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Les Implacables (The Tall Men) – de Raoul Walsh – 1955

Classé dans : 1950-1959,RYAN Robert,WALSH Raoul,WESTERNS — 28 janvier, 2016 @ 8:00

Les Implacables

Un western imposant par l’ampleur de ses moyens, mais une véritable ode à la simplicité : c’est ce que réussit Walsh avec ce film formidable, qui utilise à merveille le Cinemascope pour des images d’une beauté… implacable.

Le scénario est d’une simplicité absolue (on va chercher un troupeau, on le convoie à travers le pays, et en route on affronte quelques bandits et des Indiens, et on tombe amoureux de la belle), les enjeux dramatiques sont étonnamment simples, et les rêves mêmes du héros sont modestes. « I dream small », lance Clark Gable à une Jane Russell qui, elle, rêve de grandeur.

Entre ces deux-là, les rapports sont explosifs. Et tant mieux : leur relation est la colonne vertébrale de ce très beau film qui sait prendre son temps pour s’intéresser d’abord à ses personnages. En étirant le temps, en se permettant de longues scènes dépourvues d’action, en filmant un convoi dans sa routine, et en immergeant ses sujets dans la splendeur immense de la nature américaine (magnifiée encore par l’écran large)… Raoul Walsh fait baigner son film dans une espèce de douce mélancolie joliment émouvante.

Alors qu’ils sont menacés par les Indiens, Jane Russell fait à Clark Gable cette belle réflexion sur leurs rêves incompatibles qui les ont éloignés l’un de l’autre. Un rêve de simplicité et un rêve de grandeurs qui vont se heurter ensemble à un Indien nommé Red Cloud… Bouleversante fatalité.

On sait Walsh attaché aux valeurs traditionnelles, à une vie simple proche de la nature, on lui connaît aussi plus de sympathie pour les Sudistes que pour les Yankees. Tout cela, on le retrouve dans Les Implacables, mais la mélancolie a clairement pris le pas sur la rage : pas de haine ou de vengeance dans ce western, même l’intriguant Robert Ryan se révèle un grand homme raté, plutôt qu’une ordure accomplie.

Il y a bien quelques défauts, qui tiennent essentiellement à l’écriture un peu approximative de certains personnages: celui du frère de Gable surtout (joué par Cameron Mitchell ), mais aussi celui de Robert Ryan, qui semble sacrifié au profit du formidable couple central. Mais Ryan, acteur décidément génial, parvient à le faire exister et lui donne une complexité qui doit tout à son interprétation toute en nuances.

Surtout, Les Implacables est un voyage fascinant dans une nature que l’on croit connaître par cœur : de vastes plaines enneigées ou poussiéreuses. Une nature qu’on a pourtant l’impression de découvrir devant la caméra généreuse de Walsh, qui nous offre des images à couper le souffle, qui saisissent par leur simplicité. Comme ces chevaux qui traversent la rivière et dont on ne voit que les têtes. Superbe… et simple.

* DVD chez Sidonis/Calysta dans la collection Westerns de Légende, avec une présentation passionnée par Bertrand Tavernier, une courte évocation de Walsh par George Henri Wilson, et un documentaire consacré à Walsh et Errol Flynn (qui, non, ne joue pas dans le film).

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