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Mademoiselle Fifi (id.) – de Robert Wise – 1944

Classé dans : 1940-1949,WISE Robert — 12 janvier, 2019 @ 8:00

Mademoiselle Fifi

Après lui avoir permis de faire ses débuts derrière la caméra avec La Malédiction des Hommes-Chats, déjà à la RKO, le producteur Val Lewton confie cette adaptation d’une nouvelle de Maupassant au jeune Robert Wise, pour ce qui est donc son premier vrai film. Un film d’époque, certes, mais qui s’inscrit aussi dans l’effort de guerre auquel participe Hollywood en cette année 1944.

L’histoire se déroule en 1870, dans une France occupée par les Prusses. Point de départ idéal pour écrire des dialogues qui résonnent singulièrement aux oreilles d’occidentaux particulièrement attentifs à tout ce qui évoque la France occupée par les Prusses de 1944. Bref : toute ressemblance avec des faits qui se produiront 70 ans après l’époque de l’intrigue n’aurait rien de fortuite.

Il n’est donc question que du comportement de la France, et de tous les peuples opprimés du moment face à l’envahisseur germain. De courage et de fierté, symbolisés à la fois par le refus des prêtres de faire sonner la cloche du village tant que le pays ne se sera pas soulevé, et par la liberté totale et inspiratrice de la jeune Simone Simon (une autre protégée de Lewton, depuis La Féline).

Mademoiselle Fifi (le surnom donné au « méchant » du film, un sous-officier tyrannique au physique délicat qui a l’habitude d’utiliser la locution française « fi » par mépris) révèle le talent de Wise, qui sait installer une belle tension dans les scènes à huis-clos, les plus belles du film : en particulier celles se déroulant dans la voiture. Pour filmer les décors aussi, belle peinture de la province occupée qui privilégie l’évocation au réalisme.

Des décors qui peuvent d’ailleurs donner une impression de déjà vu. Parce qu’ils représentent assez bien la vision très cliché de la France d’alors vue d’Hollywood. Mais aussi parce que ce sont ceux du Quasimodo de Dieterle qui ont été recyclés : pour ce film, première tentative de s’affranchir de l’image de prince de l’épouvante que le triptyque magnifique de Tourneur (La Féline, Vaudou et L’Homme léopard) lui a collé, Lewton ne bénéficiait que d’un petit budget. Lui qui rêvait sans doute d’un nouveau Autant en emporte le vent a dû se contenter d’une série B pleine de charmes.

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