Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour janvier, 2017

Le Lion sort ses griffes (Rough Cut) – de Don Siegel – 1980

Posté : 31 janvier, 2017 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, SIEGEL Don | Pas de commentaires »

Le Lion sort ses griffes

Suis-je fatigué (pas impossible, en ce moment) ? Ou est-ce Don Siegel qui accuse le coup en cette fin de carrière ? Difficile en tout cas de reconnaître la patte du réalisateur de Madigan, Dirty Harry ou Charley Varrick dans cette petite chose tournée après Escape from Alcatraz, et qui sera son avant-dernière réalisation.

Pas désagréable cela dit, et on prend même un petit plaisir intermittent devant ce film de braquage alambiqué et ouvertement léger : Siegel flirte ici avec la comédie, ce qui n’est pas loin d’être une première dans sa brillante filmographie, plutôt teintée de noir et de toutes ses nuances.

C’est léger, avec un Burt Reynolds qui se rêve en dandy décontracté, façon le Saint : un cambrioleur de génie doublé d’un séducteur, qu’un flic au bord de la retraite (David Niven, dans son emploi habituel) veut faire tomber en utilisant une belle cleptomane (Lesley Ann Down, charmante), qui bien sûr tombera amoureuse de sa cible.

Ce n’est pas désagréable, donc, mais rien ne fonctionne vraiment totalement. Le scénario inutilement tarabiscoté finit par lasser, et jamais on ne ressent la tension sexuelle qui devrait attirer Burt et Lesley l’un vers l’autre.

Résultat : une petite bluette pas vraiment mémorable.

Independance Day (id.) – de Roland Emmerich – 1996

Posté : 30 janvier, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, EMMERICH Roland, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Independance Day

Je me souviens avoir vu Independance Day en salle à sa sortie, avec des amis. L’un d’eux avait eu ce jugement définitif : « C’est pas réaliste ». D’autres (dont moi) avaient eu d’autres arguments : ses sabots énormes dès que l’humain prime sur les effets spéciaux, les effets spéciaux trop dominants justement, et surtout cet Américanisme primaire du film qui se révèle jusque dans le titre. Confrontée à une menace d’extermination, l’humanité ne peut compter que sur l’Amérique. Mieux : sur l’Américain moyen, avec ce que cela véhicule du triomphe de l’individu sur le groupe.

Avec le recul, et en revoyant le film pour la première fois depuis vingt ans, cette phrase si ridicule a priori (« c’est pas réaliste ») apparaît pourtant comme le curseur qu’il ne faut pas oublier dès que l’on parle du cinéma de Roland Emmerich, en tout cas celui de la destruction massive dont cet Independance Day fut le précurseur. Non, ce n’est pas réaliste. Mais si on veut bien se laisser guider dans cet univers qui se défait totalement de toutes les contraintes du réalisme, alors oui, Emmerich a un vrai talent.

Il fera nettement mieux avec Le Jour d’après, et surtout 2012, ses deux classiques jumeaux dans lesquels ils réussira à détruire plus de choses encore que dans Independance Day. Mais dès 1996, le gars a un vrai talent pour tout faire péter, pourvu qu’il y ait un maximum de dégâts, et au minimum quelques millions de morts (dans les années 90, il ne misait pas encore sur les milliards, mais ça n’allait pas tarder). En cela, la première moitié du film, celle où justement tout pète, est une vraie réussite.

Bien sûr, il y a cette contrainte cinématographique dont Emmerich essayera de plus en plus de se libérer : les personnages. Dès qu’il s’y intéresse d’un peu trop près, son cinéma est lourd, rempli d’un pathos écœurant. Faut reconnaître : il ne sait pas faire dans la demi-mesure. Ses trois personnages principaux ? Un pilote de chasse qui ne connaît vraiment pas la peur (Will Smith, prêt à sortir une phrase fun dès son premier face-à-face avec un alien), un réparateur télé qui comprend tout mieux que tous les spécialistes du gouvernement (Jeff Goldblum, dans son numéro habituel), et rien de moins que le président des Etats-Unis en as de l’aviation (Bill Pullman, juste juste).

