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Pour que vivent les hommes (Not as a stranger) – de Stanley Kramer – 1955

Classé dans : 1950-1959,KRAMER Stanley,MITCHUM Robert — 26 mars, 2018 @ 8:00

Pour que vivent les hommes

Les mélodrames médicaux : un genre en soi qui promet son lot de larmes faciles et de bons sentiments, que ce soit dans la littérature ou au cinéma. N’y allons pas par quatre chemins : Stanley Kramer se vautre franchement dans ces deux pièges, et livre l’un de ces grands films prestigieux aussi aseptisés qu’un bloc chirurgical.

Ce qui sauve le film, au final, c’est la seule raison que l’on avait de vouloir le regarder : son superbe casting. Robert Mitchum, Frank Sinatra et Lee Marvin (dans un tout petit rôle, certes), côte à côte sur les bancs d’une fac de médecine, déjà, ça a de la gueule. Quand le prof s’appelle Broderick Crawford, et qu’une infirmière a le doux visage d’Olivia De Havilland (qui fait de grands efforts pour s’enlaidir et pour maîtriser l’accent suédois), alors là…

Dans la deuxième partie, Bob est devenu médecin et a épousé Olivia. Pour des mauvaises raisons, parce qu’au fond, c’est un sale type à qui il manque un cœur, comme lui a dit son alcoolique de père, joué par Lon Chaney Jr : « Il ne suffit pas d’avoir un cerveau, il faut avoir un cœur. » C’est dire la profondeur des dialogues, heureusement étouffés par une musique dramatique particulièrement présente.

Pas grave : même lorsque le film change de décor, le casting reste trois étoiles. Marvin et Crawford disparaissent ? Charles Bickford apporte une truculence franchement bienvenue, et Gloria Grahame sème le trouble avec cette élégance de la luxure qui n’appartient qu’à elle. Simplement, était-il vraiment nécessaire de symboliser lourdement le passage à l’acte de Bob et Gloria (très jolie scène, d’ailleurs, tout en ellipse) par cette image d’un cheval libéré de son enclos ?

Oui, ce sont bien les acteurs qui assurent l’intérêt. Malgré tous les ratés de ce film trop propre et trop attendu, ils sont formidables. Mention à Bickford et Graham donc, mais aussi à Sinatra, à qui revient peut-être le plus beau moment du film, parce que rien n’y est trop explicite pour une fois : celui où l’étudiant insouciant qu’il était est confronté pour la première fois à des vrais patients. Sa prise de conscience de ce qu’est sa responsabilité, simple et sobre, est particulièrement réussie.

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