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La Liste de Schindler (Schindler’s List) – de Steven Spielberg – 1993

Classé dans : 1990-1999,SPIELBERG Steven — 13 septembre, 2018 @ 8:00

La Liste de Schindler

Bien sûr, La Liste de Schindler est un film imparfait. OK, il n’est pas non plus exempt de fautes de goûts : la scène de la douche, en particulier, faux suspense qui semble n’être là que pour rassurer les producteurs hollywoodiens, est déplacée et même gênante.

Mais quand même, Spielberg signe un film d’une remarquable dignité. Parfois étouffé par l’immense respect et la sincérité indéniable du cinéaste (la scène où Schindler revient à pied entouré de toutes ces femmes qu’il a tirées d’Auschwitz est assez peu crédible, et frôle le ridicule), mais d’une force indéniable, et souvent très juste.

Même la très décriée robe rouge de la fillette juive, unique touche de couleur du film, s’avère un parti-pris délicat et simplement beau. Ou comment souligner sans en rajouter que toutes ces victimes dont on met souvent le nombre gigantesque en avant sont autant d’individus et de destins brisés.

Il y a en fait deux films, dans La Liste de Schindler. D’abord, celui consacré aux destins des Juifs, que Spielberg filme comme pris dans une spirale infernale dans laquelle ils perdent peu à peu tout ce qu’ils ont : leur liberté, leur maison, leurs biens, leur dignité…

Là, Spielberg enchaîne les moments très forts, frôlant par moments l’effet catalogue. Mais la sincérité et la force du propos sont telles qu’on ne peut que s’incliner devant la démarche qui tient autant du film de cinéma que de l’hommage pur, comme le confirme la fin.

L’autre film, c’est le portrait de Schindler lui-même, ordure banale que l’on voit prendre conscience peu à peu de l’horreur dont il est le complice malgré lui. Liam Neeson, dans le rôle de sa vie (ben oui, s’il ne s’était pas vautré dans le cinéma d’action cheap ces dernières années, il l’aurait peut-être eu, le rôle de Lincoln qui lui a longtemps été promis), est formidable.

Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus fort dans le film : ce personnage dont Spielberg n’atténue pas les tares, mais dont l’humanité finit par faire la différence au milieu des bourreaux malades dont le terrible Amon Goeth, rôle qui a révélé Ralph Fiennes.

Il y a la musique aussi, déchirante comme un râle qui aurait traversé le temps et qui renforce magnifiquement l’émotion. Et puis cette ironie, cruelle, qui vient refermer le film : l’armée soviétique vient « libérer » les camps par un unique cavalier, et qui a cette réplique définitive : « Vous ne pouvez pas aller à l’est, ils vous détestent. Si j’étais vous, je n’irais pas non plus à l’ouest. »

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