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L’Aigle vole au soleil (The Wings of Eagles) – de John Ford – 1957

Classé dans : 1950-1959,BOND Ward,FORD John,O'HARA Maureen,WAYNE John — 2 mars, 2018 @ 8:00

L'Aigle vole au soleil

Pilote d’avion, officier de marine, auteur de romans et de pièces de théâtre (on lui doit Ceiling Zero notamment que Hawks portera à l’écran), scénariste à Hollywood… Frank W. « Spig » Wead a eu plusieurs vies. Il a bien connu John Ford aussi, pour qui il a signé les scripts de Air Mail et Les Sacrifiés. Ford qui lui rend un superbe hommage avec ce film, aussi riche et généreux que la vie de Wead a été bien remplie malgré sa brièveté (il est mort en 1947, à l’âge de 52 ans).

On sent bien que Ford est très attaché à ce personnage, que visiblement il admire et aime à la fois. A tel point qu’il se met (presque) en scène lui-même, confiant à son éternel complice Ward Bond le rôle d’un réalisateur d’Hollywood volontiers grande gueule et bougon, dont le bureau est rempli d’accessoires de westerns, et les murs recouverts de portraits d’acteurs, Tom Mix et Harry Carey trônant en bonne place. Autant dire que ce Ford-là a une saveur toute particulière.

A deux ou trois moments, on le sent d’ailleurs un peu bridé par son sujet, comme s’il ne voulait pas aller au bout des zones d’ombre de son personnage, préférant exhaler son patriotisme, sa sensibilité refoulée, son courage face au handicap qui le frappe, son sens du sacrifice aussi. Et pourquoi pas, d’ailleurs… Le film est certes inspiré de faits authentiques, mais il prend des libertés revendiquées avec son modèle. Ce qui intéresse Ford, c’est l’esprit de Spig, et de cette vie extraordinaire.

Cette vie permet à Ford de signer l’un de ses films les plus riches, passant d’un burlesque assumé comme un clin d’œil aux premiers films d’action et à leurs cascades improbables (cet hydravion qui traverse un hangar avant de finir sa course entre deux arbres, on jurerait l’avoir déjà vu en noir et blanc !), au drame de guerre tendu et sombre, en passant par la tragédie familiale. De longues séquences dans l’espace exigu d’un hôpital, à des morceaux de bravoure sur mer ou dans les airs.

Ford se permet aussi d’audacieuses ellipses pour raconter en moins de deux heures vingt-cinq ans de cette vie bien remplie. Avec, comme un fil conducteur, les amours contrariés de Spig et de sa femme. Pour que ce « liant » soit efficace, il fallait un couple qui tienne la route. Qui d’autre, pour Ford, que John Wayne et Maureen O’Hara ? Sur un tout autre registre que L’Homme tranquille, ces deux-là forment un couple magnifique encore une fois. Entre eux, au-delà de toute caricature possible, il y a quelque chose de grand et de bouleversant qui se passe.

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