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Halloween 3, le sang du sorcier (Halloween 3 : Season of the witch) – de Tommy Lee Wallace – 1982

Classé dans : 1980-1989,FANTASTIQUE/SF,WALLACE Tommy Lee — 27 décembre, 2018 @ 8:00

Halloween 3

Ne serait-ce que pour la toute dernière image, sommet du film fantastique paranoïaque (si, si, c’est un genre en soi, surtout depuis L’Invasion des profanateurs de sépulture), ce troisième Halloween est un film à voir, et à réévaluer. Non, Tommy Lee Wallace n’est pas Carpenter. Le monteur du premier Halloween, qui fait ici ses débuts derrière la caméra, n’a ni l’élégance ni le sens du frisson de son mentor. Et ce film est loin, très loin, du premier opus de la saga.

N’empêche. Malgré les effets trop faciles (ce son strident qui sort de nulle part dès qu’il faut sursauter), malgré la psychologie limitée des personnages (mais en était-il autrement dans le chef d’oeuvre de Carpenter ?), il y a quelque chose de différent, quelque chose qui n’est pas loin d’être enthousiasmant. Cela dit avec une certaine prudence, tant le film multiplie les maladresses.

Parmi les principaux problèmes, il y a cette oscillation constante entre Mal absolu et Mal raisonné. Autrement dit : faut-il, comme dans le film originel de 1978, prendre le parti de ne rien expliquer, ou au contraire doit-on donner une base scientifique ou ou moins logique à la menace ? Les deux ? Ni l’un ni l’autre ? Ben… pfff… semble plutôt être l’option choisie. Alors on nous sort un morceau de pierre volé à Stonehenge, mais on sait pas trop pourquoi. A vrai dire, on s’en moque totalement.

Il y a en fait deux choses qui comptent vraiment dans ce film. D’abord, le sentiment de paranoïa qui transforme des choses aussi banales qu’un masque d’Halloween et une télévision en menaces mortelles. Un thème dont Carpenter s’emparera plus personnellement avec l’un de ses grands films, déjà réévalué celui-là : Invasion Los Angeles.

Ensuite, et surtout, le film marque une ambition totalement oubliée du producteur Carpenter (et de sa complice d’alors Debra Hill) : reprendre les rênes d’une saga qui lui avait échappée avec Halloween 2, en en faisant totalement autre chose. Ne cherchez pas : il n’y a dans Halloween 3 ni Michael Myers, ni Docteur Loomis, ni baby-sitter trucidée d’ailleurs. Quant aux masques, ils sont portés par d’innocents enfants.

Non, Carpenter pensait avoir fait le tour de son inoubliable croquemitaine, et souhaitait transformer la saga en une sorte de série anthologique : chaque année, un film d’épouvante ayant pour cadre la fête d’Halloween. Une belle idée, en fait, que l’insuccès du film condamnera immédiatement. Dommage, au moins pour ce film-ci, quasiment effacé de la mémoire collective des amateurs de la saga, et qui méritait mieux que cet oubli.

Halloween 3 mérite d’être revu malgré tous les défauts qu’on peut lui trouver : une multiplication inutile des thèmes (le savant fou, la déshumanisation de la société, la puissance de la télévision et du merchandising…), des effets sonores tout pourris, des ressors dramatiques très datés… Parce qu’il est un hommage revendiqué et plutôt convainquant aux classiques du genre des années 50, bourré de clins d’œils au film de Carpenter. Et parce qu’il y a cette dernière image, ce dernier cri, paranoïaque et glaçant. Rien que pour ça.

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