Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour novembre, 2015

Mister Flow / Les Amants traqués – de Robert Siodmak – 1936

Posté : 6 novembre, 2015 @ 11:34 dans * Polars/noirs France, 1930-1939, SIODMAK Robert | Pas de commentaires »

Mister Flow

Dans les années 40, à Hollywood, Siodmak allait devenir l’un des très grands spécialistes du film noir, enchaînant les chefs d’œuvre intemporels aux atmosphères si fortes. En attendant, c’est en France que Siodmak s’est installé après avoir fui l’Allemagne d’Hitler et Goebels. Durant cette courte période (entre 1933 et 1940), Siodmak signe sept films dont ce Mister Flow adapté d’un roman de Gaston Leroux.

Je ne connais rien des films allemands de Siodmak, pas plus que de sa période française. Mais avec ce petit polar ouvertement humoristique, on peine à reconnaître la patte du futur réalisateur de Criss Cross ou des Tueurs. De l’intrigue improbable, le cinéaste semble ne pas trop savoir quoi faire, mal à l’aise qu’il est avec les aspects comiques de son film.

C’est l’histoire d’un petit avocat sans le sou (Fernand Gravey), dont un gangster international (Louis Jouvet) utilise la naïveté grâce à l’aide de sa maîtresse (Edwige Feuillère). Mais à ce niveau-là, ce n’est plus de la naïveté: cet avocaillon tombe avec gourmandise dans tous les pièges qui lui sont tendus, devient cambrioleur en l’espace d’une soirée, finit par devenir lui-même un fugitif…

Le scénario est franchement outrancier, et pourquoi pas. D’ailleurs, la première partie se laisse voir avec un certain plaisir. Mais à force de filmer ses acteurs en roue libre, Siodmak finit par ennuyer pour une fois. Jouvet en fait des tonnes en se faisant passer pour un demeuré, et Gravey joue l’alcoolique avec la délicatesse d’une baleine dans une écluse. Seule Edwige Feuillère apporte une véritable énergie à ce film à l’humour un rien poussif.

Heureusement, l’intérêt de Siodmak semble renaître dans la dernière partie, séquence de tribunal au second degré au rythme impeccable, qui associe enfin avec bonheur suspense et humour.

L’Homme irrationnel (Irrational Man) – de Woody Allen – 2015

Posté : 5 novembre, 2015 @ 7:30 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ALLEN Woody | Pas de commentaires »

L'Homme irrationnel

En pleine forme, le Woody Allen. A quelques jours de son 80ème anniversaire, le cinéaste ne lâche rien en terme de rythme de tournage (son “Fall project” arrive chaque année à l’heure), et surtout en terme d’inspiration. Après l’aérien Magic in the Moonlight de la fournée 2014, le revoilà de retour dans la veine hitchcockienne qu’il retrouve régulièrement et qui lui a valu quelques-uns de ses sommets.

On pense bien sûr à Match Point, sorti il y a tout juste dix ans après une période un peu creuse, avec lequel cet Homme irrationnel a quelques traits communs… dus essentiellement à l’influence de l’œuvre de Sir Alfred. Il y a cette fois encore quelque chose du Crime était presque parfait, mais aussi de L’Inconnu du Nord Express, dans cette histoire d’un homme qui décide de commettre un crime parfait en tuant un individu qu’il ne connaît pas…

Mais on est bien chez Woody, et le film ne repose pas sur la mécanique du crime ou sur le suspense (même si la dernière partie nous incite clairement à retenir notre souffle). Car ce néo-meurtrier est une sorte de condensé de tout le cinéma allenien. Prof de philo dépressif, séducteur (malgré lui), vivant dans une société grand-bourgeoise intellectuelle qui prend un plaisir fou à théoriser sur un crime (un autre point commun avec Hitchcock)…

Dans le rôle, Joaquin Phoenix, qui en fait généralement des tonnes, a rarement été aussi sobre. Un comble pour un personnage qui descend une quantité impressionnante de vieux single malt écossais (une manière totalement dégueulasse de traiter le whisky, à propos). Une sorte de version amorphe et au bout du rouleau des personnages chers au cinéaste, dont la première apparition, à moitié ivre et muet dans le bureau de la directrice d’un collège, est irrésistible.

