grand-chose à la compréhension de l’histoire (ou si peu). Non, simplement parce que cette version longue procure 45 minutes de bonheur et d’émotions supplémentaires, et que ça n’a pas de prix.

Oui, le premier film réalisé par Kevin Costner dure près de 3h45, et il n’y a pas le moindre gras, le moindre flottement, ni la moindre facilité, contrairement à ce que clamait un acteur français peu après la sortie du film en salles, en 1990, dans une interview donnée au supplément de fin d’année du magazine Studio. « Le triomphe de la facilité » lâchait-il laconiquement. Allez savoir pourquoi, l’ado que j’étais alors n’a plus jamais regardé cet acteur de la même manière.

C’était Thierry Frémont, à propos, et ce commentaire lapidaire reste pour moi totalement incompréhensible. Qu’on n’aime pas, qu’on s’y ennuie, qu’on y trouve même quoi que ce soit d’indigne, pourquoi pas. Mais la facilité ? Un western (tourné à l’époque la plus sinistrée pour le genre), d’une durée hors normes, volontiers contemplatif, et où les Indiens parlent (longuement) en langage sioux ? On fait plus facile pour un premier film…

Ah ! Et un détail que la grande histoire du cinéma ne retiendra peut-être pas : Danse Avec Les Loups a changé ma vie de cinéphile. C’est ce film-là qui, le premier, m’a fait comprendre, ou plutôt ressentir, la grandeur du cinéma, l’immensité des émotions qu’il pouvait procurer. Le revoir après pas mal d’années avait même quelque chose d’intimidant, et d’angoissant : il y a toujours un risque à revoir les films qui vous ont forgé étant jeunes.

Eh bien l’émotion est toujours aussi grande : oui, Danse Avec Les Loups, que sa durée condamne hélas à une sorte de purgatoire, est un film magnifique, audacieux, et d’une maîtrise impressionnante. Costner, qui s’offre le rôle de sa vie, réussit le mariage parfait de l’ampleur et de l’intime, avec ce portrait d’un lieutenant de l’armée nordiste qui choisit d’être muté à la Frontière, « avant qu’elle disparaisse », et qui s’y retrouve totalement seul, avec pour seule compagnie son cheval, un loup, et une tribu Sioux qui vit non loin de son avant-poste…

Danse Avec Les Loups, c’est l’histoire d’un homme qui doit renoncer à tout ce qu’il croyait être pour devenir celui qu’il est vraiment. C’est aussi l’histoire d’un peuple qui vit en totale harmonie avec son environnement, et dont la fin est proche. Costner n’angélise rien : tous les blancs ne sont pas des monstres, et les Indiens ont une sauvagerie qui glace le sang du bon colon. Mais son film fait ressentir avec une cruelle acuité la perte de cette harmonie, inéluctable pour construire l’Amérique.

Costner ne dénonce pas ouvertement, mais il constate avec honnêteté et amertume la douleur d’un peuple qui se sait condamner. Il n’y a peut-être que Ford, avec Les Cheyennes 26 ans plus tôt, qui avait su, et voulu, faire un film aussi fort et poignant sur la fin du peuple Indien, en tant que grande tragédie.

Surtout, il y a une humanité rare dans ce film, une manière de filmer les personnages avec une vérité proprement extraordinaire. Les Indiens bien sûr, loin de tous les clichés, que le film montre dans leur quotidien, dans leurs petits tracas, dans leurs rapports tendres et plein d’humours (une mention à Oiseau Bondissant, le sage joué par Graham Greene dont Costner filme les erreurs avec tendresse). Mais aussi les blancs : Timmons, le convoyeur vulgaire mais touchant, l’officier rendu dingue par l’isolement…

Réalisateur du film, personnage principal et central, Costner est tout ça à la fois, et ses casquettes se confondent : c’est le regard de John Dunbar (son personnage) qui est au cœur du film, c’est lui d’ailleurs qui sert de narrateur à travers son journal intime, et qui est (presque) de chaque scène. C’est son regard émerveillé et enthousiaste que l’on partage lorsqu’on découvre les plaines immenses, l’harmonie du camp sioux, ou plus tard le troupeau de bison qui traverse la nuit (un moment d’une beauté sidérante).

On pourrait parler longuement de l’harmonie et du sentiment de gâchis, de l’émotion qui se dégage de ce face-à-face au long cours entre Dunbar et le loup, de l’histoire d’amour entre le héros et la blanche élevée par les Sioux (Mary McDonnell), de la manière dont Costner filme l’évolution de son personnage ou de celle dont il filme les paysages grandioses. Ou encore de la superbe musique de John Barry… On peut aussi résumer en quelques mots : Danse Avec Les Loups est une merveille.

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