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Nous avons gagné ce soir (The Set-Up) – de Robert Wise – 1949

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1940-1949,RYAN Robert,WISE Robert — 4 novembre, 2016 @ 8:00

Nous avons gagné ce soir

Superbe film au noir et blanc somptueux, peinture glauque et sans concession d’un monde qui semble sans grand espoir : celui de la boxe et de ses petits combats minables qui se succèdent sans passion.

Robert Ryan, une nouvelle fois formidable, incarne l’un de ces boxeurs, un « vieux » de 35 ans qui enchaîne les défaites et qui ne parvient pas à raccrocher les gants. Un homme fatigué qui trimbale sa carcasse usée en rêvant vaguement d’une autre vie avec la femme qu’il aime.

Celle qu’il aime… Le film ne sort que rarement du gymnase où les boxeurs s’affrontent, et où elle n’a pas voulu se rendre ce soir-là. Pourtant, elle semble omniprésente, dans le regard angoissé de Ryan.

Pour parler de boxe, Robert Wise filme les gens : les boxeurs qui attendent dans « l’antichambre » où ils se préparent, et où certains rêvent de seconde chance ; mais aussi les spectateurs dans le public, habités par une rage insoupçonnable à première vue, comme cette dame digne qui se met à hurler « tue-le, tue-le », ou ce jeune homme qui n’a plus le moindre regard pour sa petite amie, ou cet autre qui avale toutes les cochonneries du monde au fil des combats.

Une véritable faune interlope, dont le « spécimen » le plus étonnant est un aveugle qui assiste au combat, accompagné par un ami qui lui décrit les coups, et qui vit les affrontements comme s’il était sur le ring. Qui est-il ? Wise laisse libre court à l’imagination du spectateur… Ici, le passé ne peut être qu’imaginé, et l’avenir semble bien incertain.

Non, ce n’est pas un chant d’amour pour la boxe. Rien de glorieux dans ce combat montré in extenso: quatre rounds de trois minutes âpres et d’une violence qui n’a rien de romantique. Et les regards désabusés des habitués ne laisse guère de place aux espoirs démesurés.

Mais Wise signe un pur film d’amour. Il y a quelque chose de tragique dans l’absence de cette jeune femme (Audrey Totter) qui n’assiste pas au combat de cet homme, et dans son errance nocturne. Comme il y a quelque chose de déchirant dans la manière dont lui, Ryan, scrute la salle pour tenter de la retrouver. Quant au suspense final, dans une poignée de séquences qui flirtent avec le film noir, il ne conduit que vers une violence libératrice, l’un des happy ends les plus douloureux et les plus émouvants qui soient…

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