On sourit souvent, et la musique très allenienne donne clairement un air de comédie, que vient confirmer la présence toujours pleine de vie d’Emma Stone, que le cinéaste retrouve pour un deuxième film consécutif (une première pour lui depuis Scarlett Johansson). Mais il y a un décalage étrange et réjouissant entre le ton du film et ce qu’il raconte, plus pathétique encore peut-être que Match Point.

En terrain connu, sur des thèmes et avec des personnages que l’on croit connaître par cœur, Woody Allen réussit une nouvelle fois à nous surprendre. Vivement l’automne prochain…

Retour vers le futur 3 (Back to the Future, part 3) – de Robert Zemeckis – 1990

Posté : 4 novembre, 2015 @ 1:24 dans 1990-1999, FANTASTIQUE/SF, WESTERNS, ZEMECKIS Robert | Pas de commentaires »

Retour vers le futur 3

Tourné dans la continuité du deuxième épisode, ce Back to the Future part 3 en prend l’exact contre-pied. Les allers-retours temporels incessants du numéro 2 cèdent la place à un récit beaucoup plus linéaire. Certes, les paradoxes temporels sont toujours au cœur du film, et on retrouve toutes les figures imposées de la trilogie (le réveil de Marty dans les bras de sa « mère », Tannen et son aversion pour le fumier…), mais ce film, construit sur un enjeu similaire au premier film (comment retourner vers le futur) est le plus simple de la série.

C’est aussi celui vers lequel toute la saga semblait converger vers le début : un hommage chaleureux et enthousiaste aux westerns dont Doc Brown est un grand amateur. Avec toute la dérision que la vision hollywoodienne de l’Ouest sauvage (surtout dans ces années 50) impose : pour preuve, l’accoutrement très kitsh que doit enfiler Marty avant de s’embarquer pour 1885.

L’arrivée dans la ville de l’Ouest fait partie des grands moments de la série, avec ce mouvement de caméra qui renvoie explicitement à Il était une fois dans l’Ouest. Et puis l’apparition des trois « old-timers » piliers de bar, interprétés par trois rescapés de l’âge d’or d’Hollywood, habitués des westerns : Dub Taylor, Pat Buttram, et surtout la figure fordienne Harry Carey Jr. Sans oublier le clin d’œil réjouissant à Clint Eastwood.

Zemeckis réussit une nouvelle fois son coup, signant un divertissement qui n’a pas pris une ride en vingt-cinq ans, et parvenant à intégrer une romance inattendue dans cette histoire. Le cœur de l’histoire se déplace d’ailleurs de Marty vers Doc dans cet ultime opus, pour s’intéresser à l’histoire d’amour improbable d’un homme vieillissant avec une femme d’une autre époque. Une love story à travers le temps… La manière parfaite de conclure une trilogie qui aura tenu toutes ses promesses, sans jamais tomber dans la facilité ni dans la redite.

* Voir aussi Retour vers le futur et Retour vers le futur 2.

La Charge des Tuniques Bleues (The Last Frontier) – d’Anthony Mann – 1955

Posté : 3 novembre, 2015 @ 3:20 dans 1950-1959, MANN Anthony, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Charge des tuniques bleues

A quoi c’est dû, quand même… A cause d’une jaquette hideuse (celle de la collection « Western Classics » de Columbia), voilà que ce western pourtant signé Anthony Mann, et jamais vu, traînait dans mes étagères depuis Noël. Il était temps, donc, surtout que ce Mann-là, comme à peu près tous ses films d’ailleurs, est une merveille.
Le thème est « mannien » par excellence, avec ce personnage de Victor Mature, trapeur qui a toujours vécu au plus près de la nature dans un Ouest encore très sauvage, et qui est confronté brutalement à la civilisation, à ses tentations, à ses dangers, et à ses contraintes.

La patte de Mann est là, omniprésente : cette façon unique de filmer la nature, en jouant avec ses courbes, sa profondeur, ses mouvements. Ce Mann-là est au tournage en extérieur ce que le Mann des années 2000 (Michael) est au numérique : un génie absolu. Personne, sans doute, n’a ce talent pour intégrer les acteurs dans le paysage. Il l’avait fait avec Stewart dans L’Appât de manière quasi-expérimental. Il le fait ici avec Mature en étant constamment au service de l’histoire.

