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Goupi mains rouges – de Jacques Becker – 1943

Classé dans : 1940-1949,BECKER Jacques — 16 janvier, 2018 @ 8:00

Goupi mains rouges

Les Disparus de Saint-Agil en 1938, L’Assassinat du Père Noël en 1941… L’écrivain Pierre Véry a le vent en poupe à cette époque. Ses romans sont des best-sellers, leurs adaptations sont des chefs d’œuvre, et ce n’est pas celle-ci, qu’il a signée lui-même, qui fait exception : Goupi mains rouges est non seulement un film passionnant, mais c’est aussi celui qui a révélé le talent de Jacques Becker.

C’est aussi l’un des premiers qui présente une vision de la campagne et des paysans français aussi réaliste, authentique, attachante, et dénuée de tous les poncifs habituels. Dès les premières images, très belles, l’ambition de Becker est flagrante : le jeune cinéaste filme une campagne où la vie est rude, où les familles vivent encore en clans, et où les convoitises, les rancœurs et l’ennui sont constamment palpables.

Un monde à l’ancienne, qui contraste avec le microcosme parisien ou des grandes villes qui squatte le plus souvent les écrans, déjà à cette époque. Un contraste qu’aborde frontalement le film, avec ce personnage quasi-symbolique de « Monsieur » (à la campagne, tous ont surnom !), ce fils de paysan élevé loin de la campagne, qui rentre au pays après 25 ans passés dans la capitale, et dont l’arrivée s’accompagne d’une série de drames.

Le monde qu’il découvre est dur, parfois cruel. Les hommes et les femmes qu’il y rencontre sont des êtres fiers, pas facilement aimables, attachés à leur terre et à ce magot qu’ils recherchent depuis si longtemps. Mais ils ont aussi une noblesse qu’il faut du temps pour mettre à jour, tant leur aspect, leur comportement, et même leurs surnoms (« Mes sous », « Mains rouges », « L’empereur »…) semblent les réduire à de simples caractères.

Fernand Ledoux est ainsi formidable dans le rôle-titre, un personnage secondaire pourtant, taiseux bourru qui semble d’abord hostile, mais dont la sensibilité et la clairvoyance inattendue, ainsi que le regard qu’il porte sur ce monde, déjouent toute idée reçue. Et il y a Le Vigan aussi, faussement jovial, tristement pathétique, qui n’a peut-être jamais été aussi éblouissant et bouleversant que dans ce film. Tous les personnages sont à l’avenant d’ailleurs, d’une grande justesse, et jamais exactement ce qu’ils semblent être au premier abord.

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