Le Vent de la plaine (The Unforgiven) – de John Huston – 1960
John Huston s’attaque au western, et cela donne un film magnifique et totalement atypique, parsemé de moments de pure grâce.
Un seul exemple : alors que les Indiens qui assiègent la maison des Zachary se mettent à jouer de leur flûte de guerre pour intimider leurs proies, ces derniers sortent un piano à queue, et la matriarche s’y assoit pour répondre…
Cette image de Lilian Gish jouant du piano dans l’obscurité, entourée par les silhouettes de Burt Lancaster, Audrey Hepburn et Doug McClure (formidable casting, avec aussi Audie Murphy, Charles Bickford ou John Saxon) est fascinante, et résume assez bien l’atmosphère du film : il y est question de famille, de grands espaces menaçants, de racines aussi. Surtout de racines : de celles que l’on reçoit et de celles que l’on choisit dans un pays où tout est à conquérir.
Huston n’est ni Ford, ni Hawks. Son western ne pouvait pas suivre un schéma classique. De fait, jusqu’à l’extraordinaire (et longue) séquence finale, superbement dramatique, le film est spectaculairement… dénué d’action, à l’exception de quelques rares et brèves émergences de la violence.
Ce sont les paysages, plats et verdoyants, qui dominent, ces grands espaces qui sont à la fois familiers et sources de menace. Fascinante aussi, l’apparition de ce vieil homme poussiéreux portant sabre, qui semble revenir de l’au-delà, et qui ramène avec lui un secret profondément enfoui dans l’inconscient collectif, brisant l’harmonie d’une collectivité naissante.
A la fois spectaculaire et intime, crépusculaire et porteur d’espoir, The Unforgiven est un western humain et humaniste. Magnifique.
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