Et en réservant quelques surprises étonnantes et passionnantes, à l’image de cette première rencontre des « blancs », Victor Mature et James Whitmore en habits de trappeurs, avec les Indiens, vêtus de chemises à carreaux et visiblement plus familiers de la civilisation. Cette scène fascinante ne ressemble à aucune autre et suffit à planter le contexte : ces trappeurs qui vivent en accord avec les Indiens depuis toujours, et cet équilibre remis en cause par l’arrivée des soldats qui menace le mode de vie de ce peuple…

Mann évite consciencieusement tout manichéisme. L’officier du fort est une ordure, certes, mais guidé par ce qu’il considère être son devoir. Et son second est un homme bon et profondèment honnête. Quant au trappeur Mature, représentant d’une harminie révolue, il se glisse avec difficulté mais volonté dans son nouveau costume de militaire « civilisé ». L’acteur trouve là l’un de ses très grands rôles (avec le Doc Holiday de My Darling Clementine), touchant et très convainquant en « ours des bois » qui cherche gagner son droit d’accès à la société.

Visuellement, le film est une splendeur, d’une richesse immense. Que ce soit dans les séquences du fort ou dans celles des expéditions extérieures, dans les moments intimes ou dans les morceaux de bravoure, Mann rappelle constamment la présence de la nature et ses rapports conflictuels avec l’homme. Deux scènes sont particulièrement impressionnantes dans ce registre : celle où Mature retrouve les soldats en déroute dans les sous-bois plongés dans l’obscurité, et celle de l’embuscade dans une clairière entourée par un danger mortel dissimulé parmi les arbres. Du grand Mann.

En cas de malheur – de Claude Autant-Lara – 1958

Posté : 3 novembre, 2015 @ 3:17 dans * Polars/noirs France, 1950-1959, AUTANT-LARA Claude, GABIN Jean | Pas de commentaires »

En cas de malheur

La rencontre entre Gabin, avocat digne et vieillissant, et Barbot, gamine rebelle et paumée, est un choc des mondes passionnant, qui révèle les fêlures de ces deux êtres que tout oppose a priori. La dernière partie du film est un sommet tragique qui souligne le gâchis de ces vies perdues. Mais entre-deux, Autant-Lara rappelle pourquoi il a si mauvaise réputation, hélas.

Il y a un grand ventre mou (et je ne parle pas de celui de Gabin) dans cette « histoire d’amour » sinistre et glauque, dont la mise en scène est soignée et très appliquée du réalisateur est la principale responsable. Dénuées de toute dramaturgie, de toute profondeur, et même de toute élégance, les images d’Autant-Lara sont souvent d’une platitude qui plombe le film.

Mais le scénario de Pierre Bost, adapté d’un roman de Simenon, et les dialogues de Jean Aurench sont brillants (« Elle ne t’a pas aimé ta mère ? – Pas trop »). Et sans rien filmer explicitement, Autant-Lara va loin, évoquant les pulsions sexuelles de Bardot, et surtout un triangle sexuel avec la bonne, lors d’une étonnante séquence de séduction particulièrement osée (même si absolument rien n’est montré).

Et puis il y a les acteurs. La tragique sensualité de Bardot, et Gabin, massif, qui semble étouffer « l’innocence » de sa cliente. Gabin qui profite de son ascendence sur cet objet du désir. Gabin qui tourne littéralement le dos à la souffrance terrible de sa femme, tragique Edwige Feuillère. Un avocat sans limite, un homme peu sympathique, que l’acteur ne cherche pas à défendre, son interprétation parfaite soulignant au contraire sa petitesse et son égoïsme. Rien que pour lui…

Les Incorruptibles (The Untouchables) – de Brian DePalma – 1987

Posté : 3 novembre, 2015 @ 3:15 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, COSTNER Kevin, DE NIRO Robert, DE PALMA Brian | Pas de commentaires »

Les Incorruptibles

Ce n’est à l’évidence pas le plus personnel film de De Palma. Lui qui, une dizaine d’années plus tard, saura s’approprier son autre adaption de série TV culte (Mission Impossible, donc), se met ici totalement au service de la production, en mettant de côté les thèmes habituels de sa filmographie, mais en lui réservant tout de même le meilleur de son savoir-faire.

