Play it again, Sam

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Archive pour juin, 2017

Conversation secrète (The Conversation) – de Francis Ford Coppola – 1974

Posté : 20 juin, 2017 @ 8:00 dans * Espionnage, 1970-1979, COPPOLA Francis Ford, FORD Harrison | Pas de commentaires »

 Conversation secrète

Entre deux Parrains ici et ici (et deux Oscars du meilleur film), Coppola change radicalement de style (et décroche une Palme d’or). Au lyrisme sublime de ses films sur la mafia (ou, plus tard, de son grand œuvre sur la guerre du VietNam, Apocalypse Now), le cinéaste oppose cette fois un minimalisme qui a souvent fait dire que Conversation secrète était un film plus personnel dans sa carrière.

C’est sans doute faux, mais le fait est que la réussite de ce film apporte une autre dimension à la filmographie de Coppola, qui n’est donc pas que le cinéaste de l’emphase et de la surenchère. Cela dit, c’est bien le triomphe (critique et populaire) du Parrain qui a permis à Coppola de mettre en images ce scénario qu’il avait écrit plusieurs années auparavant.

Dès la scène d’ouverture, ont sent que le réalisateur, également producteur, est dépouillé de toute contrainte. Cela commence donc par une séquence aussi énigmatique que virtuose, qui reviendra tout au long du film, un peu sur le modèle de Blow Up (ou plus tard de Blow Out) : divers objectifs et micros sont braqués sur une place bondée et tentent d’accrocher la conversation qui se noue entre un homme et une femme, tandis qu’un troisième larron les observe sans en avoir l’air.

On est alors en pleine crise du Watergate (même si le film a été écrit avant), et l’Amérique renoue avec la paranoïa post-Dallas. Conversation secrète donne corps à cette politique de l’intrusion et des écoutes illégales, avec une intrigue complexe entièrement basée sur la paranoïa, où la violence n’est jamais plein écran, mais où le danger semble pouvoir sortir de n’importe quel visage avenant. Le (petit) rôle du tout jeune Harrison Ford est en cela très marquant : sa seule présence, même s’il ne fait pas grand-chose pour cela, fait naître un profond malaise.

Le film démystifie aussi cette paranoïa, cette image d’une puissance cachée omniprésente et toute puissante. Car la « main armée » des écoutes, incarnée par un Gene Hackman formidable, est lui-même la première victime de ces intrusions dans la sphère privée. Un homme dont la vie tourne entièrement autour de celles des autres, de personnes qu’il ne connaît qu’à travers des écrans, et qui s’enferme de plus en plus dans une solitude pathétique.

Black Book (Zwartboek) – de Paul Verhoeven – 2006

Posté : 19 juin, 2017 @ 8:00 dans 2000-2009, VERHOEVEN Paul | Pas de commentaires »

Black Book

L’échec de Hollow Man a confirmé le désamour entre Paul Verhoeven et Hollywood. Plus de vingt ans après Le Quatrième Homme, le cinéaste revient donc au Pays Bas, avec un sujet où on ne l’attendait pas forcément : un film de guerre presque à l’ancienne, ample et ambitieux, évoquant le destin d’une jeune femme juive sous l’occupation allemande.

Verhoeven signe une grande fresque historique et intime à la fois, où les soubresauts de l’Histoire et son extrême violence sont racontés du strict point de vue de l’héroïne, Rachel : une femme forte comme les aime le réalisateur certes, mais que le destin a rendu forte. Il faut dire que rien n’est épargnée à la pauvre Rachel (Carice Van Houten, formidable) : seul survivante d’un massacre dans lequel périt toute sa famille, contrainte d’approcher l’ennemi en offrant son corps, amoureuse d’un officier nazi…

Impossible de raconter tous les rebondissements de cette histoire haletante sans en gâcher le plaisir. Mais Verhoeven y fait preuve d’une extrême générosité de raconteur d’histoire. C’est passionnant et mené à 100 à l’heure, et les moyens considérables dont bénéficie le cinéaste pour son retour au pays sont clairement à l’écran. Mais si le film est si fort, si beau, c’est aussi parce que Verhoeven refuse de tomber dans le manichéisme souvent inhérent au genre. Il y a des héros (encore que, le terme reste peut-être à définir), et il y a des salauds. Mais il y a surtout des victimes de l’histoire, des personnages troubles, des sacrifices cruels, des destins brisés…

En quittant Hollywood, Verhoeven semble avoir abandonné l’ironie cynique qui marquait ses blockbusters américains. On ne s’en plaindra pas. Splendide à tous points de vue, émouvant, violent et d’une puissance rare, Black Book est tout simplement le meilleur film de guerre depuis des siècles (à peu près). A l’exception d’un moyen métrage (Tricked), il faudra pourtant attendre dix ans avant que Verhoeven retrouve les chemins des plateaux : ce sera en France, avec Elle.

La Vie privée de Sherlock Holmes (The Private Life of Sherlock Holmes) – de Billy Wilder – 1970

Posté : 18 juin, 2017 @ 8:00 dans * Polars européens, 1970-1979, Sherlock Holmes, WILDER Billy | Pas de commentaires »

La Vie privée de Sherlock Holmes

Entre Wilder et Sherlock Holmes, la rencontre était loin d’être évidente. L’élégante légèreté et l’ironie mordante du premier était-elle vraiment compatible avec la logique et le cynisme du plus célèbre des détectives ? Eh bien oui. Non seulement Wilder réussit son pari, mais il signe tout simplement l’un des meilleurs « Sherlock Holmes movies », pour ne pas dire le meilleur.

La grande force du film, c’est justement cette alliance improbable. Entre les deux univers, Wilder choisit de ne pas choisir. Et c’est un mariage heureux qui en sort. L’atmosphère des récits de Conan Doyle a-t-elle déjà été aussi bien mise en image ? Pas sûr. La rigueur (la raideur, même), de Sherlock Holmes est bien là, son sens de l’observation, son verbe haut, sa relation avec le Docteur Watson, son penchant pour la drogue qui occupe son cerveau incapable de rester au repos… Bref, Sherlock Holmes tel que Conan Doyle l’a créé, et tel qu’on se l’imagine.

Mais l’ironie de Wilder est bien là. Et son Sherlock Holmes (joué par Robert Stephens), tout en superbe, a beau être le détective star que tout Londres s’arrache, jusqu’à la reine elle-même, jamais il ne fait réellement avancé l’intrigue. Pire, il révèle peu à peu une propension peu commune à se laisser manipuler, victime de son propre ego. Il semble même être ramené au rang de .gamin au contact de son frère Mycroft (Christopher Lee, qui retrouve l’univers de Sherlock Holmes après Le Chien des Baskerville), qui semble lui faire perdre ses moyens.

C’est là toute la réussite du film : la capacité qu’a Wilder (et le scénariste I.A.L. Diamond, avec qui il écrit cette aventure originale du détective) à jouer avec la réputation de Holmes, et avec la perception qu’en ont les Londoniens… et les spectateurs. Cela donne les plus belles scènes, notamment celle où Holmes, pour échapper à la troublante proposition d’une célèbre ballerine, laisse entendre qu’il file le parfait amour avec Watson… C’est drôle, brillant, et passionnant.

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