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Hacker (Blackhat) – de Michael Mann – 2015

Classé dans : * Thrillers US (1980-…),2010-2019,ACTION US (1980-…),MANN Michael — 17 août, 2015 @ 11:06

Hacker

Cinéaste viscéral, Michael Mann fait un cinéma qui ne ressemble à aucun autre. A la fois d’un autre temps avec ses personnages melvilliens pour qui l’honneur est la principale valeur, et profondément ancré dans son époque avec ses parti-pris esthétiques : l’utilisation de la HD notamment, dont Mann reste le maître inégalé.

Jusqu’à présent, tradition et modernité étaient clairement dissociées : le fond pour l’une, la forme pour l’autre. Avec Blackhat, plongée au cœur de la cybercriminalité, Mann confronte réellement ces deux aspects pour la première fois. La modernité la plus pointue est au cœur de son intrigue, mais le cinéaste reste fidèle à son type de personnage, et aux relations qu’il affectionne : ses deux « héros » sont un flic (chinois) et un hacker (américain) que l’on sort de prison pour aider les forces de l’ordre à mettre la main sur un cyberterroriste.

Le plus beau dans ce film, c’est lorsque Mann fait ce qu’il sait le mieux faire. Une simple scène de retrouvailles entre le flic et le voyou, et l’on sent tout le poids et l’émotion que le réalisateur donne à ces affinités qui dépassent les frontières et les lois. Le thème central des meilleurs films de Mann.

Et puis il y a une poignée de fusillades comme lui seul sait en trousser : ces explosions de violence qui nous scotchent sur notre fauteuil et qu’on regarde le souffle coupé. De Heat à Public Enemies en passant par Collateral ou Miami Vice, papy Mann a signé les séquences les plus inoubliables de ces dernières années, dans le genre. L’hallucinante scène du tunnel et celle, traumatisante, dans la nuit de Hong Kong, sont de ce niveau.

Ces moments de « pur Mann » suffisent largement à mon bonheur. Ne comptez donc pas sur moi pour faire la fine bouche et reconnaître que, lorsqu’il tente de filmer l’hyper connexion et le parcours des informations numériques à travers le monde, Mann tombe dans le cliché le plus ringard. Ni pour souligner que ses acteurs n’ont, cette fois, pas la présence de ses plus grandes « incarnations », de Tom Cruise à Colin Farrell en passant par De Niro.

* Le blue ray est le support idéal pour la HD chère à Mann. Edité chez Universal.

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