Ajoutez à cela une très belle reconstitution de ce Chicago de la Prohibition, très appliquée, et vous obtiendrez un grand film de genre. Un peu propret toutefois, et sans les aspérités que l’on aimerait voir, mais réjouissant de bout en bout. Le scénario de David Mamet, remarquablement construit, n’y est pas pour rien. De même que la musique très inspirée (et très présente) de Morricone.

Les acteurs aussi sont formidables. De Niro cabotine à mort, le vétéran Connery et le jeunôt Garcia dévorent l’écran, et Costner a une classe folle dans le rôle qui inaugure sa période glorieuse, avec ce jeu effacé que certains prennent pour de la transparence.

Mais c’est bien quand le cinéaste laisse aller son inspiration visuelle et sa logique cinéphile que le film atteint des sommets. C’est évidemment le cas lors de la fameuse séquence de la gare, hommage appuyé et impressionnant au Cuirassé Potemkine et scène d’anthologie qui justifie à elle seule l’existence du film. Ralenti et tension incroyable, maîtrise parfaite de l’espace : cette séquence rentre dans le panthéon des grandes scènes de gare du cinéma de De Palma (oui, il y a un panthéon pour ça), avec celle de Blow Out, et surtout celle de L’Impasse.

Il y a bien d’autres grands moments : la rencontre avec Sean Connery, l’exécution du cadavre à la frontière canadienne, la mort de Charles Martin Smith, ou le saut de l’ange de Billy Drago. Les Incorruptibles, malgré son aspect par moments trop lisse par rapport à la violence de son sujet, est clairement l’une des grandes réussites du cinéma de genre des années 80.

Fear and Desire (id) – de Stanley Kubrick – 1953

Posté : 3 novembre, 2015 @ 3:11 dans 1950-1959, KUBRICK Stanley | Pas de commentaires »

Fear and Desire

A voir l’incroyable filmographie de Stanley Kubrick, on est évidemment frappé par la quantité de classiques qu’elle recèle, mais aussi par la singularité de chacun de ses films: jamais le cinéaste n’est revenu à ce qu’il avait déjà fait, explorant tous les thèmes du cinéma sans jamais y revenir.

A une exception près: le film de guerre, qu’il a exploré (de manières très différentes) dans Les Sentiers de la gloire et Full Metal Jacket, ainsi que dans son tout premier long métrage, qu’il a lui-même tout fait pour faire disparaître. Kubrick aurait fait détruite plusieurs copies du film, et en a bloqué toute exploitation de son vivant. La première édition DVD n’est d’ailleurs arrivée que plus de dix ans après sa mort.

Fear and Desire est, de fait, loin des chefs d’œuvre à venir de Kubrick. Le film est court (une heure seulement), mais le rythme est lent, long, provoquant parfois l’ennui à cause d’innombrables maladresse. La voix off omniprésente semble même n’être là que pour donner une sorte de consistance au film.

Il est déjà ambitieux pourtant, Kubrick : on sent bien qu’avec ce film, il tente de signer une allégorie de la guerre, en voulant à tout prix échappper à une histoire classique et aux poncifs du genre.

Mais ses choix se révèlent souvent plus lourds qu’audacieux: la guerre n’a pas de nom, parce que l’histoire de ces hommes perdus en territoire ennemi est universelle… Et pour interpréter les officiers des deux camps opposés, Kubrick fait le choix d’utiliser les mêmes comédiens, qui jouent donc des rôles similaires, mais dans les deux armées. Une manière de souligner que c’est la guerre qui oppose les hommes, qu’au fond on est tous semblables… De bonnes intentions, donc, mais bien lourdement réalisées.