Alors oui, c’est énorme. Et oui, cet Américanisme primaire a un côté exaspérant, surtout lorsque les pays du monde entier accueillent comme le messie le mode d’emploi de la libération dictée par mister president himself. Mais ce côté too much fait aussi des merveilles dès que les personnages disparaissent derrière l’action pure. Et en la matière, Emmerich n’est pas avare. C’est donc un plaisir éminemment coupable, et éminemment plaisant.

* A l’occasion des fêtes de fin d’année, Fox Vidéos a sorti un coffret double DVD regroupant le Independance Day original et sa suite, sortie en 2016. En bonus, des commentaires audios, notamment de Roland Emmerich et de son producteur et co-scénariste Dean Devlin.

Sully (id.) – de Clint Eastwood – 2016

Posté : 29 janvier, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, EASTWOOD Clint (réal.) | Pas de commentaires »

Sully

Voilà bien longtemps que je n’avais pas été à ce point emballé par un nouveau Eastwood. Depuis L’Echange et Gran Torino en fait. Avec Sully, le cinéaste poursuit pourtant une logique qu’il n’a quasiment plus quitter depuis dix ans : désormais, seules les histoires vraies semblent l’inspirer. Avec des limites évidentes : dans des films comme Invictus ou J.Edgar, le sujet domine trop souvent le style, et l’émotion en fait les frais.

Ce n’est pas du tout le cas dans Sully, pourtant adapté d’une histoire très récente : l’amerrissage forcé et réussi d’un avion de ligne sur la rivière Hudson, en 2009. Un sujet qui fait curieusement échos à un épisode de la propre jeunesse d’Eastwood lorsque l’avion militaire dans lequel il se trouvait avait dû amerrir, sans faire de victime non plus, un incident qui s’est déroulé durant son service militaire au début des années 50, que Richard Shieckel raconte dans sa biographie consacrée à son ami Clint).

Le vol de Sully lui-même n’a duré qu’une poignée de minutes. Mais tout le film s’articule autour de ces minutes exceptionnellement denses que Sully et son copilote (Aaron Eckhart, parfait) ne cessent de revivre dans les jours qui suivent, que ce soit dans leurs cauchemars, les questions des journalistes, où l’enquête à laquelle ils sont soumis par des spécialistes qui les soupçonnent d’avoir pris les mauvaises décisions, qui ont conduit à la perte d’un avion (c’est cher, un avion!)

Plus que l’acte héroïque du pilote (Sully, magnifiquement interprété par Tom Hanks), c’est ce qu’il représente dans cette Amérique encore traumatisée par le 11 septembre qui est au cœur du film. La scène inaugurale le confirme, avec cette vision cauchemardesque de l’avion qui vole entre les gratte-ciels de New York avant de s’écraser sur l’un d’eux. C’est un aspect qu’Eastwood illustre parfaitement, sans en rajouter : cet avion qui survole l’Hudson au niveau des gratte-ciels fait forcément écho à la tragédie du World Trade Center.

Mais l’issue est bien sûr radicalement différente. Tout le monde a survécu à cet amerrissage, devenu « le miracle de l’Hudson , et faisant de Sully le héros dont l’Amérique avait besoin. Un statut que le personnage joué par Tom Hanks a bien du mal à endosser, et qu’il partage avec son copilote, ses passagers (au comportement exemplaire), les secouristes (arrivés sur place en un temps record et qui leur ont évité la noyade ou l’hypothermie), les New Yorkais… Bref, l’Amérique entière, dans ce qu’elle a de plus positif.

Oublions les positions publiques douteuses d’Eastwood : son film parle de l’homme sans doute mieux que l’homme lui-même, comme John Ford en son temps. Avec Sully, il signe peut-être le premier film radicalement optimiste de l’Amérique post-11 septembre. Un cinéma qui renoue avec l’humain, et avec des valeurs aussi désuètes que la solidarité et l’entraîne. Simplement beau, toujours à hauteur d’homme.

