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Creed : l’héritage de Rocky Balboa (Creed) – de Ryan Coogler – 2015

Classé dans : 2010-2019,COOGLER Ryan,STALLONE Sylvester — 17 juillet, 2017 @ 8:00

Creed

On croyait sincèrement qu’il en avait fini avec ce personnage fétiche qui lui a tout donné en 1976, et qui lui a tout redonné en 2006. Dix ans après le très beau Rocky Balboa, c’est pourtant un tout jeune homme qui pousse Stallone à renfiler non pas les gants, qu’il a raccrochés depuis longtemps, mais la dégaine fatiguée et le feutre plus mou que jamais de Rocky : Ryan Coogler, réalisateur du remarqué Fruitvale Station, qui arrive à 30 ans (l’âge de Stallone à l’époque du premier Rocky) avec une belle idée et une admiration sans borne pour Stallone et son alter ego de cinéma.

Voilà donc Adonis Creed, le fils caché d’Appolo, jeune boxeur amateur né d’une liaison adultère mais élevé par la femme de son père, qui brûle du besoin d’exister par lui-même, et décide de se tourner pour de bon vers la boxe en demandant à celui qui fut le compagnon des dernières heures de son père de l’entraîner. Rocky Balboa himself, plus vieux de dix ans qu’il y a dix ans, seul, cabossé et fatigué, qui finit par se laisser embarquer de nouveau dans le rythme trépidant de la boxe, faisant pour le jeune Adonis ce que Mickey avait fait pour lui quelques décennies plus tôt.

Après un début un rien froid, qui peine à émouvoir tant on attend avec impatience l’apparition de Stallone/Rocky (qui n’arrive qu’au bout d’une quinzaine de minutes), la nostalgie commence à fonctionner, et le duo que forment le vieux briscard et son jeune protégé (excellent Michael B. Jordan) s’impose immédiatement comme l’une des grandes réussites du film.

Comme dans tous les Rocky, la boxe est bien plus qu’un simple prétexte. D’ailleurs, c’est lors du premier combat sur le ring que le film prend une autre dimension. Magnifique ce combat, filmé au plus près des corps dans un extraordinaire plan séquence qui tourne autour des personnages dans un mouvement qui emporte tout. Et qui se termine par l’une de ces étreintes viriles qui parsèment tous les Rocky, étreinte qui fait naître une émotion familière et immense chez le fan de la saga.

40 ans après le premier film, et même si celui-ci est le premier que Stallone n’a pas écrit lui-même, Creed est bel et bien un vrai Rocky. Et un grand Rocky, même : Coogler renoue avec le ton et l’émotion des meilleurs films de la série. Amoureux du personnage, il s’en montre à la hauteur, cite quelques scènes iconiques en les réinventant (la course dans les rues de Philadelphie, la montée des marches…), sans jamais les trahir, et sans tomber non plus dans une admiration bête et paralysante.

Le film est beau parce qu’il privilégie une émotion simple et forte, et parce qu’il met en scène des figures que l’on connait depuis toujours. Rocky bien sûr, personnage unique dans l’histoire du cinéma (je n’en connais pas d’autres qui auraient accompagné d’aussi près et aussi longtemps la carrière de leur interprète), et le fantôme d’Appolo Creed, qui pèse sur l’histoire comme un symbole du passé de Balboa, de cette jeunesse perdue et de ces proches disparus, dont on sait au moins depuis Rocky Balboa qu’ils sont au cœur de sa vie.

Le film est déchirant parce qu’il met en scène des personnages hantés par la mort, le handicap ou la déchéance physique. Mais il est aussi plein de vie et d’espoir : c’est au fond l’histoire de deux hommes qui réapprennent au contact l’un de l’autre à se battre et à regarder devant eux plutôt que derrière.

40 ans après ses débuts, Stallone ne triche pas, et affiche son âge, n’hésitant pas à apparaître abîmé et fatigué. Même dans un rôle qu’il (et qu’on) connaît par cœur, il réussit à surprendre par son intensité, livrant l’une de ses plus belles prestations après Copland… et le premier Rocky.

• Lire aussi : Rocky ; Rocky 2, la revanche ; Rocky 3, l’œil du tigre ; Rocky 4 ; Rocky 5 ; Rocky Balboa

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