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Trois camarades (Three comrades) – de Frank Borzage – 1938

Classé dans : 1930-1939,BORZAGE Frank — 14 avril, 2019 @ 8:00

Trois camarades

Confrontée aux chaos de l’époque (l’Allemagne des années 1920), les trois amis du titre n’échapperont pas aux tragédies, pas plus qu’ils n’apaiseront la société torturée dans laquelle ils vivent, ou n’éviteront le drame mondial qui se profile. Pourtant, et c’est toute la magie de Borzage, il se dégage de ce film dur et bouleversant une sorte d’optimisme intangible, mais bien réel.

Peut-être cet optimisme repose-t-il sur la camaraderie sans faille qui unit ces trois hommes (Robert Taylor, Robert Young et Franchot Tone) et cette jeune femme qui épouse l’un d’eux tout en complétant merveilleusement ce petit groupe. Sur le fait que ces humanistes, tous pacifistes à leur propre manière, restent constamment fidèles à leurs convictions profondes. Et sur la solidité à toute épreuve des sentiments, que la mort même ne peut pas remettre en question, ni même faire vaciller.

Oui, c’est du Borzage dans ce que cela peut avoir de plus pur et de plus beau. Une sorte de chaînon manquant entre Seventh Heaven et The Mortal Storm pourrait-on dire, même si le film fait partie d’un triptyque cohérent et sublime avec ce dernier et Little Man what now ?, où c’est l’apparition du Nazisme que filme Borzage à travers le triple destin de Margaret Sullavan, actrice magnifique de ces trois films.

Film typiquement borzagien donc, où une voiture est personnifiée comme le taxi de L’Heure suprême, où la pureté des sentiments a quelque chose de profondément mystique, et où le lyrisme contrebalance les remous impitoyables de l’histoire. On y est directement ici, avec cette histoire de trois vétérans de la Grande Guerre qui décident de prolonger dans la vie civile cette fraternité qu’ils ont trouvée sur le front.

Borzage est génial lorsqu’il s’agit de faire ressentir la vérité des personnages et de leurs sentiments. Il l’est tout autant lorsqu’il filme une époque, avec des images qui peuvent sembler caricaturales (le Paris de L’Heure suprême) mais qui, au contraire, concentrent la substantifique moelle de l’époque. Three comrades, chef d’œuvre intemporel, n’est pas un film qu’on peut qualifier de réaliste. Il s’en dégage pourtant une vérité bouleversante.

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