Firefox, l’arme absolue (The Firefox) – de Clint Eastwood – 1982

Posté : 28 janvier, 2017 @ 8:00 dans * Espionnage, 1980-1989, EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.), FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Firefox l'arme absolue

Les rares fois où Eastwood a cherché à coller aux goûts du moment, le résultat s’est avéré catastrophique. Avec La Relève, tentative maladroite de surfer sur le succès des films d’actions explosifs du début des années 90. Et dix ans plus tôt avec ce Firefox, où le grand Clint essaye de trouver sa place dans un cinéma hollywoodien très hich tech et SFX, marqué par la folie Star Wars (dont il reprend d’ailleurs l’un des responsables des effets spéciaux).

Le résultat est au mieux très maladroit, au pire assez navrant. La première partie, quand même, ne manque pas d’intérêt. Mais là, Eastwood s’inscrit dans un cinéma déjà révolu : celui du film d’espionnage de la guerre froide. Là seulement, on peut trouver des signes purement eastwoodiens, une manière très personnelle de créer une atmosphère en plongeant un personnage dans un milieu qui n’est pas le sien, un thème qui a toujours été au cœur de son cinéma.

Pourtant, même dans cette première partie séduisante par moments, le réalisateur Eastwood multiplie les effets douteux (les flashs très ramboesques sont franchement ridicules, pour illustrer le traumatisme post-VietNam de Clint), et les maladresses auxquelles il ne nous a jamais habituées.

Quant à l’acteur Eastwood, il n’a jamais été aussi mauvais, son jeu se limitant à des tics tellement énormes qu’on se demande comment les agents du KGB sont recrutés ! A tel point qu’on serait presque soulagé de le voir endosser la tenue de pilote qui le recouvre entièrement, rappelant étrangement l’une de ses premières brèves apparitions, celle de Tarantula.

Presque entièrement effacé derrière un déluge d’effets spéciaux totalement à l’encontre du style Eastwood, de son univers, de ce qu’il est, l’acteur-réalisateur se contente alors de filmer des images auxquelles il semble ne pas croire, se raccrochant à un genre high-tech dont, déjà en 1982, il devait paraître complètement à la traîne.

On se rassure en se disant que quand il est au fond du trou, Eastwood sait rebondir mieux que jamais. Après La Relève, il réalisera Impitoyable. Après ce calamiteux Firefox, il signera Honkytonk Man. Soit deux de ses plus beaux films.

3 heures pour tuer (Three Hours to kill) – d’Alfred L. Werker – 1954

Posté : 27 janvier, 2017 @ 8:00 dans 1950-1959, WERKER Alfred, WESTERNS | Pas de commentaires »

Trois heures pour tuer

Avec son air de ne pas faire grand-chose, Dana Andrews apporte toujours ce petit quelque chose de plus que je ne saurais pas définir, une sorte d’assurance selon laquelle le film, quel que soit son degrés de réussite, ne sera pas anodin. Ils ne sont pas si nombreux à avoir ce petit quelque chose : les plus grands en fait, dont Andrews fait bien partie. On l’aime dans le noir bien sûr, et Preminger n’y est pas pour rien, lui qui l’a dirigé dans une poignée de films inoubliables (et pas seulement Laura). Mais le western est un genre qui lui va également particulièrement bien.

Soyons clair : 3 heures pour tuer n’est pas du niveau de L’Etrange Incident, autre histoire de lynchage avec Andrews. Mais le film ne manque pas de qualités, et l’interprétation de l’acteur est peut-être la plus grande de toutes: il apporte le trouble et la pointe de mystère qu’il faut, à ce personnage de fugitif qui revient dans sa petite ville trois ans après l’avoir fuie, pour découvrir qui est l’auteur du meurtre dont il a été accusé à tort.

C’est presque un scénario de film noir, avec une introduction un peu mystérieuse, un long flash-back, et une enquête à hauts risques au cours de laquelle plusieurs suspects se dessinent. Une véritable enquête policière, ce qui n’est pas si courant dans le western, doublée d’une charge contre les sombres visages de la « foule » toujours prompte à juger, à condamner et à exécuter. Tout n’est pas d’une grande finesse dans cette charge, et la fin propose son lot de bons sentiments.

Mais Werker, réalisateur méconnu et souvent intéressant (c’est lui qui a signé l’excellent Il marchait dans la nuit, souvent attribué à Anthony Mann), utilise parfaitement les limites que son scénario lui impose : celles de la ville dont on ne sort presque pas, et surtout celles du temps, ces trois heures que Dana Andrews a devant lui pour démasquer celui qui lui a volé sa vie. Et le suspense tient parfaitement ses promesses.

