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La Chienne – de Jean Renoir – 1931

Classé dans : 1930-1939,RENOIR Jean — 27 janvier, 2019 @ 8:00

La Chienne

Jean Renoir est à l’aube d’une décennie magnifique quand il signe cette adaptation d’un roman de Georges de la Fouchardière et André Mouëzy-Eon, dont Fritz Lang signera un formidable remake une quinzaine d’années plus tard (La Rue rouge, sommet du film noir). C’est aussi son deuxième film parlant, après le moyen métrage On purge bébé, tourné la même année.

Dès ses premiers parlants dans le parlant, Renoir y privilégie le son direct, l’une de ses marques. C’est loin d’être évident à l’époque, et techniquement, c’est encore balbutiant. Il faut donc tendre l’oreille pour bien saisir tous les dialogues. Voilà pour la petite réserve. Petite, parce que même quand il ahane ses répliques, Michel Simon est formidable, extraordinaire en « petit homme » qui va se mettre à croire à une vie plus excitante.

Et parce que Jean Renoir, en dépit d’une approche sonore pas terrible et d’un montage par moments franchement flottant, fait le choix d’une narration très visuelle, où les mouvements de caméra, le choix des angles parfois inattendus, renforcent constamment la cruauté du film. Ces fulgurances sont particulièrement flagrantes lors du « climax » du film, cette séquence terrible où le petit homme explose, incapable d’emmagasiner d’avantage d’humiliations.

Renoir filme le théâtre de la vie dans ce qu’il a de plus sombre, en rappelant constamment que tout n’est qu’apparence et jeu. Il ouvre ainsi son film par un théâtre de marionnettes, et filme des musiciens de rue au moment le plus dramatique de son histoire. Il signe aussi une critique acerbe du monde des arts, omniprésent, qu’il connaît bien, lui le fils du grand Auguste (dont on voit d’ailleurs une toile dans la séquence finale).

Renoir fera mieux au cours de cette décennie (La Grande Illusion, La Règle du Jeu…), mais La Chienne annonce la seconde naissance d’un grand cinéaste, après ses années muettes. Un film sombre qui doit aussi beaucoup à ses comédiens formidables, notamment Janie Marèse en vamp tragique. Pour l’actrice, ce rôle inoubliable sera son chant du cygne : elle mourra au lendemain du tournage lors d’un accident de voiture. Le conducteur n’était autre que Georges Flamant, son amant dans La Chienne

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