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Archive pour le 16 avril, 2019

Le Cargo maudit (Strange Cargo) – de Frank Borzage – 1940

Posté : 16 avril, 2019 @ 8:00 dans 1940-1949, BORZAGE Frank | Pas de commentaires »

Le Cargo maudit

Un prisonnier multiplie les tentatives pour s’évader du bagne de Guyane où il croupit, et rencontre une belle entraîneuse de cabaret… Clark Gable, brutal et mal rasé ; Joan Crawford, vénéneuse et impeccablement maquillée même au milieu des marécages…

Borzage renoue avec le cinéma d’aventures, genre qui a marqué ses débuts derrière la caméra, et qu’il avait déserté depuis une bonne quinzaine d’années. Une récréation dans l’œuvre du cinéaste ? Le signe d’une panne d’inspiration ? L’envie d’un cinéma moins personnel ? Les premières minutes laissent effectivement penser que Borzage est, pour le coup, un simple faiseur sur ce véhicule taillé pour le couple star, réuni pour la huitième (et dernière) fois.

Et puis non. Certes, Borzage remplit le cahier des charges du bon film d’aventures, avec ses personnages rudes, son couple glamour, son suspense et ses scènes d’action. Mais avec Strange Cargo, le cinéaste signe aussi son film le plus mystique. Le plus religieux, même. La bascule se fait après la première évasion de Gable, et la soudaine apparition du personnage de Cambreau, sorti d’on ne sait où pour prendre la place de l’évadé dans les rangs des prisonniers…

Qui est ce Cambreau ? Un homme, un ange, un diable ? Borzage ne laisse guère planer le doute, multipliant les références bibliques par la seule force des images : la lumière qui vient frapper son visage à plusieurs reprises semble venir du Ciel ; celle, ouvertement christique, de Cambreau dans l’eau, comme crucifié, enfonce le clou. Ian Hunter est l’interprète idéal de ce personnage inattendu, lui à qui Borzage confiera encore un rôle de quasi-Saint de Billy the Kid, puis de révérend dans Smilin’ through.

Borzage n’est pas le seul cinéaste américain à accorder une si grande place à la religion et à la foi, loin s’en faut. Mais lui est peut-être le seul à savoir le faire aussi frontalement sans jamais tomber dans la niaiserie, et même en touchant du doigt la pure beauté. Grâce à sa délicatesse infinie, et à sa manière de faire naître l’intimité entre ses personnages. C’est encore une fois l’une des grandes forces de ce film, notamment sur la longue séquence du bateau, où la mise en scène et les cadrages font naître les couples en les isolant.

Ou comment faire d’un film de série taillé pour un couple de stars une œuvre originale, belle et personnelle…

 

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