Seul vrai regret : le second rôle dans lequel est cloîtré la formidable Donna Reed, actrice trop mal utilisée qui tient une place à part dans mon cœur de cinéphile depuis que, adolescent, je suis tombé raide dingue d’elle, comme James Stewart, en voyant La Vie est belle

* DVD très recommandable dans la collection Westerns de Légende de Sidonis/Calysta, avec l’habituelle présentation de Patrick Brion, et une évocation de la carrière de Dana Andrews par le même Patrick Brion.

La Guerre des Etoiles / Star Wars, épisode IV : un nouvel espoir (Star Wars : Episode IV – A New Hope) – de George Lucas – 1977

Posté : 26 janvier, 2017 @ 1:49 dans 1970-1979, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, LUCAS George | Pas de commentaires »

Star Wars épisode 4

Bon, plantons le décor. Des années que je n’avais pas vu Star Wars, depuis que, agacé par l’épisode II, j’avais abandonné la deuxième trilogie en cours de route. Depuis, bien des films m’ont confirmé que Lucas n’a pas inventé grand-chose, qu’il s’est contenté d’utiliser sa cinéphilie pour recycler des éléments déjà vus dans des tas de films de SF dès les années 30, notamment dans le serial Flash Gordon, qu’il a allègrement pillé. Mais quand on est père et que les enfants réclament à corps et à cris de découvrir cet univers qui revient en force désormais chaque année, il faut savoir se sacrifier…

Eh bien oui, il recycle, le George Lucas, et son histoire a un côté presque naïf, avec des personnages archétypaux en diable, et un manichéisme porté à l’extrême (d’un côté la combinaison noire de Darth Vader, de l’autre la tunique blanche de Luke Skywalker, entre les deux la colère qui est mauvaise). Mais dès l’apparition de ces mots si familiers « Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… », et surtout dès que le texte inaugural se met à défiler sur les étoiles (ça aussi, c’est piqué à Flash Gordon) tandis que le thème de John Williams se met à résonner… On oublie toutes nos réserves initiales et on se laisse embarquer.

Et le voyage est formidablement réjouissant, fable initiatique où le Bien et le Mal sont clairement identifiés, peuplés d’êtres aux physiques improbables, qui met en scène un Empire tyrannique et des rebelles prêts à donner leur vie pour gagner leur liberté. Un thème intemporel donc, et un film qui inscrit d’emblée la saga en devenir du côté du mythe, moins pour la mise en scène (efficace) que pour le caractère justement archétypal de ses personnages principaux, même s’il faudra attendre les films suivants pour en apprécier toutes les complexités.

C’est aussi le film qui révèle Harrison Ford, dont le personnage de mercenaire est à peu près le seul à ne pas être totalement d’un bloc, plus complexe en tout cas que le juvénile Mark Hamill. Un homme au passé trouble capable d’abattre froidement un chasseur de primes qui le traquait, même si dans la version retravaillée en 1997, Lucas a eu la douteuse idée de modifier cette scène pour que Han Solo (Ford) se trouve en état de légitime défense.

Cette version de 1997, devenue la version officielle du film, est d’ailleurs discutable à plus d’un titre. Les nouveaux effets spéciaux, ajoutés pour mieux coller à la nouvelle trilogie qui se préparait, n’ajoutent au mieux pas grand-chose, et dans le pire des cas sonnent aujourd’hui particulièrement faux, et semblent plus dépassés que les trucages parfois bricolés de 1977. C’est surtout le cas pour les créatures numériques rajoutées pour remplir le cadre, et de la scène ajoutée avec un Jabba the Hut lisse et transparent.

Reste que tous ces personnages sont entrés dans l’histoire, que Carrie Fisher et Mark Hamill semblent nés pour interpréter Leia et Luke, qu’on prend un plaisir fou à voir ces jeunôts côtoyer des vieux de la vieille comme Alec Guinness ou Peter Cushing, et que Dark Vador a une allure impressionnante, et une voix (celle de James Earl Jones) qui met tout le monde d’accord. Prêt à poursuivre le voyage…

* Les deux premières trilogies sont réunies dans un beau coffret de 9 blue ray, avec des tas de bonus : des interviews, des making of d’époque ou récents, plein de documentaires… Plus de 40 heures de bonus, promet le packaging.

