Play it again, Sam

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Archive pour le 17 août, 2015

Le Furet – de Raymond Leboursier – 1949

Posté : 17 août, 2015 @ 11:11 dans * Polars/noirs France, 1940-1949, LEBOURSIER Raymond | Pas de commentaires »

Le Furet

Un seul être vous manque… Deux mêmes, dans cette nouvelle adaptation d’un roman de S.A. Steeman, sans Clouzot (scénariste du Dernier des Six et réalisateur de L’Assassin habite au 21), et sans Pierre Fresnay, qui cède le rôle du commissaire Wens à Pierre Jourdan, si transparent qu’il est condamné à jouer les quasi-figurants.

Raymond Leboursier, qui co-signe l’adaptation avec Steeman lui-même, n’a clairement pas le talent de Clouzot. Et le voir s’attaquer à un polar somme toute très semblable sur le papier à L’Assassin… souligne paradoxalement l’importance de ce dernier dans la réussite des précédents films.

De l’humour et du plaisir intense de la série des Wens, il ne reste que quelques répliques un peu trop appuyées de Wens (« Pourquoi on ne vous a pas vu descendre de l’avion ? – Je suis descendu avant l’arrêt de l’appareil »), et quelques seconds rôles hauts en couleurs : Jean Tissier qui en fait des tonnes en aspirant Immortel, et surtout Pierre Larquey dans un registre qu’il connaît par cœur. Comme par hasard deux des « assassins » de Clouzot.

Le Furet est une succession de moments vraiment plaisants. Mais il se résume la plupart du temps à cela : les meurtres s’enchaînent, sans lien apparant entre eux si ce n’est ces lettres anonymes d’un certain « furet » qui les annonce à la police. Mais il faut attendre près d’une heure avant que ces différents crimes cessent d’être des sketchs indépendants pour s’inscrire dans un ensemble machiavélique… et pas vraiment passionnant.

Larquey s’amuse comme un fou à jouer les voyants derrière sa boule. Les policiers (à l’exception de Wens bien sûr) tombent dans le panneau. Nous ? On reste sur le côté de la route, en se disant que Clouzot, c’est quand même très bien…

Hacker (Blackhat) – de Michael Mann – 2015

Posté : 17 août, 2015 @ 11:06 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), MANN Michael | Pas de commentaires »

Hacker

Cinéaste viscéral, Michael Mann fait un cinéma qui ne ressemble à aucun autre. A la fois d’un autre temps avec ses personnages melvilliens pour qui l’honneur est la principale valeur, et profondément ancré dans son époque avec ses parti-pris esthétiques : l’utilisation de la HD notamment, dont Mann reste le maître inégalé.

Jusqu’à présent, tradition et modernité étaient clairement dissociées : le fond pour l’une, la forme pour l’autre. Avec Blackhat, plongée au cœur de la cybercriminalité, Mann confronte réellement ces deux aspects pour la première fois. La modernité la plus pointue est au cœur de son intrigue, mais le cinéaste reste fidèle à son type de personnage, et aux relations qu’il affectionne : ses deux « héros » sont un flic (chinois) et un hacker (américain) que l’on sort de prison pour aider les forces de l’ordre à mettre la main sur un cyberterroriste.

Le plus beau dans ce film, c’est lorsque Mann fait ce qu’il sait le mieux faire. Une simple scène de retrouvailles entre le flic et le voyou, et l’on sent tout le poids et l’émotion que le réalisateur donne à ces affinités qui dépassent les frontières et les lois. Le thème central des meilleurs films de Mann.

Et puis il y a une poignée de fusillades comme lui seul sait en trousser : ces explosions de violence qui nous scotchent sur notre fauteuil et qu’on regarde le souffle coupé. De Heat à Public Enemies en passant par Collateral ou Miami Vice, papy Mann a signé les séquences les plus inoubliables de ces dernières années, dans le genre. L’hallucinante scène du tunnel et celle, traumatisante, dans la nuit de Hong Kong, sont de ce niveau.

Ces moments de « pur Mann » suffisent largement à mon bonheur. Ne comptez donc pas sur moi pour faire la fine bouche et reconnaître que, lorsqu’il tente de filmer l’hyper connexion et le parcours des informations numériques à travers le monde, Mann tombe dans le cliché le plus ringard. Ni pour souligner que ses acteurs n’ont, cette fois, pas la présence de ses plus grandes « incarnations », de Tom Cruise à Colin Farrell en passant par De Niro.

* Le blue ray est le support idéal pour la HD chère à Mann. Edité chez Universal.

L’Inhumaine – de Marcel L’Herbier – 1923

Posté : 17 août, 2015 @ 11:00 dans 1920-1929, FILMS MUETS, L'HERBIER Marcel | Pas de commentaires »

L'Inhumaine

Il y a deux, trois (voire plus encore) films en un dans cette très étrange Inhumaine signée par un L’Herbier désireux d’expérimenter et de se frotter à la modernité.

Etranges : les décors à l’architecture très art-déco, qui ont pris un sacré coup de vieux, mais qui participent pleinement au parti-pris esthétique assez radical. Avec de belles idées, fascinantes, comme ces serviteurs flanqués de masques souriants et anonymes qui les privent de toute existence propre.

Etranges aussi : les ruptures de ton et les changements radicaux de rythmes adoptés par un cinéaste visiblement plus intéressé par les possibilités narratives du cinéma que par la direction d’acteurs.

De fait, ces derniers ne sont pas pas particulièrement à l’honneur. Un peu statiques en ce qui concerne la cantatrice. Franchement caricaturaux pour les différents prétendants qui constituent sa « cour ».

La première moitié du film est brillante. En faisant de son personnage principal de cantatrice une « reine en son royaume » entourée d’hommes qui la convoitent et dont elle se moque éperdument, L’Herbier signe une oeuvre forte, décortiquant les effets ravageurs de son manque d’empathie. Sur le fond, le film est alors assez classique. Dans la forme, il se révèle passionnant dans sa manière d’étirer le temps pour faire sortir suspense et émotion.

La dernière partie tourne au fourre-tout, et parfois au grand-guignol, pour ne pas dire au grand n’importe quoi, avec notamment une histoire inattendue et poussive de savant fou que L’Herbier (et son co-scénariste Pierre MacOrlan) semble n’avoir écrit que pour donner lieu aux expérimentations visuelles les plus folles.

En ressort quand même une extraordinaire séquence de pur suspense, avec un serpent venimeux glissé dans une voiture lancée à pleine vitesse, rendue absolument inoubliable grâce à un montage virtuose qui garde toute sa puissance.

 

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