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Suez (id.) – d’Allan Dwan – 1938

Classé dans : 1930-1939,DWAN Allan,YOUNG Loretta — 2 juillet, 2015 @ 17:09

Suez

On n’a pas vraiment l’habitude de voir Dwan aux commandes d’un « film de prestige » de cette ampleur : avec ses milliers de figurants et ses décors spectaculaires, la reconstitution des ces années 1850 au cours desquelles le canal de Suez est devenu une réalité, fut même l’une des plus grosses productions de la Fox, en 1938.

Au cours des premières minutes, on a d’ailleurs un peu de mal à sentir le fameux plaisir communicatif de Dwan, cette envie de tourner et de trouver la forme juste pour raconter son histoire qui a fait sa réputation. Un peu engoncé dans une reconstitution trop grande et trop prestigieuse pour lui, Dwan ? Cette impression se fait ressentir à plusieurs reprises au cours du film, essentiellement dans les ors des palais de Louis Napoléon.

Il y a deux femmes dans le film : Loretta Young, grand amour de Ferdinand de Lesseps qui choisit d’épouser le futur empereur (oui, le film prend quelques libertés avec la vérité historique), et Annabella, sauvageonne qui tombe amoureuse de Ferdinand en Egypte. La première est somptueuse et choisit le prestige. La seconde est libre et pleine de fantaisie, sans calcul et d’une générosité absolue.

Le film navigue constamment entre ces deux femmes, ces deux personnalités: à Paris le prestige de la reconstitution ; en Egypte le souffle épique et romanesque. Ce n’est pas une surprise : Dwan est nettement plus inspiré par le souffle épique, qui prend même des dimensions cataclysmiques lors de trois séquences « catastrophes » d’anthologie.

La première est un simple orage, qui isole soudain Annabella et celui qu’elle aime, joué par Tyrone Power. Entre eux, l’alchimie est immédiate, comme si le coup de foudre qui rapprochait les deux acteurs sur le tournage donnait au film une dimension particulière.

La deuxième est un attentat incroyablement spectaculaire, qui impressionne à la fois par la beauté des images, par les centaines de figurants rassemblés, et par les trucages absolument bluffants, qui gardent aujourd’hui encore toute leur force.

La dernière est la plus impressionnante, et donne à Suez, biopic de prestige pour le studio, un aspect « film catastrophe » inattendu : une tornade qui ravage le chantier du canal, séquence incroyable aux trucages là encore formidables, et qui fascine par l’intelligence et la puissance de la narration.

Mais le film ne se résume pas à ces moments de bravoure. Spécialiste de l’aventure et de l’action, Dwan est avant tout un raconteur d’histoire qui maîtrise parfaitement son récit, et tire le meilleur de ses acteurs. C’est aussi un cinéaste qui aime improviser, et fait de certaines scènes anodines des petits bijoux. C’est le cas de la première rencontre entre Annabella et Tyrone Power, petit chef d’oeuvre d’espièglerie et de sensualité.

C’est dans l’équilibre entre ces petits moments intimes et précieux, et les grands moments spectaculaires, que Suez est vraiment réussi, et reste une petite référence dans le cinéma d’aventures.

* DVD chez Sidonis/Calysta (qui vient déjà d’éditer L’Aigle des frontières, tourné par le même Dwan quelques mois plus tard), avec des présentations par Patrick Brion, François Guérif et Yves Boisset.

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