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L’Allée sanglante (Blood Alley) – de William Wellman – 1955

Classé dans : 1950-1959,WAYNE John,WELLMAN William A. — 22 août, 2017 @ 8:00

L'Allée sanglante

John Wayne a voulu ce film, tourné alors qu’Hollywood est en plein dans sa période exotique. Mais dès la scène d’ouverture, troublante et déroutante, on sent bien que l’ambition dépasse largement le simple effet de mode. On y découvre un Duke quasi-fou, se parlant à lui-même, ou plutôt à une amie imaginaire, dans une prison dont on ne sait pas comment il y est arrivé… ni même par quel miracle il finit par s’en échapper.

Etonnant John Wayne, qui joue avec son image comme il ne l’a pas si souvent fait, laissant entrevoir une faiblesse certes passagère, mais inhabituelle. Tout le début du film est magnifique, entre ces plans de solitude, puis le long voyage quasi-muet de notre héros qui a retrouvé sa liberté, et qui cohabite avec un Mike Mazurki formidable dans un rôle aussi taiseux que ceux qu’il joue d’habitude, mais pour une fois très attachant.

Tout n’est pas aussi réussi que ces dix premières minutes superbes, mais Wellman réussit un film d’aventures qui est constamment beau parce qu’il est bienveillant, et qu’il s’intéresse plus aux personnages qu’à l’action elle-même. Les plus beaux moments du film sont d’ailleurs ceux où il filme les visages au plus près, comme ce plan superbe sur les regards des villageois quittant l’endroit où ils ont toujours vécu.

Le film est inspiré d’une histoire vraie : dans la Chine communiste des années 50, les habitants d’un petit village tente de rejoindre Hong Kong à bord d’un bateau à aube qui va devoir remonter un fleuve jugé très dangereux. Une belle histoire, traitée avec beaucoup d’humanité, à l’image de ce beau moment où, pour économiser l’eau, les Chinois acceptent les uns après les autres de renoncer à leur sacro-saint thé, reversant le contenu de leurs minuscules tasses dans un seau qui finit par se remplir.

La charge anti-communiste, sans surprise, est un peu lourdement appuyée. Mais c’est bien l’aventure humaine qui intéresse Wellman, offrant de beaux rôles à ses acteurs. Aux hommes en tout cas, parce que la pauvre Lauren Bacall est la sacrifiée de l’histoire, réduite la plupart du temps à de la jolie figuration. A deux ou trois scènes près quand même, dont une belle course poursuite à travers les quais dévastés d’un ancien port.

Relativement économe en grandes scènes d’action, le film privilégie les moments d’intimité. Mais lorsque la violence fait irruption, elle est frappante : le meurtre de l’officier communiste est particulièrement violent, et cette bagarre dans la cabine du pilote est tout aussi brutale, mais vue uniquement à travers la fenêtre balayée par la pluie, et couverte par le bruit de la tempête en cours. L’une des très grandes scènes de violence du cinéma de Wellman.

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