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Le Journal tombe à 5 heures – de Georges Lacombe – 1942

Classé dans : 1940-1949,LACOMBE Georges — 9 février, 2018 @ 8:00

Le Journal tombe à cinq heures

Fresnay, Blier (avec des cheveux), Renoir (Pierre, le frère), Larquey, Roquevert (étonnamment sobre)… Le casting à lui seul mérite qu’on s’attarde sur ce film un peu méconnu et très mémorable consacré au grand métier de journaliste. Etant l’un de ceux-là, je peux l’affirmer : les temps ont changé. En bien ou en mal, d’ailleurs, mais une chose est sûre : cette vision-là du métier est formidablement cinégénique.

Le film de Georges Lacombe n’est jamais aussi passionnant que lorsque la caméra virevolte d’un poste à l’autre dans cette salle de rédaction grouillante de vie. Suivant des personnages survoltés, passant de l’un à l’autre, délaissant un chef de salle pour s’intéresser au gestionnaire, s’attardant sur la responsable du courrier du cœur, puis sur l’auteur des nécrologies… Lacombe filme un véritable bestiaire certes légèrement outrancier, mais pourtant criant de vérité.

Il y a du rythme dans ce film sans autre véritable fil conducteur que la rencontre explosive et forcément amoureuse in fine, entre une jeune débutante (Marie Déa) et un reporter vedette (Pierre Fresnay) sous le regard omniprésent, tout puissant et bienveillant du rédacteur en chef (Renoir). Le film est construit comme une succession d’épisodes indépendants les uns des autres, qui illustrent l’évolution de leurs rapports, et du regard que porte la jeune femme sur le métier.

Tout n’est d’ailleurs pas brillant dans ce métier, et la journaliste débutante apprend le sens du devoir de la même manière qu’elle apprend à manipuler et à s’asseoir sur ses principes. Cette succession d’épisodes aux tons très différents (un meeting aérien tragique, une rencontre très people avec une vedette, et un reportage à hauts risques sur un bateau-phare) pourrait manquer de cohérence. Mais Lacombe y apporte un rythme, une vie, qui servent de lien à l’ensemble.

Aussi à l’aise dans l’humour que dans le drame, Lacombe réussit également une dernière partie au suspense haletant. Un rien cynique, mais bienveillant, son film est un bel hommage à une certaine vision du journalisme. Et un pur plaisir de cinéma.

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