La saga Star Wars

Le Magicien d’Oz (The Wizard of Oz) – de Victor Fleming – 1939

Posté : 25 janvier, 2017 @ 8:00 dans 1930-1939, FANTASTIQUE/SF, FLEMING Victor | Pas de commentaires »

Le Magicien d'Oz

1939 est décidément une année exceptionnelle, pour le cinéma en général, et pour quelques cinéastes américains en particulier : John Ford qui enchaîne La Chevauchée fantastique et Vers sa destinée, mais aussi Victor Fleming, qui sort cette année-là deux immenses classiques du cinéma hollywoodien.

Entre Autant en emporte le vent et Le Magicien d’Oz, rien de comparable a priori : d’un côté l’adaptation d’un roman très romanesque sur fond de guerre civile, de l’autre celle d’un classique de la littérature pour jeunesse qui nous plonge dans un monde imaginaire très carton pâte. Pourtant, il y a une familiarité évidente entre les deux films, une même manière de mettre en image des sentiments exacerbés, de filmer des couleurs vives et tranchées, et de souligner les affres d’une société.

Avec Le Magicien d’Oz, Fleming nous plonge d’emblée dans l’Amérique de la Dépression, même si la pauvreté n’est jamais clairement affichée. Dans une campagne tout en sépia, l’héroïne interprétée par Judy Garland symbolise l’innocence menacée par les agressions extérieures, une jeune fille pure qui décide de partir sur les chemins pour sauver son chien, se retrouver prise dans une tempête, s’évanouit, et se réveille dans le monde merveilleux d’Oz, où le sépia a laissé la place à des couleurs chaudes et lumineuses.

On connaît tout du Magicien d’Oz : son chemin jaune qu’il faut suivre jusqu’au bout, sa sorcière grimaçante, ses singes volants, son homme de fer, son épouvantail et son lion parlants, et bien sûr ses chansons imparables. Mais la magie opère toujours parfaitement dans ce petit bijou du cinéma familial, et le Over the rainbow entonné par Judy Garland reste un merveilleux moment. Un film qui incite à la bienveillance et rend heureux. Mes enfants acquiescent.

Jurassic Park – Le Monde perdu (The Lost World – Jurassic Park) – 1997

Posté : 24 janvier, 2017 @ 8:00 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

Jurassic Park - Le Monde perdu

Après 1993, année exceptionnelle pour lui (un triomphe populaire avec Jurassic Park, et un sacre critique avec La Liste de Schindler), il a fallu du temps à Spielberg pour retrouver le chemin des plateaux. Après quatre ans d’absence, il retourne au charbon en terrain connu, avec une suite au succès attendu qu’il donne à son grand film de dinosaures.

Le premier film était un hommage aux grands films de monstres, King Kong en tête ? Celui-ci encore plus : ce Monde perdu (dont le titre évoque d’ailleurs un livre de Conan Doyle qui avait déjà inspiré le plus célèbre des singes géants) reprend une trame qui multiplie les clins d’œil au roi Kong, jusqu’au final dans les rues d’une ville américaine. On s’attendrait presque à voir le T-Rex grimper sur la façade de l’Empire Stade Building…

Cette partie urbaine arrive tardivement. Trop, sans doute : le film, sur ce point, laisse un petit sentiment d’inachevé, comme si Spielberg n’avait pas trop su quoi faire de cette rencontre exceptionnelle entre un dinosaure et le décor d’une grande ville. Sur ce point seulement, parce que cette suite, qui joue forcément moins sur la surprise que le premier, est d’une inventivité et d’une intensité dignes des meilleurs Spielberg.

Premier point positif : on n’a pas à se taper la longue séquence explicative qui plombait le début du premier film. Et en confrontant l’équipe de scientifiques (toujours menée par Jeff Goldblum, accompagné cette fois de Julianne Moore) à des mercenaires sans scrupules (menés par un Pete Postlethwaite intense en grand chasseur à sang froid) dans un environnement forcément hostile, peuplé de dinosaures, Spielberg s’offre un terrain de jeu réjouissant.

