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The Two Jakes, piège pour un privé (The Two Jakes) – de Jack Nicholson – 1990

Classé dans : * Thrillers US (1980-…),1990-1999,NICHOLSON Jack — 9 octobre, 2019 @ 8:00

The Two Jakes

Même scénariste, même vedette principale, même décor, même esprit, même contexte, ou presque. Seize ans ans se sont écoulés entre Chinatown et cette suite, à peu près autant entre les actions des deux films. Et c’est un Los Angeles quasiment inchangé que l’on retrouve, ville tentaculaire où le désert se rappelle constamment au souvenir de ceux qui y vivent, ou y meurent.

Jake Gittes reste ce privé pas plus reluisant qu’un autre, qui fait son beurre des infidélités dont ses clients sont victimes. Les secrets cachés sont toujours aussi glauques et complexes. The Two Jakes serait un simple prolongement du classique de Polanski ? C’est en tout cas une suite aussi inattendue que fidèle. Mais cette suite n’oublie pas ces années écoulées. C’est que, pour les personnages, la guerre est passée par là. Le flic intègre en est revenu éclopé ; Gittes, lui, est devenu un riche privé à la tête d’une entreprise florissante.

Ces détails soulignent surtout le fait que le détective, même après toutes ces années, ne s’est jamais remis des événements du premier film. The Two Jakes est donc une vraie suite, en ce sens qu’elle n’existe vraiment que par rapport au film original. Une suite très réussie, à tous points de vue, mais dont le principal atout vient du plaisir qu’elle procure en tant qu’écho à un film qui fait partie du panthéon des films noir de son époque.

D’ailleurs, le film est hanté par le passé, comme son personnage principal, que Jack Nicholson retrouve avec une évidence et une conviction qui font regretter qu’il n’ait pas remis le couvert par la suite : le scénariste Robert Towne voulait en effet en faire une trilogie, projet enterré par le peu d’enthousiasme du public à la sortie du film. Ou depuis, d’ailleurs. Dommage pour Nicholson, dont la mise en scène n’a jamais été aussi élégante et inspirée qu’ici (il n’a tourné, il est vrai, que trois films, celui-ci étant son dernier), dommage aussi pour nous.

Il y a quand même quelque chose de profondément émouvant à voir Nicholson lui-même, alors au sommet (il venait de triompher dans Batman) signer la suite de ce classique, convoquant autour de lui quelques acteurs du film de Polanski… y compris Faye Dunaway, le temps d’une voix off forcément marquante. Et il réussit un beau film d’atmosphère, qui dès la première séquence marque à la fois sa filiation et sa différence, au son de la superbe chanson « Don’t smoke in bed ».

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