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Archive pour le 18 novembre, 2016

L’Attaque de la malle poste (Rawhide) – de Henry Hathaway – 1951

Posté : 18 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1950-1959, HATHAWAY Henry, WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Attaque de la malle poste

Très attiré par le huis-clos, Hathaway, en cette année 1951 : avec l’exemplaire 14 heures, dont l’action tourne essentiellement autour de la façade d’un immeuble, c’est avec le western que le cinéaste nous plonge dans un lieu confiné et étouffant. Et au passage, il signe une date dans l’histoire du genre : un chef d’œuvre oppressant dont la tension ne retombe pas une seconde.

Les premières images montrant une diligence chevaucher à travers de grandes étendues désertes sont trompeuses. La voix off qui salue le travail hallucinant de ces ancêtres de nos facteurs aussi. Car lorsque la caméra se pose sur l’un des relais perdus au milieu de nulle part où les chevaux sont changés, et où les passagers se reposent quelques instants avant de repartir, elle (la caméra) ne repart plus. Jusqu’au mot fin.

Toute l’action se déroule dans l’enceinte de ce relais quasi-désert où un microcosme se crée devant nos yeux. Deux hommes solitaires d’abord, dans la grande tradition du genre : le vieux de la vieille responsable du relais, et le petit jeune qu’il doit former (ce qui passe par une scène irrésistible où il désespère de le voir se laver et se raser chaque jour), interprété par Tyrone Power, l’incontournable interprète d’Hathaway.

Et puis une femme et son bébé, obligés de rester sur place. Et puis une bande de bandits qui vont semer la terreur… et mettre un terme étonnant à tout semblant d’action. Car désormais, jusqu’à la toute dernière partie du film, c’est la peur qui domine, et l’immobilisme forcé de ceux qui devraient être les héros, et qui passent un long moment à creuser dans le mur, action anti-spectaculaire au possible, et qui plus est vouée à l’échec.

Rien ne se passe, ou presque, mais quelle tension ! Au sommet de son art, Hathaway maîtrise parfaitement le temps et l’espace, dilatant le premier pour mieux rendre le second inquiétant. Cela donne quelques scènes remarquables, comme cette longue nuit où chacun attend en silence, et ces plans magnifiques de l’un des bandits guettant dehors, la maison se découpant derrière lui dans l’obscurité, images inquiétantes et d’une beauté étourdissante.

Avec style et élégance, avec discrétion et efficacité, Hathaway signe un modèle de western… qui ne ressemble à aucun autre. Une petite merveille absolument passionnante.

 

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