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L’Affaire Maurizius – de Julien Duvivier – 1954

Classé dans : * Polars/noirs France,1950-1959,DUVIVIER Julien — 8 octobre, 2017 @ 8:00

L'Affaire Maurizius

Duvivier aurait-il eu besoin d’un peu de noirceur, après avoir enchaîné trois comédies (Don Camillo, sa suite et La Fête à Henriette ?). Le cinéaste renoue en tout cas avec le pessimisme de ses meilleurs films, pour ce film de procès pas comme les autres.

Pas comme les autres parce que l’action se déroule… 18 ans après le procès dont les causes et les effets irriguent le drame. Et quel drame : Daniel Gélin, jeune homme à l’avenir prometteur, croupit en prison depuis toutes ces années pour un crime dont rien ne dit qu’il l’a vraiment commis. D’ailleurs, le jeune fils de Charles Vanel est convaincu qu’il est innocent. C’est à cause de son père si le pauvre homme a passé près de la moitié de sa vie entre quatre murs, son père qui était substitut du procureur, et qui s’est fait un nom, une réputation et une fortune grâce à ce procès. Sauf que l’autre père, celui de Daniel Gélin, a lui aussi vu sa vie basculer avec ce procès. Et pas en bien…

Passionnant film de procès, qui ne parle que des effets d’une justice pour le coup un rien expéditive. La charge n’est pas légère, et la manière dont Charles Vanel balaye le problème d’un définitif « la justice est faillible » aurait sans doute mérité un peu plus de demi-teinte. Mais les rapports pères-fils sont montrés, eux, avec beaucoup de justesse, et beaucoup d’émotion. Et beaucoup de désespoir.
La construction du film est particulièrement habile, avec ces flash-backs qui se succèdent sans linéarité, sorte de patchwork d’événements qui finissent par s’assembler pour éclaircir le mystère, comme les pièces d’un grand puzzle. Duvivier soigne particulièrement ces flash-backs, donnant à chaque période une identité visuelle propre.

Toutes les scènes qui entourent le procès sont les plus réussies, un simple halo de lumière éclairant les seuls personnages dans un cadre sombre. Une belle manière d’illustrer les faits que ces passages nous sont racontés le plus souvent par la lecture de comptes-rendus imprécis, et non par les souvenirs directs des témoins.

Duvivier apporte le même soin à tous ses personnages. Et les plus riches ne sont pas forcément les plus importants. Dans un rôle un peu en retrait, celui de la victime, Madeleine Robinson est formidable en femme mûre ayant épousé un homme trop jeune pour elle. Quant à Anton Walbrook, il s’offre un grand écart déroutant, entre le jeune homme élégant à qui tout réussit, et l’homme vieilli et négligé, à la proximité insistante avec les fillettes et tous les jeunes hommes. Étonnant…

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