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Les 400 coups – de François Truffaut – 1959

Classé dans : 1950-1959,TRUFFAUT François — 12 octobre, 2018 @ 8:00

Les 400 coups

Ah ! le regard de Jean-Pierre Léaud. Les 400 coups, ce magnifique premier long métrage de Truffaut, c’est peut-être avant tout ce regard, que le jeune cinéaste capte comme s’il était ce qu’il y avait de plus primordial au monde, comme si tout venait de ce regard, profond et bouleversant, innocent malgré tout.

Lorsque Antoine croise celui de sa mère dans les bras d’un inconnu, c’est comme si ses dernières bribes d’enfance se faisaient la malle. Lorsque ses yeux se mettent à rire, lors d’une soirée enchantée avec ses parents, c’est comme s’il découvrait le sentiment même de l’enfance, avant de le perdre aussitôt. Lorsque les larmes coulent derrière les barreaux du fourgon de la police, c’est toute l’angoisse de l’enfant qu’il ne peut plus être.

Et que dire du dernier plan, formidable travelling qui se termine en se figeant par un gros plan sur le regard d’Antoine, toujours ce regard, magnifique, déchirant et inoubliable… Jean-Pierre Léaud, c’est une sorte de miracle, dont Truffaut capte toute la complexité, toute la magie, par la grâce de sa mise en scène.

Tout est beau, tout est juste dans ce film dont Truffaut dira qu’il est très inspiré par sa propre enfance difficile. C’est d’ailleurs cette justesse qui frappe, plus que le réalisme brut des images. D’emblée, Truffaut marque sa différence avec un Godard. Pour lui, cinéaste déjà classique, la caméra est entièrement au service des émotions, et de l’histoire.

Truffaut s’inscrit pourtant bien dans la Nouvelle Vague, rompant avec le cinéma français traditionnel. Dès le générique, où la caméra joue à cache-cache avec la Tour Eiffel pour mieux s’en éloigner, il semble dire que les clichés n’auront pas droit de cité. Et puis Truffaut se place évidemment à hauteur de ses personnages principaux : les enfants, victimes (pas si innocentes, tout de même) d’une société patriarcale bornée, encore bien ancrée dans cette période pré-68.

On peut regretter que Truffaut ait été si dur et définitif vis à vis de ses aînés, et du cinéma tel qu’il se pratiquait jusque dans les années 50. Jusqu’à être profondément injuste par moments. Mais comment pouvait-il en être autrement : avec ces 400 coups, Truffaut condamne mine de rien tout un système de pensée, qu’il dynamite avec le destin de ce gosse mal aimé et trop seul, brisé par cette société dans laquelle il n’a pas sa place.

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