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Gran Torino (id.) – de Clint Eastwood – 2008

Classé dans : 2000-2009,EASTWOOD Clint (acteur),EASTWOOD Clint (réal.),POLARS/NOIRS — 2 avril, 2019 @ 8:00

Gran Torino

Lorsque Clint Eastwood a commencé le tournage de Gran Torino, une rumeur persistante voulait que l’acteur y renoue avec son personnage de Dirty Harry, abandonné vingt ans plus tôt. L’ex-inspecteur Callahan contraint de sortir de sa retraite paisible? La présence de la Ford Gran Torino, voiture mythique des années 70 (c’est celle de Starsky et Hutch) semblait renforcer cette hypothèse.

Et puis non. Mais la parenté est, quoi qu’on en dise, indéniable entre Harry et Walt Kowalski, vétéran de la guerre de Corée hanté par la violence de son passé. Un homme rude, taiseux et direct, dont les paroles ouvertement racistes ne sont qu’une façade, et qui a une certaine propension à sortir les armes. Cela étant dit, Walt et Harry, pas même combat.

Kowalski est un type qui ne demande rien à personne, si ce n’est qu’on le laisse siroter ses bières sur le porche de sa petite maison, en admirant sa Gran Torino impeccablement lustrée fièrement garée le long de sa pelouse. Une image très Américaine et très eastwoodienne, qui s’inscrit dans la longue évolution de son personnage des années 70 jusqu’au tout récent La Mule.

L’humaniste du type, son côté réac, la violence qu’il trimbale comme un boulet… C’est tout un pan de la culture américaine des Etats ruraux que symbolise Eastwood, ici d’une manière plus marquée peut-être que dans la plupart de ses autres films. On pourrait se sentir exclu, ou être agacé devant des valeurs qui peuvent sembler d’un autre temps. Mais il y a une telle sincérité là-dedans qu’on est séduit par ce baroud d’honneur plein de panache.

Eastwood aime ses personnages : ce vieux Kowalski, dont il fait une sorte de dinosaure grognant la moitié de ses répliques, mais aussi et surtout cette famille Hmong qu’il va aider à échapper à la violence des gangs, et même ce jeune prêtre à peine sorti du séminaire dont on croit d’abord, à tort, qu’il va se faire un plaisir de le ridiculiser. Eastwood se moque du politiquement correct, mais s’impose comme un cinéaste humaniste, dans la lignée d’un John Ford.

Et puis il y a ce thème récurrent du cinéma de Clint Eastwood, dont il est lui-même la meilleure incarnation : le vieillissement, son propre vieillissement, qu’il ne cesse de mettre en scène, sans complaisance, mais sans rien cacher non plus de la faillite du corps et du poids des souvenirs et des regrets. Gran Torino est en cela l’un de ses films les plus personnels, qui condense une grande partie de ses obsessions.

Jusqu’au générique final, où l’on entend la voix éraillée et fatiguée de Clint entonner la chanson « Gran Torino » (qu’il a co-écrite avec son fils Kyle et Michael Stevens), bientôt reprise par la voix pure et jeune de Jamie Cullum. Comme un écho de Honkytonk Man. Bouleversant.

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