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Indiana Jones et la dernière Croisade (Indiana Jones and the Last Crusade) – de Steven Spielberg – 1989

Classé dans : 1980-1989,FANTASTIQUE/SF,FORD Harrison,SPIELBERG Steven — 8 janvier, 2016 @ 8:00

Indiana Jones et la dernière croisade

Spielberg ne l’a jamais caché : il regrette la noirceur et la violence extrême d’Indiana Jones et le Temple maudit, avec notamment le sort réservé aux enfants… Pour son troisième Indy, le cinéaste souhaitait revenir à un pur divertissement, nettement plus léger. Avec George Lucas, il revient donc aux fondamentaux du mythe, en reprenant tous les ingrédients qui avaient fait le succès des Aventuriers de l’Arche perdue.

Le plus célèbre (et improbable) des archéologues part donc une nouvelle fois à la recherche d’un symbole religieux fort: après l’Arche d’Alliance, le Saint Graal. Il renoue aussi avec son emploi d’enseignant, retrouve au passage des compagnons de la première heure (Marcus et Sallah) et des ennemis qu’il connaît bien (« Nazis, I hate these guys »).

Un prologue, un détour par l’université, et une quête qui le fait voyager à travers continents… Spielberg s’inscrit clairement dans la lignée du premier Indy, en en reprenant la construction, et l’idée d’enchaîner les morceaux de bravoure sans temps mort, en renouant avec l’esprit « serial » et en se moquant totalement de la vraisemblance.

A trop vouloir faire oublier la noirceur du précédent, le cinéaste va parfois un peu loin dans la comédie, n’évitant pas quelques gags un rien lourdingues (l’aviateur privé d’ailes qui double la voiture dans le tunnel, franchement…). Mais Spielberg réussit à faire de ce Indiana Jones 3 l’un des sommets du pop-corn movie tel qu’on le connaissait alors.

Harrison Ford a toujours une classe folle en aventurier jusqu’au-boutiste, capable d’affronter n’importe quel danger sans l’ombre d’une hésitation. Mais la grande idée du film, c’est de lui avoir donné une histoire (beau prologue, avec River Phoenix dans le rôle du jeune Indiana Jones), et surtout de le confronter à une figure paternelle qui fait ressortir les failles de ce héros absolu.

Et pas n’importe quel père : Sean Connery, absolument génial en scientifique plus doué pour la recherche que pour le rôle de père. Entre Connery et Ford, l’alchimie est totale. Dès leur première rencontre, il se passe quelque chose entre ces deux-là, de totalement irrésistible. Hilarant, avec un rien d’émotion… Il faut les voir côte à côte sur un side-car pourchassé par des Nazis, Indy effaçant un sourire devant le regard sévère de son père, devant qui cet aventurier sans peur semble redevenir un enfant.

Drôle, inventif, décoiffant, Indiana Jones et la dernière croisade n’a pas la prétention d’être autre chose que ce la saga est depuis le début : un pur divertissement, sans arrière-pensée et sans message. Juste un immense plaisir à savourer sans modération.

* Voir aussi : Les Aventuriers de l’Arche perdue, Indiana Jones et le Temple maudit, et Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal.

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