Pas de grande réflexion métaphysique, pas de message profond : Spielberg signe un pur spectacle de cinéma, et il multiplie les morceaux de bravoure, superbement réalisés. Un plan en plongée qui dévoile les traînées que laissent des dinosaures en traversant un champs pour se diriger vers une colonne de mercenaires. Une caravane accrochée dans le vide sous une pluie battante… Spielberg nous embarque dans une véritable attraction, pleine de sensations.

Le Kimono pourpre (The Crimson Kimono) – de Samuel Fuller – 1959

Posté : 23 janvier, 2017 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, FULLER Samuel | Pas de commentaires »

Le Kimono pourpre

Fasciné par le Japon, Samuel Fuller y avait tourné le formidable La Maison de Bambou. Avec ce Crimson Kimono, il creuse le même sillon, mais sur le sol américain, dans le Little Tokyo de Los Angeles. Une sorte de renversement de situation donc, mais où le cinéaste continue à confronter les deux cultures.

Avec plus d’ambiguïté encore, peut-être : du flic Américain de souche, ou de son partenaire et ami d’origine japonaise, lequel est le plus étranger dans ce quartier qui semble coupé du monde extérieur, comme un no man’s land fascinant. Ni vraiment le Japon, et plus non plus tout à fait Los Angeles.

Il y a un meurtre (qui ouvre le film par une séquence extraordinaire, d’une belle intensité, et qui pose d’emblée les bases visuelles, au noir et blanc quasi documentaire), une quête à hauts risques, et un rythme qui ne retombe jamais. Mais on sent bien que ce n’est pas le polar qui motive Fuller, mais l’ambiguïté des personnages et de leurs relations.

Plus le film avance, plus le polar laisse la place aux relations de plus en plus troubles entre les personnages, avec ce triangle amoureux qui permet de mettre à l’épreuve l’amitié de deux hommes, et qui fait la part belle à une réflexion ambitieuse et complexe sur le racisme et la loyauté.

En marge de ce triangle amoureux qui ne ressemble à aucun autre, il y a aussi le personnage, secondaire mais extraordinaire, joué par Anna Lee. En artiste vieillissante et alcoolique, l’actrice est magnifique, loin de l’image trop lisse qu’elle a parfois eue.

Le Piège (Until they get me) – de Frank Borzage – 1917

Posté : 22 janvier, 2017 @ 8:00 dans 1895-1919, BORZAGE Frank, FILMS MUETS, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Piège Until they get me

Dix ans avant ses grands chefs d’œuvre muet, Borzage est déjà un cinéaste intéressant. Il a abandonné sa brève carrière d’acteur, et s’est entièrement consacré à celle, déjà prolifique, de réalisateur. Un réalisateur de genre, qui affiche déjà un goût prononcé pour la romance et le mélodrame, mais d’une manière bien moins délicate que dans une merveille comme Seventh Hour.

Until they get me est un curieux et séduisant petit western, qui commence comme un drame à suspense… pour se désintéresser totalement au bout de 20 minutes et jusque dans les toutes dernières scènes de celui qui était pourtant le personnage principal, et donne son titre au film.

« Until they get me » : c’est ce que dit ce brave cow-boy victime d’une série de malchances lorsque le film commence. En une journée, il devient un fugitif après avoir tué en légitime défense un poivrot à qui il voulait acheter un cheval et qui pète un câble quand son carafon se brise par accident ; et découvre en arrivant chez lui que sa femme est morte en accouchant de son petit garçon. Forcé de prendre la fuite, il promet de revenir voir son fils chaque année pour son anniversaire… « until they get me ».

Une histoire dramatique, à laquelle Borzage apporte un rythme formidable et une belle délicatesse. Mais dans sa fuite, le cow-boy rencontre une jeune fille victime de sévices qui prend la fuite à ses côtés, avant de rencontrer le ranger qui pourchasse notre héros. C’est là que le héros disparaît totalement, pour laisser le champs à la jeune fille et son protecteur…

La longue partie qui commence est plus convenue, et ressemble curieusement aux films que Mary Pickford enchaînait alors. Mais cette œuvre de jeunesse est une curiosité bien sympathique.

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