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Charlot joue Carmen (Charlie Chaplin’s Burlesque on Carmen) – de Charles Chaplin – 1916

Classé dans : 1895-1919,CHAPLIN Charles,COURTS MÉTRAGES,FILMS MUETS — 11 janvier, 2016 @ 9:00

Charlot joue Carmen

Titres alternatifs (VO) : A Burlesque on Carmen ; Carmen

J’ai toujours trouvé cette parodie de Carmen (le film de Cecil B. De Mille sorti l’année précédente) poussive et ennuyeuse, sorte d’exception malheureuse dans la filmographie de Chaplin. J’avais tort. A revoir le film joliment restauré, et dans le montage voulu par Chaplin, c’est l’ambition artistique du cinéaste, et la réussite de ce court métrage effectivement à part dans son oeuvre, qui frappent.

Lorsque le film sort en salles (en avril 1916), Chaplin a déjà quitté la Essanay pour la Mutual. Burlesque on Carmen est alors presque deux fois plus long que le montage voulu par Chaplin : son ancien studio a décidé de ralonger le film de nouvelles scènes tournées sans son autorisation, et renforçant l’aspect comique. Une trahison qui se terminera en procès, que Chaplin perdra, mais qui renforcera sa volonté d’être son propre maître.

La version « director’s cut » de deux bobines est une merveille, dans laquelle Chaplin montre clairement sa volonté d’explorer d’autres aspects du cinéma, et de ne pas se cantonner dans le burlesque. Le titre l’annonce clairement : on est bel et bien dans la comédie burlesque, et Chaplin détourne joyeusement et avec son habituel génie comique les figures les plus marquantes du film de De Mille.

Mais la mise en scène se fait plus audacieuse, avec travellings et jeux sur la lumière, quasi inexistants jusque là dans son cinéma. Dans les dernières scènes, Chaplin ose même flirter avec la tragédie. Lui qui a déjà commencé à mêler rire et émotion dans plusieurs courts métrages s’aventure pour la première fois dans un cinéma plus dramatique, laissant deviner, derrière la moustache rassurante de Charlot, la sensibilité d’un acteur qui aura toujours besoin du masque du clown pour dévoiler sa face tragique.

Mais on est encore bien loin des Feux de la rampe. Charlot est toujours bien vivace, et malgré les tentations de tragédien, tout se termine avec le sourire, dans une pirouette finale rigolarde et pleine de vie.

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