Finalement, Fear and Desire est essentiellement un document passionnant, sur la jeunesse d’un cinéaste en construction, qui n’a pas encore tout à fait les moyens de ses ambitions. ça n’allait pas tarder à changer…

Basic Instinct (id.) – de Paul Verhoeven – 1992

Posté : 3 novembre, 2015 @ 3:08 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, VERHOEVEN Paul | Pas de commentaires »

Basic Instinct

Le pic à glace, la beauté impériale de Sharon Stone, ses jambes qui se décroisent, Michael Douglas qui n’y tient plus en jean trop moulant, l’apparition intrigante de Dorothy Malone, les rues chargées de références de San Francisco…

A revoir Basic Instinct plus de vingt ans après sa sortie, on est frappé de réaliser à quel point les images marquantes de ce film ont été nombreuses. Et parmi elles, bizarrement, pas vraiment les scènes de sexe, certes nombreuses et assez osées pour l’époque, mais qui semblent presque sages aujourd’hui.

Il faut dire que le film a ouvert tellement de portes (et en tellement grand) que ces scènes de sexe n’ont plus la même puissance et ne procurent plus le même trouble en soi. Mais ce qui reste particulièrement troublant, et d’une manière rarement égalée, c’est l’atmosphère du film, et la manière dont Paul Verhoeven a réussi à mettre en image le trouble de ses personnages.

Le film est clairement une variation sur le thème de Sueurs froides. Une séquence de filature dans les rues de San Francisco (un décor pas choisi par hasard) évoque d’ailleurs ouvertement le film d’Hitchcock. Le vrai thème du film, c’est l’obsession mortifère de Michael Douglas, qui ressemble à s’y méprendre à celle de James Stewart dans le film d’Hitchcock. Avec une différence, quand même : le sexe justement, nettement plus explicite.

Mais on le regretterait presque. Pas que l’idée de voir Sharon Stone ou Jeanne Triplehorn nues soit particulièrement insupportable, remarquez ! Mais ces scènes qui ont fait le succès du film viennent souvent désamorcer la tension sexuelle incroyable qui habite les personnages. Pire, elles sont parfois un peu maladroites, voire franchement lourdingues, comme ce faux suspense tout pourri avec le pic à glace, que Verhoeven nous sort tout au long du film.

Reste que Basic Instinct est un thriller remarquablement construit et d’une efficacité redoutable, l’un des meilleurs de ces années-là.

Bad 25 (id.) – de Spike Lee – 2012

Posté : 3 novembre, 2015 @ 2:49 dans 2010-2019, DOCUMENTAIRE, LEE Spike, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Bad 25

Depuis une vingtaine d’années, Spike Lee alterne films de fiction et documentaires, tout en gardant une vraie cohérence dans le choix de ses sujets: un portrait du footballeur Jim Brown, une série de films sur les effets de l’ouragan Katrina… Lee reste l’étendard de la population noire américaine. Le voir s’intéresser au King of the Pop Michael Jackson n’est donc pas exactement une surprise…

Commandé à Lee à l’occasion des 25 ans de l’album Bad, Bad 25 est un film de montage, constitué essentiellement d’images d’archives, souvent rares, et d’interviews d’époque. L’unique bémol vient d’ailleurs des images tournées pour le film : des entretiens avec des proches de Michael, qui tendent tous vers cette apogée détestable, une longue série de gros plans interminables sur ces proches qui tentent de retenir leurs larmes à l’évocation de la mort de Michael. Totalement impudique et outrancier.

Vraiment dommage, parce que ce docu a par ailleurs de la gueule. Même si les images ne sont pas de lui, Spike Lee transforme ce film de commande en une œuvre finalement très personnelle, grâce à un montage original et totalement subjectif.

Portrait d’une mégastar au sommet et forcément en plein doute (comment faire mieux après le triomphe historiqie de Thriller, son précédent album), Bad 25 plonge au cœur du processus créatif de l’artiste, les images d’archives et les interviews évoquant à tout de rôle toutes les chansons de l’album : les dessous de leur écriture, leur enregistrement, la manière dont elles ont été accueillies…

Pas besoin d’être un immense admirateur de Michael Jackson (bon… mieux vaut quand même ne pas y être allergique): ce docu habité et passionnant apporte un regard neuf et sur la gestation d’un monument de la musique pop.

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