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Maldone – de Jean Grémillon – 1928

Classé dans : 1920-1929,FILMS MUETS,GRÉMILLON Jean — 25 avril, 2019 @ 8:00

Maldone

Maldone, modeste haleur devenu riche propriétaire terrien, serait-il plus heureux s’il avait gardé sa vie d’antan ? Oui, sans doute, tant sa vie est passée de la légèreté à l’ennuie, du partage à la solitude, et tant son sourire a laissé la place à un visage grave. Pesante, cette nouvelle situation.

Mais dans ce beau film naturaliste de Grémillon, la réponse n’est peut-être pas si simple. Maldone, plus tout jeune et pas très beau, est surtout un homme qui se voit en séducteur et en aventurier, prenant des poses et se rêvant en homme libre, avec cette soif de liberté qui l’a poussé, il y a vingt ans, à fuir ce destin tout tracé. Mais est-il vraiment heureux pour autant ?

Est-il vraiment dupe de l’attrait qu’il exerce sur Zita, la belle romanichelle ? Cette jeune femme dont il fait le symbole de son bonheur perdu, mais dont les regards entendus ne laissaient guère de doute sur ses réelles intentions vis à vis de cet homme un peu rustre, et peu séduisant.

Grémillon fait de Maldone un homme pas totalement attachant, un peu pathétique, et surtout peu raccord avec son âge : une sorte d’ado attardé au regard triste, seul et plein de rêves brisés. La mise en scène du cinéaste adopte dès les premières scènes l’absence de relief de cette vie morne et monotone.

La caméra de Grémillon suit parfaitement le rythme du drame. Pesante d’abord, s’attardant longuement sur ce canal fendant tout droit un paysage sans relief. Puis soumise à un rythme saccadé lorsqu’arrive le drame (la mort de ce frère qu’il n’a pas vu depuis si longtemps). Et virevoltante lors de cette parenthèse pleine de vie qu’est le bal populaire.

Cette fête de village, Grémillon la filme au plus près des danseurs et des musiciens. Et lorsque le vieux serviteur fait son entrée pour annoncer à Maldone qu’il a hérité du domaine familial, c’est l’odeur même de ces fêtes, cette atmosphère de partage et de joie, que Grémillon réussit à faire sentir.

Ce n’est pas le film le plus émouvant de son auteur. Mais le portrait de cet homme pas à sa place (joué par Charles Dullin) est touchant, et annonce d’une certaine manière d’autres personnages du cinéma de Grémillon, à commencer par Gueule d’amour.

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